Culture et identité

“Raspa Jah”, du reggae roots en anglais

Cololo Lemaître

Jean Fabrice Nativel / 22 janvier 2010

Cololo Lemaître — né à Maurice, mais de nationalité britannique — signe “Raspa Jah”, un album reggae roots entièrement en anglais, enregistré en Grande-Bretagne et distribué dans le monde. Une première dans l’océan Indien. Disponible chez les disquaires de La Réunion et d’Europe, c’est avec des musiciens réunionnais et mauriciens et de longues heures de création qu’est né “Raspa Jah”.

Cololo Lemaître ne sait « ni lire », « ni écrire ». La musique, confie-t-il, est un « don » de Jah. Ces réflexions, il les nourrit à l’écoute et à l’analyse de tout ce qui se passe autour de lui. Et, note-il, « la vie est difficile ». Tout peut-être ne tient qu’à un fil ? En moins de temps que l’on puisse s’imaginer, un pays peut être terrassé, en référence à Haïti.

“I am pauvre”, “Politique no good”, “Stop to Figting”…

Cololo Lemaître titre ses chansons (1) “I am pauvre”, “Politique no good”, “Stop to Figting”… Un répertoire qui ne s’est pas composé du jour au lendemain. Sur le point d’abandonner, il a le soutien de sa moitié et concrétise son rêve : la réalisation d’un album reggae roots en anglais. Maintenant que “Raspa Jah” est dans les bacs, il va de Rédaction en Rédaction pour sa promotion.

Avec son sac au portrait du Che sur l’épaule, ses dreadlocks et mélodies en tête, il est sur la route des scènes. D’ailleurs, il donne rendez-vous au public le samedi 6 février à Saint-Paul où il est invité avec d’autres artistes à chanter pour une personne malade. Les dons de cette action serviront à l’opération. Puis, cap sur les plateaux réunionnais et peut-être mauriciens, avant le départ à la rencontre du public européen.

Cololo Lemaître rappelle : « quand Babylone nous trouve habillés d’un bob et de dreadlocks, il nous prend pour un pied de kaya alors que nous sommes comme des êtres humains ».

“Raspa Jah”« est un cadeau » qu’il offre « aux Réunionnais » en ce début d’année. Vous serez agréablement étonnés(es). Empressez-vous de vous le procurer.

Jean-Fabrice Nativel 

(1) “My darling excuse me not is cool”, “Stop baby lon”, “Président Obama”, “Jah Sivala”, “Open your eyes black”, “I am pauvre”, “Politique no goog”, “Stop figting”.


Être rasta !

Porter des dreadlocks est loin d’être facile. Les rastas sont qualifiés de parias. Parce qu’ils fument de l’herbe, du zamal… Ils sont mal vus dans et de cette société où l’on juge sur l’apparence physique. Pourtant, des personnes à la table de grand restaurant — par exemple — boivent à n’en plus finir. Saouls, ils terminent le repas. À eux, on ne dira rien. Vous savez, même chez les gens “biens”, on se shoot au zamal, à l’héroine, à la cocaïne, etc. Alors pourquoi ne montrer du doigt que les rastas ?

J.-F. N.


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