Culture et identité

Semaine créole : résultat d’une victoire des communistes

Lutte pour la reconnaissance de l’identité culturelle réunionnaise

Manuel Marchal / 24 octobre 2016

Ces prochains jours à La Réunion, il sera beaucoup question de la Semaine créole. Pendant cette période, l’identité réunionnaise sera mise en avant. C’est une des conséquences des combats victorieux menés par le PCR.

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Depuis 1946, La Réunion est un département français. L’intégration dans la République fait d’elle une partie d’un État qui s’est construit pendant des siècles autour de plusieurs idées fortes : la centralisation et l’assimilation. Cela a conduit à une organisation territoriale dominée par un pouvoir central, et à la domination d’une langue sur les autres.

C’est ainsi que le français parlé dans la région parisienne et ses environs s’est imposé au détriment d’autres langues vieilles de plusieurs siècles et qui avaient donné au monde des écrivains et poètes internationalement reconnus, comme l’occitan. La scolarité et le service militaire obligatoires au lendemain de la guerre franco-prussienne de 1870 sont des éléments qui ont contribué à cette victoire du français qui est devenu la langue maternelle sur le territoire de la France en quelques générations.

À La Réunion, c’est la même politique d’assimilation qui a été mise en place. Mais elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs en raison d’une forte résistance animée notamment par le Parti communiste réunionnais. Pourtant, pendant des décennies, le créole était interdit sur les ondes et dans les écoles. Le maloya était combattu. La commémoration du 20 décembre était censurée.

C’est dans ce contexte difficile que le PCR a entretenu la flamme, empêchant notamment le maloya de mourir. Des célébrations du 20 décembre étaient ainsi organisées. Au fil des victoires électorales des communistes, ces commémorations allaient prendre de l’ampleur et devenir des institutions. En 1976, il y a 40 ans, le PCR mettait le maloya en pleine lumière en le faisant monter à la tribune de son 4e Congrès. Les manœuvres des conservateurs qui montaient des contre-événements le 20 décembre ont échoué, tout comme le combat contre la langue créole et la lutte contre le maloya.

Grâce à l’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, le maloya fait partie du Patrimoine de l’humanité depuis 2009. Cette reconnaissance internationale est un signal. Désormais il n’est plus possible de revenir en arrière. Et aujourd’hui, plus personne ne remet en cause l’existence du créole, du maloya, et plus largement l’idée qu’il existe une identité culturelle réunionnaise.

Ce sentiment n’allait pas de soi. Il a fallu résister à la puissance d’un pays qui s’est construit sur la base de l’assimilation et donc de la négation des autres identités culturelles. À La Réunion, un peuple a su résister, et les communistes ont une grande responsabilité dans cette victoire.

C’est ce qui explique pourquoi des manifestations telles que la Semaine créole peuvent rencontrer un grand succès.

M.M.


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