Culture et identité

« Sak Hulot i di, La Rényon i fé ! »

Sortie du film "Le Syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot

LB / 10 octobre 2009

Nous recommandons aux Réunionnais de voir le dernier film de Nicolas Hulot qui vient de sortir dans les salles de cinéma à La Réunion car il nous aide à prendre conscience de la nécessité de tout remettre en question d’urgence dans le système socio-économique et politique qui domine la planète. Un film qui montre aussi indirectement à quel point les Réunionnais ont pris de l’avance dans la mise en œuvre de ces changements.

Dans son éditorial de mercredi dernier, jour de sortie à La Réunion et en France du film "Le Syndrome du Titanic", "Témoignages" a déjà attiré l’attention de ses lecteurs sur le contenu et l’importance de ce documentaire de Nicolas Hulot. En effet, ce journaliste et militant écologiste a réalisé une œuvre exceptionnelle, non seulement par la qualité de ses images, souvent très belles et très émouvantes, mais encore par la pertinence et la force de ses commentaires.
En outre, cette œuvre attire notre attention sur les conséquences catastrophiques inhumaines du modèle de développement imposé par l’Occident et qui menace la survie de l’humanité. En même temps, elle préconise plusieurs mesures concrètes pour changer de modèle, préserver les ressources de la planète et aller vers un partage équitable des richesses.
Comme nous l’avons expliqué mercredi, certaines de ces mesures, en rupture avec la norme occidentale, ont déjà été mises en œuvre depuis une quarantaine d’années à La Réunion par des responsables politiques réunionnais, comme ceux du PCR et d’autres forces démocratiques. Au point qu’une amie portoise nous a dit après avoir vu le film : « Sak Hulot i di, La Rényon i fé… ! ».

« Exister, c’est résister »

De nombreux spectateurs ne manqueront pas d’être surpris par l’évolution de Nicolas Hulot, qui s’auto-critique et se met lui-même en question tout au long du film. Contrairement à ce qu’il a fait pendant de nombreuses années en tant que journaliste, il crée désormais davantage un lien entre la crise sociale et la crise environnementale. Il dénonce un système qui fabrique une « société fragmentée, divisée » et il prône une gouvernance mondiale démocratique avec un « sens commun » et portée par une « communauté humaine », respectueuse de la diversité, car « l’injustice fait le lit de la haine ».
Certes, on peut toujours émettre des critiques ou des regrets par rapport à un tel film. Par exemple, il est dommage que Nicolas Hulot n’ait pas donné la parole à des experts et à des responsables politiques, comme Paul Vergès par exemple, qui sont porteurs de propositions concrètes, de projets et de réalisations alternatives au système dominant. Il est dommage aussi qu’il n’ait pas été plus précis sur les responsabilités de certains dirigeants politiques et économiques dans la crise écolo-sociale. Enfin, il aurait pu encourager les citoyens à se rassembler pour créer un rapport de forces et lutter afin d’obtenir les changements indispensables auxquels s’opposent les profiteurs du système actuel.
Certes, on peut regretter ces oublis dans le film. Mais, comme dit Nicolas Hulot, c’est à chacun(e) d’entre nous de prendre conscience qu’« exister, c’est résister » et il pose cette question : « Comment envisager un autre système si on ne le veut pas ? ».

L. B.


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