Hommage

« Un anti-colonialiste convaincu »

Dans le monde entier, des hommages multiples à un grand Réunionnais

Témoignages.re / 21 août 2013

Depuis le décès de Jacques Vergès jeudi dernier à Paris, "Témoignages" a déjà publié de nombreux hommages rendus non seulement par des citoyens réunionnais, mais aussi par ceux du monde entier à ce grand compatriote et citoyen du monde. Aujourd’hui, nous allons notamment citer plusieurs documents publiés à ce sujet par la presse africaine.

JPEG
Par exemple, dans "Algérie-Focus" du 16 août, on peut lire un article qui rappelle les nombreux combats menés tout au long de sa vie par l’avocat réunionnais et qui est intitulé : « Jacques Vergès, le plus algérien des avocats français ».

À ce propos, il souligne que « p our Georges Kiejman, autre avocat de renom en France, le combat algérien de Jacques Vergès restera dans les annales : "Pendant la guerre d’Algérie, il a été physiquement très courageux et a risqué sa vie. C’est sans doute la période la plus glorieuse de sa vie" ».

« L’avocat révolutionnaire »

Sous le titre « L’avocat révolutionnaire » , le quotidien "L’Expression" note ceci : « A nticolonialiste convaincu, sa carrière d’avocat avait débuté lors de l’affaire de la Sonacotra ; mais c’est son soutien pour les militants du FLN durant la guerre de Libération qui le rendra célèbre, aux yeux de l’opinion nationale et internationale ».

Il ajoute que pendant la guerre d’Algérie, « le jeune avocat parisien prend fait et cause pour le FLN et aura même un nom de guerre : "Si Mansour" ».

Et il conclut : « La justice internationale, qui a perdu un grand défenseur, a été fière et n’oubliera jamais la méthode Vergès, car avec son audace et son style, il a révolutionné la justice ».

« Au service de l’humain »

Dans le quotidien panafricain "Afrik.com", sous le titre « Me Jacques Vergès, un "salaud lumineux" au service de l’humain » , on peut lire notamment cela : « Le sulfureux défenseur de toutes les causes, qui a également mené un rude combat pour l’indépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’Occident, était aussi bien haï qu’aimé et admiré ».

Il ajoute : « Pour l’avocat Patrick Klugman, ancien président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), c’était un "immense acteur qui s’est servi de sa robe d’avocat pour illustrer les rôles qu’il s’était lui-même attribués" ».

« Un homme très humain, à l’écoute »

« Contacté par "Afrik.com", le responsable congolais d’une association, résidant en France, proche de l’avocat, le reconnaît bien en ces termes, soulignant sa forte présence en Afrique et la lutte que Me Vergès a menée pour l’indépendance du continent vis-à-vis de l’Occident.

"Jacques Vergès était un anti-colonialiste convaincu. Il a été très marqué par l’assassinat de Patrice Lumumba. C’était un homme très humain, à l’écoute, toujours joignable malgré ses occupations. Il avait même prévu de constituer un comité pour soulever les problèmes que vivent les Noirs en Libye" ».

« Sa "toge rebelle" »

Ce journal conclut : « Jusqu’à ses derniers instants, Jacques Vergès aura été l’objet de tous les fantasmes. Au grand étonnement de tous, l’avocat des indéfendables se produisait également au Théâtre de la Madeleine, narrant sur scène, avec son légendaire charisme, sa propre vie riche d’expériences.

Du lever au tomber du rideau, Jacques Vergès aura incarné de multiples rôles, tout en restant fidèle aux causes qu’il défendait. Ce n’est qu’au dernier acte, signant son dernier souffle, qu’il a rendu définitivement sa "toge rebelle" ».

« Jacques Vergès l’Africain »

Dans "Jeune Afrique", sous le titre « Jacques Vergès l’Africain » , il est écrit : « L’histoire de Jacques Vergès et l’Afrique commence à La Réunion quand, à l’âge de 10 ans, le futur avocat fait la connaissance d’Abdelkrim al-Khattabi, résistant marocain pendant la guerre du Rif. Impressionné par ce dernier, le jeune Vergès lui doit sans doute ses premiers émois révolutionnaires et anticolonialistes.

Plus tard, après avoir combattu dans la Résistance aux côtés du Général de Gaulle et des Forces françaises libres (FFL) puis obtenu le barreau, il propose ses services aux avocats qui défendent le Front de libération nationale (FLN) en Algérie, en 1957. C’est à ce moment-là qu’il tombera "amoureux des Algériens", qui lui donneront le surnom de "Mansour" (le victorieux), et luttera corps et âme pour leur indépendance ».


Kanalreunion.com