Hommage

L’Algérie rend un vibrant hommage à Jacques Vergès

El Moudjahid du 18 août

Témoignages.re / 19 août 2013

Le Président Bouteflika présente ses condoléances à la famille de Me Vergès : « Au-delà de sa finesse d’esprit et de son talent oratoire, Jacques Mansour Vergès nous laissera le souvenir d’un homme de passion, de conviction et d’engagement, qui a toujours eu à cœur d’aller généreusement jusqu’au bout des causes qu’il soutenait, ne craignant pas de braver les préjugés les plus ancrés et l’opinion courante, non certes par goût de la provocation, mais, fondamentalement, par souci de la justice et de la vérité. »

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Jacques Vergès

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a présenté hier dans un message ses « sincères condoléances » à la famille et aux proches de l’avocat du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre de Libération, Me Jacques Vergès, décédé jeudi dernier à Paris à l’âge de 88 ans. « C’est avec une très grande tristesse que j’ai appris le décès de notre valeureux compagnon de lutte Maître Jacques Mansour Vergès, ardent militant anticolonialiste, éminent avocat qui a marqué de son empreinte l’histoire du barreau et a apporté une inestimable contribution à la lutte de Libération de l’Algérie, notamment à travers le brillant et courageux combat qu’il a mené dans le cadre du collectif des avocats du FLN », a écrit le Président de la République dans son message.?

« Souvenir d’un homme d’engagement »

« Au-delà de sa finesse d’esprit et de son talent oratoire, Jacques Mansour Vergès nous laissera le souvenir d’un homme de passion, de conviction et d’engagement, qui a toujours eu à cœur d’aller généreusement jusqu’au bout des causes qu’il soutenait, ne craignant pas de braver les préjugés les plus ancrés et l’opinion courante, non certes par goût de la provocation, mais, fondamentalement, par souci de la justice et de la vérité », a souligné le Chef de l’Etat. Pour le Président de la République, « Jacques Mansour Verges était, pour reprendre ses mots, ‘‘un métis’’ et se revendiquait fièrement comme tel. De là sans doute le respect des cultures et des nations qu’il a constamment observé tant dans sa vie que dans son travail d’avocat et d’écrivain. »

« Faire sien le combat et le devenir de l’Algérie »

« De là aussi, la certitude profondément enracinée en lui que l’Humanité est riche de toutes ses différences, et qu’il importe d’œuvrer à abolir les frontières spirituelles qui séparent artificiellement les peuples et les sociétés. De là enfin la dénonciation qu’il n’a cessé d’exprimer à l’encontre de toutes les formes de racisme, de discrimination, d’oppression et d’injustice », a indiqué le Président Bouteflika.

« En ces moments infiniment douloureux, c’est d’abord l’homme d’exception, qui a choisi de faire sien le combat et le devenir de l’Algérie, que nous pleurons. En ce qui me concerne, s’ajoute le chagrin tout particulier que je ressens devant la perte d’un ami de longue date, cher à mon cœur, et dont je salue ici avec émotion la mémoire », a relevé le Chef de l’Etat. « A ses enfants, à tous les membres de sa famille, à ses proches et amis, je présente mes sincères condoléances et les assure de ma chaleureuse sympathie », a conclu le Président Bouteflika.

Le nom de Jacques Vergès sera attribué à la prochaine promotion du barreau d’Oran


Le nom de Jacques Vergès sera attribué à la prochaine promotion d’avocats du barreau d’Oran, a annoncé samedi le bâtonnier, Me Ouahrani Lahouari, dans un communiqué en hommage à l’anticolonialiste et grande figure des prétoires, décédé jeudi dernier à l’âge de 88 ans.

« Commémorant fin octobre 2013 la rentrée solennelle de son barreau, l’Ordre des avocats d’Oran y procédera lors de la leçon inaugurale à ses 250 avocats stagiaires, à l’hommage qui sera rendu à ce grand avocat, dont le nom sera associé à cette dernière promotion de robes noires », a indiqué Me Ouahrani.

A l’invitation du barreau d’Oran, Me Jacques Vergès avait assisté à trois sorties de promotions (2006, 2008 et 2010), durant lesquelles il s’était prêté volontiers aux questions des jeunes avocats stagiaires, répondant avec sa modestie coutumière par « chers confrères », « chères consœurs », a rappelé le bâtonnier. « Me Vergès avait également visité le Palais de justice d’Oran, se prêtant volontiers tant aux dédicaces qu’aux photos souvenirs, à la satisfaction des jeunes avocats qui avaient en face d’eux un grand nom de la Révolution algérienne et des prétoires », a-t-il souligné.

« Chantre d’une innovation dans la plaidoirie de la rupture avec l’ordre établi, Vergès s’est éteint définitivement mais ses préceptes continueront à être appliqués », a fait valoir le bâtonnier, mettant l’accent sur le rôle de l’homme au sein du collectif des avocats du FLN et ses démarches judiciaires entreprises en faveur de la moudjahida Djamila Bouhired, condamnée à mort lors de la guerre de Libération nationale. » ?

Message de condoléances du conseil de l’Ordre du barreau d’Alger


Le conseil de l’Ordre, au nom de l’ensemble de la corporation du barreau d’Alger, profondément affecté par le décès de son confrère maître Jacques Vergès, présente à la famille du regretté défunt ses sincères condoléances et l’assure de son entière sympathie.

La corporation des avocats d’Algérie se souviendra toujours de l’inlassable combat mené par Me Mansour Vergès dans le cadre de la défense des militants de la cause nationale. La force de conviction avec laquelle il a défendu les justes idéaux de liberté et d’indépendance de la Révolution nationale n’a d’égal que son indéfectible engagement en faveur des principes de l’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Il a su donner, aux côtés de ses confrères algériens, un éclat à la noble cause nationale, notamment au plan de sa lutte en faveur de la promotion des droits de l’homme et des libertés et une orientation d’avant-garde aux droits de la défense, tout particulièrement sur le plan de la rupture avec le système judiciaire colonial qui confondait les combattants révolutionnaires avec de vulgaires criminels.

L’apport de cet avocat d’exception dans la défense des causes justes restera dans l’esprit de ses confrères algériens, pour avoir appartenu au même barreau, l’une des figures emblématiques des droits de la défense ?et l’une des prestigieuses paroles qui ont su porter haut les messages de liberté et des droits fondamentaux, valeurs sur la base desquelles s’est projetée avec rayonnement et éclat notre glorieuse Révolution.?

 Le bâtonnier Abdelmadjid Silini 


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