Culture et identité

Une série de portraits majoritairement imaginée

"Traits d’esclaves" au Conservatoire national de botanique de Mascarin

YVDE / 14 décembre 2009

Les esclaves ont pris possession de la maison de maître du Conservatoire national de botanique de Mascarin jusqu’au 17 janvier 2010. Une série de portraits majoritairement imaginée, due au couteau de Jean-Claude Bernard.

Jean-Claude Bernard expose au Conservatoire national de botanique de Mascarin. « On m’a demandé un travail sur l’esclavage. J’ai accepté parce que c’est quelque chose que je n’aurais peut-être plus jamais l’occasion de faire », explique le peintre passé par l’Ecole nationale d’art de Cergy Pontoise et divers ateliers.
L’artiste présente, "Traits d’esclaves", une série de portraits majoritairement imaginés. Elle s’inscrit à la suite d’un travail réalisé, il y a une dizaine d’années, dans le même esprit. Une vingtaine de portraits baptisée "Traits de famille" pour "retrouver" une famille multiraciale qu’il n’a jamais connue et qu’il s’est inventé.
Dans les pièces de la maison de maître, le visiteur rencontre les membres d’une famille "lointaine", prise dans l’instantanée de leurs occupations. « Une famille qui pourrait être la mienne— la nôtre puisque l’Afrique est le berceau du Monde ». Dans un couloir, on visite un "petit-fils de …" et "tout un monde lointain", un groupe de gens déplacés peints au départ et à l’arrivée avec des sentiments comme la dignité, l’étonnement, la tristesse…
A côté d’un lit qui a peut-être vu dormir M. de Chateauvieux, est posé un paravent avec un groupe de silhouettes aux contours à peine dessinés. « C’est peut-être l’oubli », glisse Jean-Claude Bernard. Une série baptisée "Dans le port", dans un fouillis de poulies et de cordages, donne l’idée du transport négrier avec une référence au présent… car le transport continue.
Au bout du parcours, apparaît ce que le plasticien appelle « l’esclavage actuel ». « On veut nous guider dans notre alimentation, dans nos loisirs... ». Et ce que l’on pourrait qualifier d’espoir, un tableau baptisé "Amitiés métissées". Clin d’œil avec une ultime toile représentant le dernier habitant de la maison de maître, M. de Chateauvieux.
A voir comme une illustration d’une vision actuelle— et extérieure— de l’esclavage. Une vision plutôt intéressante, servie par un vrai talent.

 YVDE 


An plis ke sa

L’exposition de Jean-Claude Bernard, "Traits d’esclaves", restera accrochée au Conservatoire national de botanique de Mascarin jusqu’au 17 janvier 2010 — le conservatoire ferme du 24 décembre 2009 au 1er janvier 2010 inclus. Le peintre est présent tous les dimanches pour donner des explications sur son travail et montrer sa méthode de travail : au couteau et à l’acrylique. Deux stages sont proposés pour découvrir cette technique, les 9 et 10 janvier 2010.


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