Hommage

Roger Hoarau nous a quittés

Un militant fidèle est décédé

Témoignages.re / 7 janvier 2013

Samedi matin, une nouvelle s’est rapidement répandue dans toute La Réunion. Roger Hoarau nous a quittés, le PCR perd un dirigeant et un fidèle militant qui a exercé des responsabilités électives.

JPEG - 22.5 ko

Roger Hoarau venait d’entrer dans sa 75è année. Depuis sa jeunesse, il a décidé de s’engager dans les difficiles combats du Parti communiste réunionnais. C’est dans le Sud qu’il a mené de nombreuses actions, aux côtés du peuple, de la population de Saint-Louis.

À la fin des années 1960, le combat contre la fraude électorale réussit à rassembler au-delà des communistes. Cela permet les élections au Conseil général de Bruny Payet et de Jean-Baptiste Ponama à Saint-Paul, puis de Paul Vergès et d’Élie Hoarau à Saint-Pierre. En 1971, l’étau de la fraude se desserre dans quelques communes lors des municipales. Trois listes de rassemblement l’emportent à La Possession, au Port et à Saint-Louis.

Dans cette dernière commune, la liste d’union est élue avec le Dr Christian Dambreville, maire, et Roger Hoarau, premier adjoint.

Au cours de cette mandature, la ville va connaître plusieurs changements. C’est notamment la célébration du 20 décembre malgré le règne de la censure dirigée par Paris contre toute référence à l’identité réunionnaise. Roger Hoarau est donc un des principaux acteurs de l’inauguration du stade Raymond Mondon par Paul Vergès, maire du Port, le 20 décembre 1974.

En prison pour militantisme

En 1977, la division voulue par les socialistes empêche la victoire de la liste conduite par Gervais Barret. Cela offrit le poste de maire à Jean Fontaine, le premier député à siéger sous l’étiquette du Front national. La Mairie devint alors un point d’appui de la répression. L’année suivante, c’est cette répression qui frappa Roger Hoarau. À deux jours du scrutin, il est jeté en prison avec plusieurs camarades. Le lendemain du vote, il est relâché. Les "accusations" n’ont pas tenu trois jours. Comme de nombreux démocrates réunionnais, Roger Hoarau a payé d’un séjour en prison son engagement politique pour la décolonisation de La Réunion.

Il fut ensuite envoyé en mission par le PCR à L’Étang-Salé, où il devait faire face au maire José Pinna. Il jetait toutes ses forces dans la bataille, convaincu qu’une défaite aux élections n’empêchait pas les idées du Parti de progresser dans la population, ce qui était l’essentiel. Il fut ainsi le principal opposant au maire, aussi bien aux municipales qu’aux cantonales.

Vice-président de la Région

En 1992, il est candidat aux cantonales de Saint-Louis. Il est élu dès le premier tour. En 1995, il devient vice-président du Conseil général sous la présidence de Christophe Payet. Puis après la victoire de la liste du Rassemblement conduite par Paul Vergès, il est élu vice-président de la Région.

Trois ans plus tard, il démissionne de ce poste pour se présenter aux élections cantonales de 2001 dans le 1er canton de Saint-Louis. Il met en ballotage Cyrille Hamilcaro avant de céder au second tour.

Depuis lors, Roger Hoarau s’est consacré pleinement à son engagement de militant. Il a été de tous les combats à Saint-Louis, et il était aussi délégué lors de deux derniers congrès du PCR.

À ce fidèle militant, le PCR rendra hommage demain lors des obsèques qui auront lieu à partir de 10 heures. La veillée mortuaire débute pour sa part aujourd’hui à 10 heures, au centre funéraire de la Ligne Paradis à Saint-Pierre.

JPEG - 31.4 ko

En 1979, Roger Hoarau est arrêté puis libéré quelques jours plus tard. Une arrestation en pleine campagne électorale.

JPEG - 37 ko

Comme de nombreux autres camarades, Roger Hoarau était venu apporter sa solidarité à son frère Claude injustement mis en cause lors de sa sortie de garde à vue. (photo d’archives Imaz Press Réunion)



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Roger - Christophe : deux prenoms qui pou nou sak la sot la mer i koz. Roger HOARAU , Christophe PAYET , tous deux dirigeants de la politique du conseil general a l encontre des Reunionnaises et des Reunionnais qui vivaient en Metropole.
    Pour nous leurs actions volontaires et humaines au sein du Conseil General nous ont permis de creer la communaute Reunionnaise en Metropole. Le forum de DOURDAN en octobre 1995 fut le premier rassemblement de plus de 300 associations Reunionnaises de toute la Metropole. Ce fut le depart d une collaboration etroite entre nos dirigeants du departement et les responsables des associations Reunionnaises. Ce fut un budget jamais egale, plus de deux millions . Ce fut la creation de ce rassemblement annuel de toutes nos associations. Ce fut cette belle Maison de La REUNION , animee dans un esprit de solidarite et de developpement de NOTRE CULTURE. Nous avions un lieu d acceuil. Nous etions chez NOUS.Ce furent les naissances des collectifs des associations Reunionnaises par region.
    Roger et Christophe et toutes celles et tous ceux qui etaient avec eux nous ont reconnu comme des Reunionnaises et des Reunionnais. Enfin nous avions rejoint cette grande famille et ensemble nous avons mis fin a ce qui se disait de nous : Une communaute Invisible.
    C est aussi cela la mission de Roger . Ne pas oublier sak la sot la mer.
    Nous , nous ne l oublierons pas . Il a cree les plus belles pages de notre histoire Reunionnaise en Metropole.
    Comment ne pas le remercier et qu il entende la ou il est ce murmure de reconnaissance : Ni oubli pa ou, Roger.

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com