Hommage

L’hommage de Dominique Besson à son défunt mari

Témoignages.re / 8 janvier 2011

Hier lors des funérailles de Marcel Soubou à Commune Primat, son épouse, Dominique, a lu un message très émouvant.

« Marcel,
Tu viens de nous quitter ; c’est dur, très dur... on ne veut pas y croire. Mais pourtant, c’est vrai. Tu ne seras plus parmi nous. Mais tu nous laisses tellement de choses. Des souvenirs, bien sûr, mais beaucoup plus aussi.
Tu nous laisses ta vision du monde, ta vision de La Réunion, ta vision de la vie. Une vision personnelle nourrie de ce que tu as pu lire — et tu lisais beaucoup —, nourrie des échanges que tu avais avec les autres. Nourrie de ton analyse, de ta réflexion. Nourrie de cette connaissance que tu avais de l’Histoire de notre île, bien sûr sur le plan économique, sur le plan politique, mais aussi sur le plan de la culture, de la musique, de la cuisine.
Je sais, tu n’aurais pas du tout aimé que l’on dise de toi que tu es une référence. Mais pourtant, c’est vrai, tu es une référence. Pas seulement pour Diêm ou moi, mais aussi pour celles et ceux que tu as formés, au fil des années, à Paris comme à La Réunion.
Cela n’a peut-être pas toujours été simple et facile de travailler avec toi — ou de vivre avec toi —, mais là, aujourd’hui encore plus qu’hier, on se rend compte de ce que tu nous as apporté. Et on se rend compte de ce que l’on aura plus. Comme des vrais faux messages reçus par lettre ou plus récemment par mails. Tu nous as tous piégés, au moins une fois, avec de vrais faux courriers ou de vrais faux messages.
Ce que l’on n’aura plus non plus, c’est ce savant mélange de sérénité et de force, de calme et de détermination qui était ta vraie personnalité. Cela me rassurait, et probablement, cela rassurait toutes celles et tous ceux avec qui tu as travaillé.
Cette sérénité et ce calme dont tu as fait preuve tout au long de ta vie, tu t’es débrouillé pour qu’ils t’accompagnent dans la mort.
Beaucoup de tes amis me l’ont dit : il est serein, il est calme. On dirait qu’il dort. On dirait qu’il sourit. Un de tes camarades m’a même dit : « Regarde comme il est beau ton homme ».
Oui, beau, brun et ténébreux. Toute ta vie et aujourd’hui dans la mort.
Tu as été un passeur de savoir, tu as été un conservateur de mémoire. À nous de continuer sur cette voie.
Et peut-être de faire plus. Là aussi, je sais que cela n’aurait pas suscité un enthousiasme délirant de ta part ; mais voilà, l’idée m’a été suggérée à plusieurs reprises ces dernières 24 heures : il faut faire vivre tes notes, tes écrits. Comment, je ne sais pas, mais je sais qu’il faut le faire.
Tu n’aimais pas non plus les longs discours et les grandes cérémonies. On aurait encore tant de choses à te dire. Mais je crois que là où tu es, maintenant tu le sais. Tu sais que l’on t’aime. »


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