Hommage

Franswa Sintomer nous a quittés

Décès d’un militant culturel

Témoignages.re / 13 juin 2014

Défenseur de la langue créole et de la culture réunionnaise, Franswa Sintomer nous a quittés. Franswa Sintomer était également un tisaneur, membre de l’APLAMEDOM. Voici un récit de sa vie paru dans la revue de cette association.

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Franswa Sintomer à la Petite France, devant une cuve pour la cuite du géranium.

Franswa Sintomer ardent défenseur de la culture et de la langue créole possède plusieurs cordes à son arc. Il est l’auteur du premier dictionnaire créole/français, a traduit en créole un album d’Astérix intitulé « La Kaz Razade ». On le connait aussi en tant qu’homme de radio avec RZFM, chanteur de Maloya et connaisseur des plantes.

Lorsqu’il parle de son parcours et de ce qui la poussé à s’intéresser de plus près aux PAM, Franswa nous raconte que, comme beaucoup de Réunionnais, durant son enfance il a été soigné par les tisanes de sa mère. Plus tard il devient infirmier et se rend parfois témoin d’acharnement thérapeutique qui lui paraît inappropriés. N’ayant pas oublié d’où il vient, il décide de s’immerger plus profondément dans la connaissance des plantes médicinales. Il se met en contact avec d’autres passionnés et praticiens de différentes régions du monde grâce à internet et en se plongeant dans les livres.

"Mwin la rod bann zinformasyon ek bann gramoun épi dann liv"

Il commence alors à conseiller les personnes de son entourage sur l’usage des plantes et plus tard il expose ses connaissances en la matière pendant plusieurs années à la télé et à la radio.

Dès lors, Franswa acquiert le statut de « tradipratiker » (tradipraticien). Il ne se prétend pas tizanèr mais se considère plutôt comme conseiller en tisane et en aucun cas il ne souhaite remplacer un médecin.

Avant de prodiguer ses conseils il demande aux personnes qui viennent le voir d’avoir un diagnostic médical. Pour lui les plantes médicinales ne sont pas un substitut des médicaments. Elles peuvent agir en complément, favoriser au bien être et à long terme éviter des petits soucis médicaux.

Il insiste sur la responsabilité et les précautions que doit prendre le tizanèr envers la personne qu’il conseille et différencie le tizanèr du revendeur qui n’est pas toujours un grand connaisseur des plantes et des dangers qu’elles peuvent provoquer.

A l’occasion du 20 décembre 2011 le groupe « Maronèr koméla » emmené par Franswa Sintomer nous propose un album authentique « fahafana » (liberté) empreint d’une véritable revendication identitaire.

APLAMEDOM


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