Culture et identité

« Vive le bénévolat ! »

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 21 janvier 2011

Il y a un mois environ, le 15 décembre dernier, une conférence de presse a été tenue par Sudel Fuma, directeur de la Chaire UNESCO à l’Université de La Réunion, avec les représentants d’une dizaine d’associations pour lancer un appel à tous les Réunionnais à célébrer dans les mois qui viennent "2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la liberté". Depuis ce lancement, des associations et collectivités réunionnaises préparent des actions très diverses dans toute l’île pour marquer le 200ème anniversaire d’une grande révolte des esclaves à La Réunion.
En effet, il est très important de faire connaître cet événement historique par la population contemporaine et il y a de nombreux enseignements à en tirer, pour aujourd’hui comme pour l’avenir. D’où les échanges d’informations et d’idées entre les militants associatifs autour de cette célébration.
Ce fut le cas samedi dernier, lorsque le Comité des chômeurs et des mal-logés du Port a organisé une sortie avec ses militants bénévoles et amis. Pendant la visite à l’exposition de Miel Vert à La Plaine des Cafres et le repas dans une ferme-auberge du quartier, la célébration de "l’Année d’Élie" a été évoquée au cours de diverses conversations.

« Nous révolter »

Pour Maryse Dache, présidente de l’association, « la commémoration de la révolte des esclaves organisée par Élie en 1811 est indispensable pour faire respecter le droit des Réunionnais à la connaissance de leur Histoire ; mais ce droit est très peu respecté par le système éducatif et administratif de l’État. Or nous devons être informés de tout ce qu’ont vécu nos ancêtres et être conscients de tout ce que signifie cet héritage face à la situation actuelle ».
En effet, les associations réunionnaises comme celle de Maryse Dache, qui viennent en aide toute l’année aux personnes en difficulté, constatent que « cette situation s’aggrave, en raison de la politique injuste menée par le gouvernement. Nous devons donc nous révolter comme nos ancêtres de toutes les générations, qui ont combattu toutes les formes d’exploitation et d’oppression dont sont victimes de nombreux Réunionnais, privés d’emploi, de logement, de formation et de moyens de vivre ».
Lors du repas convivial qui a rassemblé les participants à cette sortie, Julienne Célesti a pris la parole dans le même sens. La présidente de l’Association générale des retraités de La Réunion (AGRR) et de la Maison des associations (MDA) a exalté « le travail exemplaire accompli par les militants bénévoles des associations au service du peuple réunionnais ». Et face aux lois du profit et de l’individualisme qui mettent à mal notre société, surtout les plus pauvres, cette militante associative, aussi compétente que dévouée aux autres, a lancé avec force cet appel, longuement applaudi : « plus que jamais, vive le bénévolat ! ».

Correspondant


Kanalreunion.com