Culture et identité

« Un rebond est toujours possible »

"Au fond du chaudron", roman de Janick Tamachia

Témoignages.re / 1er février 2011

L’écrivain réunionnais Janick Tamachia, qui habite au Bois de Nèfles à Sainte-Clotilde, a fait paraître en septembre dernier son premier roman, intitulé "Au fond du chaudron". Un livre publié par les Éditions L’Harmattan. En raison de la qualité de cet ouvrage, dont nous vous conseillons la lecture, "Témoignages" a donné la parole à son auteur, afin qu’il nous en dise quelques mots…

Pouvez-vous nous résumer l’histoire que vous racontez dans votre roman "Au fond du chaudron" ?

- Dans ce roman, je retrace le parcours d’un homme fragilisé par les vicissitudes de la vie et qui réagit comme il peut à cette situation. Arrivé à un carrefour de son existence, par un long monologue, l’homme essaie de faire un point sur les événements qui l’ont marqué et qui l’ont amené à se retrouver dans cette position.

Quel message voulez-vous transmettre à travers cet ouvrage ?

- Dans le cours d’une vie, des situations absurdes peuvent se présenter devant nous. S’enfermer dans la solitude est un palliatif, qui montre vite ses limites, et l’on risque alors de se retrouver aux confins de la folie. Cependant, un rebond est toujours possible et cela de façon parfois troublante.

Quels rapports souhaitez-vous établir entre une œuvre littéraire et vos réflexions sur notre société ?

- Dans la société réunionnaise, de par son environnement, une bonne partie de la population n’est vue qu’à travers des clichés commodes, véhiculés par les séquelles de traumatismes que sont l’esclavage et la colonisation. À mon sens, l’exploration de la condition humaine implique de dépasser cette vision simpliste et de regarder d’un peu plus près les apports que chacun est en mesure d’offrir.

Comment analysez-vous l’évolution de la littérature réunionnaise ces dernières décennies ?

- Après une période que d’autres avant moi ont qualifiée de doudouiste, la littérature réunionnaise a connu une véritable renaissance. À mon humble avis, dans la poésie, Boris Gamaleya, Alain Lorraine et, dans un registre différent, Jean Albany ont permis d’ouvrir cette voie nouvelle. Dans le domaine romanesque, "Les muselés" d’Anne Cheynet semble incontournable par son écriture expressive et les thèmes soulevés. Axel Gauvin et Jean-François Sam-Long ont eux frappé avec succès à la porte des grandes maisons d’édition parisiennes.
Malheureusement, en comparaison de l’île Maurice, le bilan paraît plutôt mitigé. Sans doute, manque-t-il un porte-drapeau de la stature de Le Clézio. Enfin, il convient de saluer le travail de fourmis accompli par des éditions artisanales comme les Chemins de la Liberté, relayées dans le temps par d’autres éditions tout aussi dynamiques et indépendantes, il faut le souligner, de toute subvention.


« L’identité culturelle de mon île m’interpelle »

Retraité de l’Éducation Nationale, Janick Tamachia a effectué la majeure partie de sa carrière dans l’enseignement spécialisé.
« Sur un plan plus personnel, dit-il, l’identité culturelle de mon île m’interpelle depuis longtemps déjà. Ainsi, j’ai été membre de l’ADER, où j’ai rencontré entre entres autres Alain Gili et le regretté Jean Ivoula (nouvelliste et poète avant de bifurquer vers la politique). J’ai par la suite adhéré à l’UDIR avec Jean-François Sam-Long ».
Cette association lui a permis, souligne-t-il, de publier deux recueils de poèmes : "Fanal dann fénoir" (1980) et "Zékli" (1990).


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