Culture et identité

Un regard croisé sur les arts dans l’Océan Indien

Exposition au MADOI : « Chroniques indiennes, le temps des découvertes éblouies »

Sophie Périabe / 12 octobre 2009

C’est la véritable première grande exposition du MADOI (musée des arts décoratifs de l’Océan Indien). Elle se place comme la première étape d’une série de manifestations retraçant l’histoire du meuble et des arts visuels dans l’Océan Indien occidental aux XVIIe et XVIIIe siècles.

L’exposition commence par une cartographie de cette partie du monde à cette époque. C’est l’arrivée des portugais dans l’Océan Indien en 1498 qui marque le début de l’ère moderne. « Ils instaurent le mise en place de nouveaux échanges transocéaniques qui modifieront l’ancien équilibre continental de l’Eurasie tout en élargissant les limites du monde », explique Thierry Nicolas C. Tchakaloff, conservateur du MADOI. L’art, les meubles, le textile en Europe, tout s’inspire de ce monde oriental, un monde mythique où l’on retrouve fréquemment des sirènes, des tritons. « La civilisation occidentale, l’art européen s’est beaucoup inspiré de la civilisation persane, de l’islam indo-musulman et ça, on l’a oublié », dénonce le conservateur de l’exposition.
Cette période est, en effet, marquée par la résurgence de la civilisation islamique avec le développement de 3 grands empires musulmans : l’empire ottoman en Asie Mineure et en Europe orientale, suivi par l’empire safavide en Perse et enfin l’empire Moghol en Inde.
Néanmoins, il existe des différences entre ces empires et notamment la langue littéraire.
La zone perse est incontestablement le plus créatrice sur le plan culturel et artistique : l’architecture, la peinture, les arts du livre du tapis sont connus de tous, ce dernier étant le plus connu en Europe.
Nombre de prêtres persans, peintres, calligraphes et architectes viennent en Inde où ils transmettent leur talent au sein des ateliers impériaux. Cet artisanat et ce savoir-faire de qualité se diffusent un peu partout, jusqu’en Europe.
La découverte du Nouveau monde, l’Europe, apportera également une nouvelle vision. Le monde mythique ne veut alors plus rien dire quand on voit le nouveau monde. « Il a fallu près de 2 siècles pour comprendre que les sirènes n’existaient pas », souligne Thierry Nicolas C. Tchakaloff.
Ce sont donc tous ces référents culturels et artistiques persans, hindous et européens que l’on retrouve à travers la mise en relation entre la composition et les répertoires décoratifs des textiles, des faïences émaillées ou de l’art du livre et qui forment ces exposition thématique.
Cette exposition est visible jusqu’au 13 mars 2010 au MADOI, chemin Maison Rouge à Saint-Louis.
Deux catalogues accompagnent cette exposition : "Arabesques et entrelacs", 64 pages, résumé en créole, au prix de 10 € et "Mobiliers dans l’Océan Indien Occidental – Chroniques indiennes – 1ère partie : le temps des découvertes éblouies" à paraître en fin d’année, 164 pages, résumé en anglais et créole au prix de 30 €.

S.P.


Infos pratiques

- Entrée libre et gratuite

- L’exposition est visible du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h, le samedi de 14h à 17h et le 1er dimanche du mois de 14h à 18h.

- Accessible aux personnes à mobilité réduite.

- Médiation culturelle de l’exposition assurée pendant les heures d’ouverture.

- Visite scolaire sur rendez-vous (0262 91 24 30 ou 32).


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