Hommage

« Hommage à notre ami Frédéric Bergamin »

Force Ouvrière

Témoignages.re / 14 avril 2014



Notre ami, notre camarade FORCE OUVRIERE et directeur à la retraite de l’école élémentaire de Domenjod, nous a quittés brutalement il y a une semaine. Issu d’une famille de 3 générations de directeur d’école, il était à la retraite depuis le 1er septembre 2013.

Il a débuté sa carrière d’enseignant en Algérie en tant que volontaire du service national actif de coopération. Au bout de 9 ans, il revient enseigner en France dans sa région et devient 2 ans plus tard directeur de l’école Saint Bonnet dans la Loire où son grand père, directeur d’école lui-aussi a été maire de la commune.

En 2000, il est muté à La Réunion. Pendant 13 ans, Frédéric était le directeur de l’école élémentaire de Domenjod avec plus de 400 élèves. Il avait en charge 3 écoles (Ilet Quinquina, l’école élémentaire et maternelle). Il avait à gérer une quinzaine d’enseignants et de personnels communaux qui comptaient sur lui car il savait faire son métier ! Frédéric, était un homme libre, un laïque, un homme pour qui la pensée unique n’existe pas. Toute sa vie, il s’est battu pour défendre l’école de la république, l’école gratuite pour tous, l’école qui instruise les enfants des ouvriers.

Dès son arrivée, il s’est battu pour rénover les 3 écoles dont il avait la charge. C’était un directeur actif dans sa fonction. Presqu’un mercredi sur deux, il allait à la mairie avec ses dossiers. Il sollicitait souvent l’élu du quartier pour faire avancer ses demandes de travaux (construction de préau pour les enfants, rénovation des sols des classes, réfection des façades, changement de la clôture de l’école, mis en place du réseau informatique et d’une BCD). C’était quelqu’un qui était très apprécié par tout le monde qui travaillait avec lui. Il n’oubliera jamais les personnels de Domenjod comme il le disait souvent et a été très touché des marques d’affection de ses collègues et du personnel communal lors de son départ à la retraite. Son travail était reconnu par l’inspection. C’était le directeur de tous, un directeur qui a su gérer tout seul le conflit lorsqu’on a décidé la fermeture des classes à l’ilet Quinquina. Malgré une fin de carrière difficile pour des raisons de santé, Frédéric Bergamin a tiré sa révérence et a marqué de son empreinte cette école. Il souhaitait encore travailler car il aimait ce qu’il faisait mais il n’avait plus la force de continuer.

Au-delà de ses activités professionnelles, Frédéric a été un militant syndical et politique très actif. En 1997, il se présente aux législatives dans la 7ème circonscription de la Loire comme candidat du parti des travailleurs et se bat à l’époque contre la mise en place de l’euro, de l’Europe des régions et du traité de Maastricht qui selon lui va appauvrir les peuples ….il faisait partie de tous les comités de défense des communes, de l’école de la république, de la sécurité sociale…Toute sa vie, il a milité, il est resté fidèle au syndicat FORCE OUVRIERE, à son syndicat des instituteurs et professeurs des écoles pour défendre l’école de la république. Toute sa vie, Frédéric s’est battu pour faire triompher la classe ouvrière. Il était convaincu et avait aussi une force pour convaincre les autres.

Pour lui, il n’y a pas d’échec mais de petites victoires et c’est ça qui nous encourageait à continuer le combat. Il disait toujours « il vaut mieux se tromper à plusieurs qu’avoir raison tout seul ». Frédéric avait du talent pour écrire. Avec un stylo et une feuille de papier, il savait en quelques mots écrire un éditorial, rédiger un communiqué de presse ou un tract, c’était plus une passion chez lui qu’un acte militant. Nul doute qu’à l’approche du 1er mai, nous aurons une pensée particulière pour ce militant d’exception. Frédéric était aussi un libre penseur et défendait avec conviction ses idées dans une ile où la religion joue un rôle important. Il aimait plaisanter tout en respectant les pratiques de chacun c’est pour ça aussi qu’on l’aimait. Jamais, il n’a blessé quelqu’un parce qu’il pensait différemment.

Avec son départ précipité, ceux qui l’ont connu sont tristes aujourd’hui. Il jouait aussi de la guitare, faisait du théâtre et aimait beaucoup la lecture. C’était quelqu’un de très cultivé. Il a écrit énormément de poésies et son rêve était de les éditer un jour. A ses proches de faire connaitre ses écrits sous forme de poèmes ou de chansons pour que sa mémoire vive le plus longtemps possible. Aujourd’hui, repose en paix mon ami, et que dans ce nouveau chemin, la révolution t’accompagne telle que tu la désirais. Sincères condoléances à tous ceux qui l’ont connu au nom de la famille FORCE OUVRIERE

Jean Paul Paquiry de FORCE OUVRIERE


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