Culture et identité

Un grand projet de formation dans le domaine de l’art indien et de l’architecture indienne

Convention entre la Fédération Tamoule et la Chambre de Métiers

Témoignages.re / 27 décembre 2013

Le 23 décembre dernier, une convention de formation aux métiers d’art indien a été signée entre Daniel Minienpoullé, président de la Fédération Tamoule de La Réunion, et Bernard Picardo, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de La Réunion. Elle a été signée en présence notamment du Consul Général de l’Inde, George Raju, du directeur de Pôle Emploi, Jean-Luc Minatchy, du directeur de la Mission Locale Nord, M. Lowinsky, et de M. Théophane Narayanin de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion. Un comité de pilotage sera mis en place en février/mars 2014 avec divers partenaires : la Chambre de Métiers, la Fédération Tamoule, la Région, le Département, la DIECCTE, Pôle emploi, la Mission locale et la DRAC-OI.

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La convention a été signée entre Daniel Minienpoullé et Bernard Picardo en présence notamment du Consul Général de l’Inde, George Raju, et du directeur de Pôle Emploi, Jean-Luc Minatchy.

Dans la présentation de cette convention, Daniel Minienpoullé signale que « depuis ces 30 dernières années, d’importantes rénovation des temples hindous ont été opérées à La Réunion. Dans un souci de transfert des savoirs-faire indiens, compte tenu de la demande réunionnaise et du fort taux de chômage, il est important pour nous de faire bénéficier les Réunionnais de la mise en place d’une véritable filière de formation aux métiers d’art indien en termes de maintenance et de rénovation (sculpture, peinture et décoration) ».

Il ajoute qu’« à terme, l’architecture de nos bâtiments créoles, de nos villas et autres lieux culturels pourront également être des chantiers d’apprentissage pour les ouvriers réunionnais formés par les enseignants indiens ». Voici donc un résumé des objectifs de cette convention.

« Au fil des siècles le patrimoine culturel architectural réunionnais, fort de sa diversité, s’est enrichi d’apports indiens. La Compagnie des Indes en son temps a apporté des éléments patrimoniaux indéniables au niveau de la construction des maisons et bâtiments, du mobilier, des fresques etc.

Avec la départementalisation en 1946, nous notons une réappropriation des traditions architecturales indiennes, portée notamment par les originaires tamouls de La Réunion.

Après une phase d’indianisation de leurs temples, passant du torchis, au bois sous tôle, puis aux constructions en ciment de style indo-créole. Depuis une trentaine d’années s’est opérée à La Réunion une rénovation des lieux de culte hindous dans le style dravidien du Sud de l’Inde.

Pour ce faire les associations cultuelles et culturelles tamoules de l’île se sont attaché les services de sthapatis (architectes) et de shilpis (ouvriers spécialisés) dans le respect des règles et normes de construction précisées dans le Vashtou Shastram ou traité de la science de la construction indienne des temples.

Citons les 2 premiers à connaître cette rénovation : le kôvil (ou temple) du Colosse, inauguré en 1995, et celui de Saint-Denis en 1996.

Près d’une vingtaine de temples ont été depuis reconstruits ou rénovés, et le processus est toujours en cours avec un potentiel d’encore une cinquantaine de lieux de culte et autres. Notons également l’émergence des réhabilitations de lieux de cultes privés et des salles culturelles.

En 1995 une première expérience de chantier école a vu le jour avec les chantiers de Colosse, celui de Piton Saint-Leu, Badra Kali, Ashram du Port.

Eu égard à la demande, aux expériences ponctuelles du passé, il s’agit pour La Réunion de profiter de l’expertise de cette main d’œuvre indienne qualifiée afin d’établir une véritable filière de formation pour la rénovation et l’entretien de ces lieux.

Par ailleurs, compte tenu du contexte historique de l’architecture créole fortement imprégnée par l’apport de la Compagnie des Indes, des monuments et richesses patrimoniaux locaux (frises, fresques etc…), cette formation permettra sans aucun doute l’émergence de personnel réunionnais agréé et qualifié.

Les objectifs de la présente convention :

- Œuvrer à la mise en place de la formation dans le domaine de l’art indien et de l’architecture indienne, notamment en termes de maintenance et de rénovation.

- Mettre en place un référentiel spécifique option : art indien dans les filières de formation.

- Structurer la filière de formation professionnelle dans ce secteur d’activité.

- Faciliter l’analyse du marché économique en termes de besoins de main d’œuvre qualifiée ainsi que la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

- Mettre en place un plan d’actions communes pour favoriser l’intégration des jeunes dans le cursus de la formation.

- Coordonner les demandes des représentants des associations et des autres organismes.

- Favoriser le recrutement des formateurs indiens agréés par le gouvernement indien.

- Favoriser les relations stratégiques avec une institution spécialisée dans la formation "art indien" du Sud de l’Inde pour l’insertion des stagiaires.

- Participer au comité de pilotage des opérations et au suivi de celles-ci.

- Favoriser la communication de la filière "sculpture et peinture indiennes".

La CDMAR et la F.A.G.R.H.C.T.R. contribueront à informer les entreprises et les acteurs culturels réunionnais de la mise en place de cette insertion par la Culture, à l’ingénierie de ces formations "Art Indien" (critères, pré-requis, validation des acquis de l’expérience, contenu, évaluation des formations, développement des compétences) afin d’atteindre efficacement à l’objectif visé ».


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