Culture et identité

Un « message de rassemblement autour de nos mémoires »

Commémoration du 10 Mai à Paris par le nouveau président

Céline Tabou / 12 mai 2012

Le nouveau chef de l’État, François Hollande a déclaré lors de la journée de commémorative de l’abolition de l’esclavage, « je voulais donner ce message de rassemblement autour de nos mémoires et de ce qu’est notre Histoire ». Ce dernier a souhaité s’adresser à l’Outremer qui a largement contribué à son élection, dimanche 6 mai.

Suite aux interventions de Jean-Pierre Bel, président du Sénat et des acteurs Greg Germain et Nicole Dogué, François Hollande a exprimé son émotion et tenu à « parler à toute la France et à tous les jeunes qui ignorent qu’il y a eu un esclavage » qui a été des « phénomènes mondiaux ».

Tenir les engagements pris

François Hollande a estimé avoir une « une reconnaissance » envers l’Outremer, « j’y suis allé beaucoup, elle m’a donné beaucoup à travers ses suffrages lors de l’élection présidentielle ». Le nouveau chef de l’État a été accueilli par Françoise Vergès, présidente du Comité Pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CPMHE). Cette dernière a salué la présence de François Hollande qui « marque l’importance de cette date : elle n’est pas une histoire ultramarine, pas l’histoire d’une communauté mais de la société française ».
Salué pour ses propos et sa présence, de nombreuses organisations n’ont pas oublié de rappeler au nouveau président ses engagements, notamment la fondation du “Mémorial de la traite des Noirs”, qui a demandé au président élu de respecter ses engagements.
En effet, le 15 avril, François Hollande s’était engagé à créer « un Centre National de recherche sur la traite des noirs » et à débaptiser les rues portant des noms de négriers. Le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) en a également profité pour demander la création d’un « musée national de l’esclavage ».

Attendre la prochaine étape

Lilian Thuram, fondateur de la fondation éponyme pour l’éducation contre le racisme, espère que la présence et les propos de François Hollande entraîneront « un climat plus apaisé », après « 10 ans, où par le biais de M. Sarkozy, un discours a réveillé le racisme latent chez les gens ». Ce dernier a mis en avant les « mots de M. Hollande sur la place de la Bastille sur la diversité qui compose la société française, c’est un message complètement différent », de celui de Nicolas Sarkozy, qui avait dénigré l’Histoire de l’Afrique et cautionné le racisme au sein même de ses ministères.
Dans une allocution, le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a appelé à donner "la place conséquente qu’elle mérite" à l’histoire de l’esclavage et à "combler un gigantesque vide". De son côté, le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a dit qu’il se félicitait « de toutes les démarches de lutte contre l’oubli et de réappropriation de l’Histoire ». Mais, toutes les organisations attendent la prochaine étape, et « la volonté politique d’inscrire cette histoire au sein de l’Éducation nationale », comme l’a indiqué Lilian Thuram.

Céline Tabou


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