Culture et identité

Vincent Ogé (18e siècle) - Haïti

Témoignages.re / 6 mai 2010

Propriétaire et membre de la Société des Amis des Noirs, Vincent Ogé prend position pour l’égalité des libres et des affranchis.
Les colons refusent d’appliquer aux métis le droit de vote, que le décret de l’Assemblée nationale du 28 mars 1790 accorde aux hommes libres âgés de vingt cinq ans. En octobre 1790, Ogé et son ami Jean-Baptiste Chavannes prennent les armes et organisent une troupe armée de près de 300 rebelles dans la partie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), regroupant la majorité des esclaves français.
Repoussés par la garde nationale du Cap Français, constituée de 1500 hommes, ils trouvent refuge dans la partie espagnole, mais sont rapidement capturés et livrés aux autorités françaises coloniales.
Suite à un procès, Ogé et Chavannes sont torturés par le supplice de la roue et exécutés le 25 février 1791.

« Les dits Vincent Ogé jeune, […] et Jean-Baptiste Chavannes, [sont condamnés] à être conduits par l’exécuteur de la haute justice au-devant de la principale porte de l’église paroissiale […], et là, nu-tête et en chemise, la corde au cou, à genoux, et ayant dans leurs mains chacun une torche de cire ardente du poids de deux livres, faire amende honorable, et déclarer à haute et intelligible voix que c’est méchamment, témérairement et comme malavisés, qu’ils ont commis les crimes dont ils sont convaincus, qu’ils s’en repentent et en demandent pardon à Dieu, au roi et à la justice ; […]conduits sur la Place d’Armes […] et d’y avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vifs, sur un échafaud […], et mis par l’exécuteur de la haute justice sur des roues, pour y rester tant qu’il plaira à Dieu de leur conserver la vie ; ce fait leurs têtes coupées et exposées sur des poteaux ; […]Extrait du procès Ogé / Chavannes


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