Culture et identité

Viv la litératir kréol rényoné !

Soirée littéraire avec l’UDIR et Axel Gauvin

Correspondant Témoignages / 7 mai 2014

Le vendredi 2 mai dernier à la médiathèque François Mitterrand de Saint-Denis s’est déroulée une nouvelle édition du "Démay lo Kèr" organisé par l’Union pour la Défense de l’Identité Réunionnaise (UDIR), présidée par l’écrivain Jean-François Samlong. L’invité de cette soirée littéraire était l’écrivain et président de Lofis la Lang Kréol La Rényon, Axel Gauvin, qui a été interrogé notamment sur la littérature créole réunionnaise par l’écrivain et universitaire Jean-Claude Carpanin Marimoutou.

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De beaux échanges entre Jean-François Samlong, Axel Gauvin et le public lors de cette soirée très intéressante pou "démay lo kèr". (photo Sandra Emma)

Cette rencontre très chaleureuse a vu la participation de plusieurs dizaines de personnes, en particulier celle de nombreuses personnalités du monde culturel réunionnais, comme par exemple Daniel Honoré, Idriss Issop-Banian, Annie Darencourt, Céline Huet et bien d’autres. Elle a commencé par une présentation du parcours et de l’œuvre d’Axel Gauvin par Jean-François Samlong, autour de cette idée : « i fo lo bann mo i shant dan mon tèt ».

In grafi larkansièl

Voici cette présentation : « Axel Gauvin (pseudonyme : Vavet) est né à La Réunion en 1944 au Bois-de-Nèfles, à Saint-Denis, d’une mère institutrice et d’un père cultivateur, militant syndical et politique. Il mène des études secondaires à Saint-Denis et des études supérieures à l’École normale supérieure de Saint-Cloud. Il a été professeur agrégé de sciences naturelles.

Militant politique au Parti Communiste Réunionnais de 1968 à 1971 et de 1973 à 1977, il devient par la suite militant culturel et découvre le créole grâce à Boris Gamaleya. Il collabore à "Jeune Réunion", le journal du Front de la Jeunesse pour l’Autonomie de La Réunion (F.J.A.R.). Il participe par la suite activement, avec ses frères Robert et Georges, au journal "Le Nouveau Progressiste" et surtout aux revues "Bardzour" et Fangok".

Défenseur du créole et de la culture réunionnaise, il fait paraître en 1970 un petit recueil de poésie ("Letshi mir"), et sept ans plus tard un essai pour défendre la langue réunionnaise ("Du créole opprimé au créole libéré, défense de la langue réunionnaise", 1977). Son militantisme l’amène à tenter une alphabétisation d’adultes en créole. Il fait partie par ailleurs du "Group Oktob 77", auteur de "Lékritir 77". Il renoue avec l’écriture en étant co-auteur de "Listwar La Rényon" et en publiant dans un français régional son premier roman : "Quartier trois lettres" (1980). Puis suivront aux éditions du Seuil : "Faims d’enfance" (1987), "L’Aimé" (1990), "Cravate et fils" (1996), "Train fou" (2000).

Dans ses poèmes, en vers comme en prose, ainsi que dans sa pièce de théâtre "Les limites de l’aube ou La Borne bardzour", Axel Gauvin lutte contre l’aliénation, écrit son pays et traduit cette soif d’amour que l’homme brandit face à la mort et à la guerre. En tant que défenseur de la langue créole, il est président de Lofis la Lang et il se démène pour qu’on ait à La Réunion, comme à l’île Maurice ou aux Seychelles, une grafi larkansièl, une graphie du créole réunionnais pour tous ».

La littérature créole réunionnaise avance

Ensuite, les échanges ont été animés par Carpanin Marimoutou, avec la contribution d’un jeune chanteur et musicien talentueux, Sébastien Arhiman, porte-parole de l’association Tizarboutan, qui a livré plusieurs prestations : "Bélouva", "Kaloubadia", "Ni sar maroné".

Ces débats, très intéressants, ont porté sur plusieurs sujets ; comme par exemple les liens entre les contes oraux et écrits, la lutte du peuple réunionnais "pou mèt an lèr nout lidandité", nos problèmes sociaux dans la littérature réunionnaise etc… Ont été aussi évoquées les avancées de la concertation entre Réunionnais avec le Conseil de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement vers une graphie standard et consensuelle du créole réunionnais, ainsi que l’importance de l’enseignement de la langue créole. En tout cas, comme le montre notamment le concours "Prix LanKRéol", la littérature créole réunionnaise avance ; voilà qui est encourageant face à la politique assimilationniste de la bourgeoisie qui domine le pays…


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