Hommage

Continuons le combat de Jean Ferrat

Décès d’un chanteur et militant exemplaire

Témoignages.re / 15 mars 2010

Beaucoup de Réunionnais ont été touchés par l’annonce samedi du décès du célèbre chanteur français Jean Ferrat à l’âge de 79 ans. En effet, cet artiste de renommée internationale était très apprécié dans notre île, non seulement pour ses talents et la qualité de son œuvre mais encore pour sa réputation d’artiste militant, dévoué pour les grandes causes de l’humanité. Durant toute sa vie, il a défendu les valeurs de l’idéal communiste, dénonçant toutes les formes d’injustices et d’oppressions dans le monde.
Un certain nombre de Réunionnais se souviennent que Jean Ferrat est venu à La Réunion dans les années 70. Il a été accueilli au Port par Paul Vergès, qui avait été élu maire de la cité maritime lors des élections municipales des 14 et 21 mars 1971. Le secrétaire général du PCR a proposé à l’artiste militant de visiter le plus grand bidonville de La Réunion à l’époque, le Cœur Saignant.
La visite de ce quartier fut l’occasion pour Paul Vergès de montrer à Jean Ferrat la misère dont souffrait le peuple réunionnais et, durant les années suivantes, le maire du Port a complètement transformé le Cœur Saignant comme toute la commune. Une visite qui a donc une signification très forte et une portée symbolique pour les Réunionnais.
Voilà pourquoi la meilleure façon de rendre hommage à Jean Ferrat est sans doute de continuer son combat pour la justice, la liberté, la paix et l’amour.

Dans sa biographie, RFI rappelle que Jean Ferrat est né Jean Tenenbaum ; il a 11 ans quand son père est déporté dans un camp d’extermination nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est sauvé par des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais. Chanteur engagé, il deviendra un compagnon de route du Parti communiste français. C’est donc sa si chère France qu’il chantait en 1969 ("Ma France"), que Jean Ferrat quitte trois décennies plus tard.
En 1956, sa passion pour Aragon lui vaut une petite notoriété grâce à la musique qu’il compose pour le poème "Les yeux d’Elsa" interprété par André Claveau.
Deux ans plus tard, Ferrat sort son premier 45 tours, sans résultat. Il lui faudra attendre la rencontre avec Gérard Meys, qui devient son éditeur et son ami, pour que "Ma môme" soit son premier succès.
En rappelant, dans certaines de ses chansons, l’héroïsme des marins du Potemkine, en fustigeant le patron du "Figaro" opposé à Ho-Chi-Minh, ou en chantant encore la France des travailleurs, Jean Ferrat permet de faire émerger une véritable culture du Parti communiste français.
Par cet engagement, il va connaître les méfaits de la censure, notamment à la télévision lorsqu’on lui demandera d’interpréter autre chose que "Potemkine", il quittera à plusieurs reprises les plateaux, mais pas celui de Michel Drucker en janvier 2003, qui sera sa dernière apparition en public.
Aujourd‘hui, Jean Ferrat nous laisse en haut de cette montagne qu’il trouvait si belle, qu’il aimait à perdre la raison, la femme qui était et restera à jamais l’avenir de l’homme.



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  • Si c’est vrai que la famille et proches de Jean Ferrat ont souhaité une cérémonie simples et intime pour ses funérailles, j’ai pu constater que beaucoup d e monde était là, mais pas un membre du gouvernement pour réprésenter :
    Curieux et triste, étant donné son talent, son humanisme, authenticité et grandeur d’âme...j’espère que cela n’a rien a voir avec ses convictions politiques ?
    Heureusement qu’il y a encore en France suffisamment de personnes évoluées et engagées qui savent apprécier ce qui est beau et bien et sauront continuer son combat !

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