Culture et identité

Un patrimoine de la vie courante

Expositions sur la pierre au GRAHTER

Témoignages.re / 16 septembre 2011

Le GRAHTER (Groupe de recherche sur l’archéologie et l’histoire de la terre réunionnaise) ouvre ses locaux à La Saline pour une exposition de réalisations en pierres taillées sèches et de photos sur le travail de la pierre et d’anciennes constructions faites avec ces techniques à l’occasion des Journées du Patrimoine ce samedi et dimanche.

L’association présentera de plus à la visite le parc bœuf en pierres mis en valeur, visible face à ses locaux. Ce patrimoine, témoignage de la vie courante de nos aïeux, est remarquable par la solidité de la technique utilisée. Il est le seul exemplaire de parc construit en pierres. Les murs sont édifiés avec des pierres taillées, calées par de plus petites pierres non liées par du mortier. Cette technique ancienne a été utilisée autant en Europe qu’en Inde. Le mur était ensuite recouvert d’huile puis de chaux afin d’en assurer l’étanchéité. Le parc bœuf construit en 1776 a été utilisé jusqu’à la Seconde Guerre. Laissé ensuite à l’abandon, il a été nettoyé et consolidé lors de la formation d’une dizaine de maçons spécialistes des murs en pierres sèches, qui est mise en place actuellement par le GRAHTER.
L’association souhaite, grâce à cette formation, remettre en valeur ce métier oublié qui a donné à La Réunion quelques-uns de ces plus beaux édifices, comme la Cathédrale de Saint-Denis, l’Église de Sainte-Anne ou la Mairie de Saint-Leu. « Si on parle souvent des architectes de ces bâtiments, on oublie souvent de parler de ces maçons qui les ont édifiés, souligne Marc Kichenapanaïdou, président de l’association. Pourtant, ils étaient plus que des maçons. Par leur savoir, on peut les comparer à des ingénieurs ». Comme Raphaël Calciné, né en 1895 et disparu à plus de 100 ans, qui a fait les rosettes de fleurs de l’Église de Sainte-Anne en 1948, auquel le GRAHTER a consacré un livre.
L’association souhaite continuer la restauration de ce parc bœuf pour le transformer en centre culturel. Les murs de pierres ont besoin d’une restauration plus approfondie et il manque le toit que l’association souhaiterait reconstruire en paille vétiver. Malheureusement, il lui manque 200.000 euros pour cela. Un appel aux collectivités est lancé pour que ce patrimoine de la vie de tous les jours ne disparaisse pas. Il a su déjà remarquablement résister aux outrages du temps et à l’emprunt de pierres courant à La Réunion, il ne lui manque plus qu’un petit coup de pouce pour retrouver une nouvelle vie.

CF


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