Hommage

Réparer l’offense faite aux esclaves jusque dans leur mort

Hommage aux ancêtres morts sans sépulture

Témoignages.re / 1er novembre 2014

Vendredi 31 octobre 2014, veille de la journée sacrée où une majorité de Réunionnais célèbre le souvenir de leurs chers disparus, comme tous les 31 octobre depuis 2009, une assemblée de Réunionnais, réunis au cimetière du Père Lafosse à Saint-Louis, a renouvelé l’hommage rendu, par l’équipe de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, aux ancêtres morts sans sépulture.



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Une cinquantaine de personnes s’est réunie, au cimetière du Père Lafosse, à Saint-Louis, ce 31 octobre 2014, veille de la Toussaint. C’est à l’occasion de cette fête chrétienne qu’une grande partie des Réunionnais célèbre leurs ancêtres, en se recueillant sur leur sépulture.
Si cette cinquantaine de personnes s’est réunie au cimetière du Père Lafosse, c’est aussi pour célébrer des ancêtres disparus. Si cette cinquantaine de personnes s’est réunie la veille de la Toussaint, c’est parce que cette célébration concerne des ancêtres qui n’ont pas de sépulture.

En effet, en 1848, la moitié des humains qui peuplait notre île était, légalement, des meubles. Ils étaient esclaves. Leur humanité était niée. Jusque dans leur âme. Jusque dans leur mort. Pourtant ces esclaves étaient originaires de peuples dont la culture exige un traitement sacré des morts. Non seulement on les a arrachés à leur terre, on les a réduit en esclavage, on leur a privé de tout ce qui faisait leur identité, mais jusque dans la mort on a nié leur humanité en privant leur dépouille de sépulture.
Cela fait 5 ans, qu’à l’initiative de l’équipe de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, un hommage est rendu à ces ancêtres morts sans sépulture.

Hier le Père Reynolds MICHEL, qui officiait la cérémonie rappelait à quel point « cette privation de sépulture, particulièrement dans les cultures africaines et malgaches, équivalait à une certaine condamnation, un manquement à la mémoire, à l’intégrité du mort et à sa survie dans la communauté des vivants ».
Entre dépôt de gerbe, recueillement, prières, poèmes et chants, des anonymes et des personnalités se sont exprimées, notamment le maire, Patrick Malet, et l’ancien maire, Claude Hoarau, de la commune de Saint-Louis.
Hier, 31 octobre 2014, comme tous les 31 octobre depuis 5 ans, les ancêtres morts sans sépulture ont été célébrés.


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