Culture et identité

Un professeur d’Université de Bordeaux confirme les thèses du P.C.R. pour le développement durable

Conférence des Amis de l’Université

Témoignages.re / 22 septembre 2012

Avant-hier, les Amis de l’Université, une association présidée par Yves Bosquet, a organisé une conférence à Saint-Denis avec Christian Bouquet, professeur de géographie politique et de développement à l’Université Montaigne Bordeaux 3. Le thème de cette conférence était : ’Le développement durable est-il compatible avec l’économie de marché ?’. Ce chercheur, qui a notamment travaillé une trentaine d’années dans divers pays africains, a expliqué clairement que les peuples ne peuvent construire un développement durable, humain, solidaire et responsable s’ils restent prisonniers d’un système économique dominé par la loi du marché capitaliste.

Christian Bouquet a ouvert son exposé par une description de "l’économie de marché", « un modèle économique qui prévaut dans le monde entier depuis plusieurs décennies » et qui est marqué par l’auto-régulation du marché, la libre concurrence, la compétitivité, la loi du profit maximum pour les plus forts. Un système inhumain, où même les travailleurs sont rendus compétitifs et où l’État ne peut rien faire sinon soutenir les profiteurs.
Dans un second temps, l’universitaire a présenté le contenu du "développement durable", un concept né il y a une quarantaine d’années après diverses catastrophes qui ont illustré à quel point l’avenir de l’humanité est en danger. D’où le mot d’ordre lancé en 1972 au Sommet de Stockholm : « Vivons ensemble autrement ».

Six piliers du développement durable

Dans les années, suivantes, de nombreuses recherches de scientifiques et plusieurs conférences internationales, comme le Sommet de la Terre à Rio en 1992, ont validé le concept, le contenu et l’importance du développement durable proclamé par l’Organisation des Nations unies en 1987. Notamment avec ses trois piliers : une économie viable, une société équitable et un environnement vivable.
Lors des échanges avec le public à ce sujet, le conférencier a confirmé que le développement durable a au moins trois autres piliers et que tous sont liés les uns aux autres. Il s’agit d’abord de la dimension culturelle (à valoriser notamment dans le système éducatif, dans les médias et dans l’éducation populaire) ; ensuite de la gouvernance démocratique (avec un pouvoir réel, libre et souverain au peuple) ; enfin, de la solidarité internationale (avec une gouvernance mondiale juste, un co-développement régional solidaire, etc.).

La situation s’aggrave

Cette conception du développement durable est soutenue déjà depuis de nombreuses années à La Réunion par des forces démocratiques, qui résistent au pouvoir néo-colonial en place afin de pouvoir mettre en œuvre par les Réunionnais eux-mêmes une politique qui répond à leurs besoins, notamment ceux des plus pauvres. Mais comme ce pouvoir a pour priorité de combattre le PCR et de diviser les Réunionnais afin de les empêcher de bâtir un autre modèle de développement, la situation s’aggrave de plus en plus sur le plan économique, social environnemental, éducatif, etc.
Voilà pourquoi il fut à la fois très intéressant et émouvant d’entendre le professeur Christian Bouquet exposer divers facteurs d’aggravation des problèmes dont souffre une grande partie de l’humanité : les problèmes alimentaires, sociaux, environnementaux et autres. Et bien sûr, il a clairement mis en cause l’économie de marché, qui est à la source de ces difficultés, car elle « réduit le pouvoir des États », elle fait que « la spéculation domine au profit des actionnaires qui gagnent plus — en dormant — que les travailleurs » et « les perdants sont les pauvres ».

Un partage équitable des richesses

Malheureusement, comme l’a souligné le conférencier, la plupart des responsables politiques ne prennent pas des décisions en fonction de la gravité de ces problèmes, comme on l’a encore vu en juin dernier au Sommet mondial du Rio+20. « Aucune mesure contraignante n’a été prise par les chefs d’État pour en finir avec les effets dramatiques de l’économie du marché ».
Christian Bouquet a donc préconisé un partage équitable des richesses de la planète, un co-développement régional — car « on ne résout pas les inégalités par des barrières » — et « une gouvernance mondiale contre une compétitivité non loyale ». Voilà la conclusion de cette conférence-débat, où un universitaire de Bordeaux a — de fait — confirmé la justesse des thèses du PCR pour un développement durable.

Correspondant


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