Hommage

« J’ai perdu là un père »

Le Père René Payet nous a quittés

Témoignages.re / 9 septembre 2011

Père René Payet est parti en laissant la masse de ses frères et sœurs opprimés dans la tourmente. Celui qui a lutté et qui nous a montré la voie de l’engagement contre les injustices.
Dès l’annonce de la suppression des emplois jeunes en 2002, dans l’ancienne église de Bras Panon, devant des jeunes venus de toute l’Ile, il nous a accueillis.
Accompagné du regretté Père Cardonel, le militant René Payet, micro à la main, encourageait les jeunes en détresse de sa verve naturelle à se battre pour le maintien de leur emploi.
D’une voix douce et ferme à la fois, la main posée sur mon épaule, il m’a dit et répété : « Mène ce juste combat et je serai là pour t’encourager ». De là est né le collectif “Emploi en danger”.
Aujourd’hui, je voudrai rendre un grand hommage au Père René Payet, car sa force de conviction pour la justice sociale est le moteur qui, jour après jour, m’a tracé la voie pour œuvrer au service des opprimés, des abandonnés du système.
Ce grand homme m’appelait « mon fils » ! J’ai perdu là un père.

Jean-Hugues Ratenon, pour l’ARCP

• Une flamme intérieure

Le Père René Payet a été jusqu’au bout un fils de l’Eglise et de La Réunion. Il avait une fibre humaine extraordinaire avec une présence chaleureuse aux personnes qui étaient sur sa route. Il avait un sens aigu des solidarités et détestait les injustices. Il lui arrivait aussi d’être bouillant. Un moment, il s’est laissé porter vers l’action politique directe. Il a fallu alors une certaine distanciation d’avec le ministère presbytéral. J’ai dû prendre des décisions, mais, rapidement, il a retrouvé sa place active dans le clergé. Je l’ai appelé alors à faire partie de la Commission diocésaine Justice et Paix où il a apporté une contribution essentielle avec les autres membres du groupe. Il a terminé comme un bon curé de paroisse. Ces dernières années, il a été miné par la maladie, mais tous, nous gardons de lui le souvenir d’une flamme intérieure qui remuait, faisait bouger les choses et la vie. Remuant, mais fraternel. A Dieu René !

Mgr Gilbert Aubry

• Père René Payet, toujours aux côtés des pauvres

La mort du Père René Payet m’attriste. J’ai connu ce prêtre depuis de nombreuses années. Il a toujours été aux côtés des pauvres et des laisser pour compte. La fin de sa vie a été une souffrance, tous les chrétiens de La Réunion qui l’ont connu et admiré, nous prions pour lui.

Marc Kichenapanaïdou

« Un prêtre populaire et tolérant »

Au nom de tous les fidèles de La Chapelle la Lisère, Daniel Singainy présente ses sincères condoléances à toute la famille du défunt Père René Payet qui pour nous était un prêtre populaire et tolérant. Merci pour le combat politique et culturel que vous avez commencé pour les Réunionnaises et Réunionnais, et c’est ainsi que les élu(es) de gauche d’aujourd’hui ont marché sur le chemin que vous avez défriché. Merci aux anciens qui ont subi la répression pour nous. Vous n’êtes plus, mais vous serez toujours dans le cœur de chaque militant de La Chapelle la Misère. Que Dieu soit avec vous !

Maurice Singainy, pour La Chapelle la Misère

• Le Père René Payet : un pasteur « vrai »

Lorsqu’on le côtoyait, on sentait sa proximité avec Jésus ; elle transpirait et fortifiait ceux qu’il rencontrait. Sa foi n’était pas que connaissance, elle était rencontre avec son Dieu.
Le Père René Payet : un rebelle.
Au feu de l’Evangile, il déjouait les habitudes, les convenances et les notabilités établies.
Devant l’injustice, il prenait parti et bousculait ce que l’on croyait solide.
René aimait les gens.
Au milieu d’eux, il était heureux, son sourire et sa gentillesse illuminaient son visage. Tous le ressentaient.
René restait simple, pauvre et fraternel ; il ne recherchait pas la compagnie des puissants.
Depuis quelque temps, René était perdu dans son monde imaginaire, il n’était plus avec nous.
Cependant, dans la confusion de ses paroles, il semblait encore habité par un grand désir de justice.
Aujourd’hui, il est définitivement avec Dieu. Comme il aimait à le dire, « Merci Mon Dieu ».

Jacques et Cécile Le Pechon

« Un homme de conviction, un homme de foi »

J’apprends avec beaucoup de tristesse le décès du Père René Payet. Je garde le souvenir d’un homme accueillant, très chaleureux, à l’écoute de chacun, sachant se faire proche. C’était un homme de conviction, un homme de foi. Son pseudo était un message pour chacun de nous : "Tienbo".
Puissent les graines d’amour qu’il a semées porter beaucoup de fruits.

Geneviève Machefert


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