Culture et identité

Un crime contre l’Humanité reconnu par l’État français

Témoignages.re / 10 mai 2011

Voici un communiqué de l’association MCUR-RCA à l’occasion du 10 mai 2011.

« Depuis la loi du 21 mai 2001, la traite négrière et l’esclavage sont reconnus "crime contre l’Humanité". Cette loi a été l’aboutissement d’années de mobilisation pour inscrire dans l’histoire nationale, plus de deux siècles qui ont profondément transformé la France et le monde. Depuis quelques années, le 10 mai est choisi comme étant la date de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage. Alors qu’il a été attribué à chacun des départements d’Outre-mer, depuis 1983, un jour férié en mémoire de l’abolition de l’esclavage (le "20 désanm" à La Réunion), le 10 mai revêt une importance particulière : désormais l’esclavage n’est plus seulement l’affaire des Ultramarins, mais aussi celle de tous les Français, sans distinction de race et d’origine. À travers cette reconnaissance nationale, c’est la responsabilité de la France dans cette période sombre de l’histoire qui est reconnue, mais aussi son devoir de mémoire vis-à-vis des descendants d’esclaves, notamment dans les programmes d’histoire, qui consacrent encore trop peu de place à l’enseignement de l’histoire de la traite négrière dans l’Océan Indien.
À La Réunion, la MCUR a impulsé la célébration de cette date, en 2010 l’association MCUR- Recherche- Culture- Action (RCA) a organisé un rassemblement culturel et un hommage populaire aux combattants de la liberté. Aussi, nous encourageons l’ensemble des initiatives qui ont été prises cette année pour organiser des événements divers autour de cette date, aussi bien à La Réunion que dans l’Hexagone et l’ensemble des départements d’Outre-mer.
L’esclavage et les traites négrières ont laissé des héritages complexes et multiples à nos sociétés contemporaines : la création de cultures nouvelles dans les sociétés créoles en est le témoin. Cette période historique riche a profondément bouleversé des disciplines aussi diverses et variées que le droit, la philosophie, les arts, les croyances et mis en contact des cultures, langues, savoirs, etc… La lutte incessante des esclaves pour leur liberté a contribué à l’extension des idéaux de la démocratie et le mouvement abolitionniste fut l’un des premiers grands mouvements internationaux pour les droits humains.
C’est pourquoi les efforts en faveur de la reconnaissance de cette période historique doivent être poursuivis. Nous pensons à l’installation de stèles rendant hommage à celles et ceux, esclaves et marrons, qui ont contribué à l’universalité des idéaux de Liberté et d’Égalité, à la collecte des mémoires vivantes des Outre-mers, à la valorisation des lieux de mémoires et d’histoire liés à la traite et à l’esclavage. Les commémorations et recherches dans ce domaine doivent être fortement encouragées pour continuer à mettre en lumière cette période et la façon dont elle influe encore sur nos sociétés contemporaines. »


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