Culture et identité

Trois jeunes du Guillaume présentent “Camille”

20 ans de Passeurs d’Images au parc de la Villette

Témoignages.re / 26 décembre 2011

3 jeunes du quartier du Guillaume Saint-Paul se sont rendus à l’occasion des 20 ans du dispositif Passeurs d’images du 15 au 17 décembre au Théâtre Paris Villette. Ils y ont présenté "Camille" leur deuxième court-métrage réalisé pendant un atelier. Ils étaient accompagnés de Isabelle Cambou, coordinatrice du dispositif Passeurs d’images à La Réunion, ainsi que de Antonio Prianon, intervenant en photographie dans ce dispositif qui pour l’occasion a présenté une sélection de vingt photographies réalisée dans les ateliers photos de La Grande-Chaloupe, Mafate, La Possession et Saint-Pierre. Pour l’Année des outre-mer, des délégations venues de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Nouvelle-Calédonie ont présenté leurs films.
Trois journées intenses durant lesquelles les jeunes ont pu assister à des projections suivies de débats pendant lesquels les réalisateurs ont pu parler de leurs films avec le public en la présence d’un réalisateur chevronné. Ils ont aussi participé à divers ateliers autour du cinéma et ont pu découvrir Paris, cette ville mythique qui fait rêver le monde !

Rencontre avec des passeurs d’images

• Élodie Taristas, 24 ans, originaire du Guillaume Saint-Paul

- J’ai pu participer à ces rencontres Passeurs d’Images grâce à monsieur Patterson de l’association Les Quinquinats de Petite France qui m’a invité à participer à un atelier vidéo dirigé par l’association Zargano.

Quelques mots sur "Camille"

- "Camille" est le titre de notre deuxième court-métrage. C’est une histoire basée en quelque sorte sur des faits réels. En effet, c’est en feuilletant de vieux journaux qu’on est tombé sur un fait-divers qui parlait de deux jeunes qui avaient volé un mannequin dans un magasin de vêtement à Saint-Denis et c’est comme ça que nous est venu cette histoire, centré plus particulièrement sur l’amour et sur les difficultés que rencontre les jeunes à l’adolescence, cette histoire soulève en plus des problèmes de nature social.

Comment s’est passé le voyage ?

- Pour ma part, le voyage s’est bien passé à part le froid et la pluie, ce fut une agréable semaine, riche en émotions et en rires. On a fait de très belles rencontres, on a pu visiter quelques monuments (Tour Eiffel, Musée du Louvre, Notre Dame, Sacré-Cœur) pendant les deux premiers jours vu que les jours suivants ont été au théâtre de la Villette pour les rencontres Passeurs d’Images.

Comment s’est déroulée la présentation de votre film ?

- La présentation de notre film s’est faite en deux temps, d’abord le visionnage de "Camille" et de trois autres courts-métrages d’autres groupes et d’un réalisateur puis la présentation sur le plateau devant les différents groupes de France et de départements d’Outre-mer, suivis des questions du public.

Comment se sont passées les rencontres avec les jeunes venues d’autres DOM et des autres régions de France ? Avez-vous gardé contact ?

- Les rencontres se sont très bien passées avec les jeunes et plus particulièrement avec les jeunes venues d’autres DOM et les jeunes venues de Toulouse. On a beaucoup discuté au théâtre et même à l’auberge de jeunesse pour ceux qui y étaient logés comme nous. Un lien s’est tissé entre nous dès notre rencontre avec les jeunes d’autres DOM. Effectivement la veille de notre départ, on s’est échangé nos mails et nos Facebook pour pouvoir garder contact.

D’un point de vue personnel, qu’est-ce que ce voyage vous a apporté ?

- D’un point de vue personnel, ce voyage m’a permis de découvrir de nouveaux horizons. Avant ce voyage, je n’étais jamais venue en métropole, la France était pour moi terre inconnue. Je dois dire que la vie là-bas est très particulière, très différente de celle de La Réunion. De plus, ce voyage m’a permis de sortir de mon pays, de mon quotidien, des difficultés du chômage, etc.

Je remercie tout particulièrement monsieur Patterson de l’association les Quinquinats de la Petite France, Isabelle Cambou de l’association Zargano, Laurent Pantaléon réalisateur, Éric Roblin écrivain, la mairie de Saint-Paul et le Conseil général de La Réunion.

• Romain, 20 ans, originaire du Guillaume Saint-Paul

- J’ai participé à ce projet grâce à monsieur Patterson qui nous a demandé si l’on ne voulait pas assister à un atelier vidéo. On a tout de suite dit oui. L’atelier vidéo était dirigé par l’association Zargano de Saint-Paul.

Quelques mots sur "Camille" ?

- Déjà "Camille" c’est le titre de notre deuxième court-métrage basé sur un fait réel qu’on a trouvé dans le journal dans la page faits-divers. Le film raconte que deux jeunes volent un mannequin pour que l’un d’entre eux puisse le mettre dans son lit pour pouvoir sortir et aller voir sa copine Camille. Ce court-métrage est centré sur l’amour.

Comment se sont passées les rencontres avec les jeunes venues d’autres DOM et des autres régions de France ? Avez-vous gardé contact ?

- Les rencontres se sont bien passées avec tous les jeunes, mais encore plus avec ceux venus d’autres DOM. Durant tous les jours des rencontres, on est resté tous ensemble, c’est-à-dire tous les DOM ensemble, on a même fait tous les ateliers avec eux. Avant de partir, on s’est même échangé nos mails. D’autre part, on a pu le dernier soir, échanger quelques mots avec les jeunes venues de Toulouse et avec eux aussi on a gardé contact.

D’un point de vue personnel, qu’est-ce que ce voyage vous a apporté ?

- Ce voyage m’a enrichi, j’ai pu découvrir plein de choses que je ne connaissais pas, et aussi ça m’a permis de voir d’autres manières de vivre.

• Patrick Élisabeth, 22 ans, habite au Guillaume Saint-Paul

Quelques mots sur "Camille"

- "Camille" fut et restera une expérience formidable pour moi.

Première expérience cinématographique, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire et tourner auprès de mes amis, mais aussi de professionnels.

Pour cela, je tiens à remercier Isabelle Cambou de Zargano ainsi que Monsieur Patterson de l’association des Quinquinats.

Comment s’est déroulée la présentation de votre film ?

- On peut dire que notre film n’est pas passé inaperçu et tout le monde a aimé le style, l’originalité et la touche d’humour apporté par le réalisateur Laurent Pantaléon.

Comment se sont passées les rencontres avec les jeunes venues d’autres DOM et des autres régions de France ? Avez-vous gardé contact ?

- Des liens se sont créés dès le premier jour avec la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie ainsi que des jeunes métropolitains et plus particulièrement des Toulousains.

Il est bien sûr évident que nous avons gardé contact et il y a même des projets inter-région qui ont commencé à naître dans nos têtes.

D’un point de vue personnel, qu’est ce que ce voyage vous a apporté ?

- Cette expérience m’a fait ouvrir les yeux sur un domaine dont je ne connaissais rien.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement, un film n’a plus la même portée sur moi.

On peut dire qu’il m’a fait grandir, mûrir. Cette expérience m’a donné plus d’assurance et pour tout vous dire je n’ai pas envie de m’arrêter là.

J’aimerais poursuivre sur cette voie qu’est le cinéma.


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