Culture et identité

“Vol Somin Kann” à Vue Belle

La commune de Saint-Paul et la compagnie Acte 3 présentent

Cinthia Fontaine / 29 avril 2010

Pour la première fois, la pièce de théâtre “Vol Somin Kann” sera présentée sur le site historique de l’ancienne usine sucrière de Vue Belle, à La Saline Saint-Paul.

Le vendredi 30 avril, le samedi 1er mai et le dimanche 2 mai, dès 19h30, la vieille usine reprendra vie pour un spectacle tout en couleurs aux rythmes du roulèr et du kayamb. Bercés par un cœur de femmes, les spectateurs suivront les péripéties des habitants du Kartier Bofon (Saint-Benoît), riverains et témoins privilégiés de la fin de l’usine sucrière du même nom. Le spectacle se jouera en plain air et est totalement gratuit. Des ballades en charrette bœuf seront proposées au public dès 17h30. Des dégustations de repas lontan sous salle verte seront de plus offertes aux spectateurs. « Notre volonté de faire de Saint-Paul une commune où la culture est accessible au plus grand nombre et va à la rencontre des spectateurs à fait écho avec la volonté des créateurs de “Vol Somin Kann” de décentraliser la pièce dans d’autres lieux du patrimoine historique réunionnais. L’histoire de l’usine de Vue Belle, autour de laquelle s’est construit le village de La Saline, est par bien des points similaire à celle de Beaufonds », a souligné Suzelle Boucher, déléguée à la Culture de Saint-Paul.

Un spectacle inspiré de la réalité

La pièce jouée pour la première fois en 2007 dans un champ de cannes près de l’usine de Beaufonds s’inspire de témoignages authentiques rassemblés par l’universitaire Sonia Chane Kune en 1997, quelques mois après la fermeture de l’usine.
L’universitaire avait rencontré à cette époque des ouvriers de l’usine et des habitants du quartier. Elle va ainsi recueillir de nombreux témoignages sur cet événement décisif qui va marquer la fin d’une époque. « L’usine de Beaufonds n’est pas la première usine sucrière à avoir fermé, mais les conditions de cette fermeture ont été particulières. Elle marque la fin du sucre à Saint-Benoît, c’est-à-dire dans la région qui a été le berceau de l’industrie du sucre à La Réunion (c’est à Beaulieu que la première sucrerie de l’île avait été implantée en 1785). Par ailleurs, cette fermeture n’a été marquée par aucun mouvement social. Certains parlent de fatalité. Mais cette fermeture, fin 1995, ne coïncide-t-elle pas aussi avec un changement de la perception que nous nous faisons du rôle de la canne dans la société réunionnaise ? », explique Sonia Chane Kune.

Un témoignage vivant

Au fil des entretiens, l’idée est venue que ces témoignages pourraient vivre sous une autre forme. L’universitaire contacte alors Lolita Monga et la compagnie Acte 3. La compagnie choisit de faire participer les habitants du quartier en organisant tout d’abord des rencontres autour d’objets lontan puis en faisant participer au spectacle des amateurs aux côtés des comédiens professionnels. Une quinzaine de ces acteurs, après une formation via des ateliers théâtre, participeront à cette représentation.
Ce sera la 25ème de cette pièce qui, comme l’explique son metteur en scène, a désiré, sans faire de nostalgie, resituer la place de l’usine sucrière au sein des quartiers et dans la vie de ses habitants. Une belle vie donc pour ce spectacle qui permet de connaître son passé afin de mieux appréhender son présent et pouvoir se tourner vers l’avenir.

CF


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