Culture et identité

Une victoire de la valorisation des atouts du peuple réunionnais

L’UICN apporte un soutien décisif à l’inscription de La Réunion au Patrimoine mondial

Manuel Marchal / 4 août 2010

Lors de la 34ème session du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, la candidature de La Réunion a été présentée et recommandée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Si cette ONG très respectée a apporté un crédit décisif à la réussite du travail entamé depuis plusieurs années à La Réunion, cela ne doit rien au hasard. En juillet 2008, 47 pays avaient participé à Saint-Denis à une conférence internationale sur la biodiversité et le changement climatique co-organisée par la Région Réunion et l’UICN, sous l’égide de l’Union européenne. Ce fut un examen de passage réussi pour le projet réunionnais.

En juillet 2008, La Réunion est placée sous le feu des projecteurs de l’actualité mondiale. La Région Réunion et l’Union internationale pour la Conservation de la nature (UICN) organisent à Saint-Denis une conférence internationale placée sous l’égide de la présidence de l’Union européenne, et intitulée "L’Union européenne et l’Outre-mer : stratégies face au changement climatique et la biodiversité".
Des délégués gouvernementaux et des ONG venus de 47 pays participent à ce sommet, qui se tient à peine un mois après que la Région ait accueilli un séminaire consacré au co-développement durable dans les îles de la Commission de l’océan Indien.

47 pays rassemblés à La Réunion

À cette occasion, les principaux responsables de l’UICN sont à La Réunion pendant au moins une semaine. Ils ont donc la possibilité de voir nos sites remarquables, et aussi de constater combien notre île est animée par une volonté politique visant à donner un contenu concret à la protection de l’environnement.
D’ailleurs, la conclusion de ce séminaire est marquée par un discours de Paul Vergès dans lequel il appelle à la réalisation de l’autonomie énergétique des îles en 2050.
Adopté par les délégués, le "Message de La Réunion" est la déclaration finale de ce congrès. Elle souligne notamment que « l’Union européenne, les RUP, PTOM, pays ACP et les Petits États insulaires en développement devraient s’unir face au changement climatique et la perte de biodiversité, en participant activement à des initiatives internationales telles que le Partenariat insulaire mondial (GLISPA) conclu sous l’égide de la Convention sur la Diversité Biologique à sa huitième Conférence des Parties de Curitiba en 2006, et le Programme de travail sur les Îles adopté par la CDB à sa neuvième Conférence des Parties réunie à Bonn en mai 2008 ».

Examen de passage réussi en 2008

La conférence de l’UICN exprime également la profonde gratitude des participants « à l’égard du Conseil régional et des habitants de La Réunion pour la généreuse hospitalité qu’ils leur ont offerte pendant la conférence. En outre, ils rendent hommage aux efforts pionniers de La Réunion dans le double domaine du changement climatique et de la perte de biodiversité, en particulier en établissant l’objectif ambitieux d’atteindre en 2025 l’autonomie énergétique en matière de production électrique ».
La réussite de cette conférence internationale co-organisée par la Région Réunion et l’UICN permet à cette dernière de se forger donc une très bonne opinion du projet réunionnais d’inscription de La Réunion au patrimoine mondial. Le partenaire de l’UICN a d’ailleurs joué un rôle décisif dans la mise en place de la Réserve marine, puis dans celle du Parc national qui avait été créé l’année précédente malgré de farouches opposants comme Didier Robert. Or, c’est précisément la zone centrale du Parc national qui est la base de la candidature de La Réunion à la prestigieuse distinction attribuée par l’UNESCO.
Sur la base de cette dynamique crée par la conférence organisée en juillet 2008, c’est une impulsion décisive qui va être donnée à la crédibilité de la candidature de La Réunion au Patrimoine mondial. Cela explique pourquoi l’UICN s’est investi à ce point dans ce projet réunionnais, assumant la responsabilité de présenter et de recommander notre candidature à l’UNESCO.

Manuel Marchal


La zone centrale du Parc national au Patrimoine mondial

L’UNESCO valide le travail de l’UICN pour La Réunion

Dans un communiqué diffusé lundi sous le titre "De nouveaux joyaux de la nature sur la couronne du patrimoine mondial", l’UICN se félicite de la réussite de candidatures qu’elle a recommandées. Parmi elles figure celle de la zone centrale du Parc national des Hauts. Voici l’extrait du communiqué relatif à La Réunion :

Suivant les recommandations de l’UICN, les paysages de l’île de La Réunion, le plateau de Putorana en Sibérie, et la zone protégée des îles Phoenix de Kiribati ont été ajoutée à la liste des sites du Patrimoine mondial par l’UNESCO. Le Comité a également décidé d’ajouter Danxia (Chine) à la liste.
Deux autres sites ont été étendus selon le conseil de l’UICN : le Monte San Giorgio (Italie et Suisse) et le Parc national de Pirin en Bulgarie.
L’île de La Réunion contient les plus significatifs habitats naturels refuges de biodiversité restant dans l’archipel des Mascareignes, incluant une série de variétés de forêts rares. D’imposants volcans, contenant des parois rocheuses abruptes, et des cirques naturels, aussi bien que de profondes vallées boisées et escarpées forment des paysages spectaculaires, d’une beauté saisissante.
« La Réunion contient une mosaïque impressionnante de paysage spectaculaires, et de très riches écosystèmes, mais aussi sert de dernier refuge pour beaucoup d’espèces menacées et en danger de tout l’archipel des Mascareignes », dit Tim Badman, responsable du programme de l’UICN relatif au Patrimoine mondial. « Contrôler les espèces envahissantes sera un défi permanent dans la gestion de ce bien ».
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