Hommage

Un vibrant hommage international à Roland Robert, « un grand Réunionnais »

Ce mercredi 30 avril au Conseil général

Correspondant Témoignages / 1er mai 2014

Beaucoup de larmes ont coulé ce mercredi matin au Palais de La Source à Saint-Denis, en ouverture de l’assemblée plénière du Conseil général. En effet, avant que soient ouverts les débats sur les diverses questions à l’ordre du jour de cette session, la présidente du Département a invité les conseillers généraux et le nombreux public présent dans la salle à « rendre un hommage appuyé à Roland Robert, notre collègue, qui nous a quittés ce 29 avril ».

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Aux côtés de Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, Mireille, l’épouse de Roland Robert, et leurs enfants, pendant la minute de silence. (photos Bruno Bamba)

Cet hommage a été rendu en présence de Mireille Robert, son épouse, de leurs enfants et de leurs petits-enfants. À la demande de Nassimah Dindar, il a commencé par une minute de silence en l’honneur de cet « idéaliste au service de La Réunion ».

Ensuite, la présidente du Conseil général a prononcé une allocution très touchante, qui a beaucoup ému la famille et le public, ainsi que l’oratrice elle-même. En effet, dit-elle, « c’est avec une immense douleur que j’ai appris, hier, le décès de Roland Robert, 1er vice-président du Conseil général, qu’il aura servi pendant 41 ans. C’est un grand Rénionnais et un grand Républicain à la fois qui s’en est allé. Membre fondateur de l’Union Démocratique des Étudiants Réunionnais, puis de l’Organisation Démocratique de la Jeunesse Réunionnaise, il fut l’un des grands combattants de la démocratie à La Réunion, à l’époque où celle-ci était ouvertement bafouée. Ses convictions lui ont valu de figurer parmi les victimes de "l’Ordonnance Debré" en 1961 et de devoir vivre en exil pendant 8 ans en France ».

« Sa grande loyauté et sa disponibilité sans faille »

Voici d’autres extraits de l’allocution prononcée par Nassimah Dindar : « De retour dans son île en 1969, il devint maire de La Possession en 1971, en même temps qu’accédaient au pouvoir d’autres progressistes, tel que Paul Vergès au Port, Christian Dambreville à Saint-Louis et Wilfrid Bertile à Saint-Philippe. Il porta sa commune sur la voie du développement pendant 43 ans, en trouvant l’équilibre nécessaire entre structuration urbaine et préservation du patrimoine naturel. En outre, sa fibre sociale était reconnue par ses pairs, qui le choisirent pour être le premier président de l’Union départementale des CCAS (Centres communaux d’action sociale) de La Réunion.

Il était aussi conseiller général depuis 1973. À ce titre, il occupa diverses fonctions, dont celle de vice-président du CNARM (Comité national d’action pour les Réunionnais en mobilité) pendant très longtemps. Depuis 2011, il était le premier Vice-président du Conseil général en charge de la Coopération régionale et des Affaires européennes. Je n’ai pu que louer sa grande loyauté et sa disponibilité sans faille au cours de ces trois dernières années ».

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Une forte délégation du PCR a participé ce mercredi à cette cérémonie au Conseil général, avec notamment Yvan Dejean, Maurice Gironcel, Élie Hoarau et Paul Vergès.

« Un grand bâtisseur de la coopération régionale »

Voici également pourquoi, selon le discours de Nassimah Dindar, cette cérémonie au Conseil général à eu non seulement une dimension réunionnaise — avec la présence d’une forte délégation du PCR et de beaucoup d’élus solidaires — mais aussi internationale, avec la présence de représentants des divers États de l’Indianocéanie : « Roland Robert était un pionnier et un grand bâtisseur de la coopération régionale. Il fut le premier maire à avoir, dès 1979, commencé à travailler sur les origines du peuplement de La Réunion, dont nous avons célébré le 350ème anniversaire l’an passé.

Il a ainsi mis successivement en place des jumelages avec Port-Louis (Ile Maurice), Antanifotsy (Madagascar en 1995), Foshan, près de Canton (Chine) en 1997, et Villeneuve d’Ascq en France en 1989. Il fut à ce titre membre du Bureau de la Fédération mondiale des villes jumelées.
Il avait également co-fondé, en 1986, l’Association des villes et communes de l’Océan Indien, qu’il avait présidée.

Il avait aussi longuement présidé l’Association des communes d’Outre-Mer (ACDOM), devenue Association des communes et collectivités d’Outre-Mer. Enfin, il était président de l’Association des maires du département de La Réunion. Association qu’il avait contribué à fonder en militant pour le rapprochement entre toutes les communes réunionnaises.

Au Conseil général, son action en matière de coopération régionale fut exemplaire. Il accompagna le co-développement en permettant à plus d’une soixantaine de Réunionnais, avec le soutien du CNARM, d’obtenir des expériences professionnelles et humaines dans la zone de l’océan Indien.

Il avait aussi à cœur de porter la coopération dans le domaine de l’eau au profit des populations isolées ou défavorisées à Madagascar, aux Seychelles ou encore récemment aux Comores ».

« Un militant du sport, de la jeunesse et de la culture »

Voici la suite du discours de la présidente du Conseil général : « C’est en ma présence que Roland Robert fut victime le 11 avril dernier de l’accident de santé dont les suites devaient malheureusement l’emporter, alors qu’il m’accompagnait au Conseil des ministres de la Commission de l’Océan Indien, qui se tenait aux Comores.
Je garderai de lui le souvenir d’un vice-président grand travailleur, désireux d’apporter sa pierre à la construction de l’édifice Réunion et qui est toujours resté fidèle à ses principes : modeste, humble, militant, fidèle à son parti (le Parti communiste réunionnais), ouvert aux autres, plaçant l’intérêt général de la population au-delà des contingences partisanes. Il était aussi un militant du sport, de la jeunesse et de la culture ».

Un « humaniste rigoureux »

Après avoir cité bien d’autres exemples de l’œuvre accomplie par Roland Robert, Nassimah Dindar a conclu : « J’ai beaucoup appris à ses côtés. Il me manquera comme il manquera à notre assemblée et à La Réunion toute entière. Je présente toutes mes condoléances à son épouse, Mireille, et à ses enfants et à tous les Possessionnais, dont il fut l’un des plus ardents défenseurs et l’un des meilleurs ambassadeurs.

Je vous propose que nous regardions quelques photos relatant sa vie consacrée au services des Réunionnaises et Réunionnais sur un fond de maloya dont il a été l’un des premiers défenseurs et son meilleur ambassadeur ».

Cette projection, également très émouvante, a été suivie par une intervention du préfet de La Réunion, qui a aussi rendu un hommage très chaleureux à Roland Robert. Dans son hommage, il a notamment salué l’œuvre de l’élu communiste dans la coopération entre les communes, entre les pays de notre région et entre les divers "départements d’outre-mer". Le représentant de l’État a également regretté que ce militant « humaniste rigoureux » a été victime de l’ordonnance du 15 octobre 1960 et il a félicité Roland Robert pour « son ouverture aux interlocuteurs et sa gentillesse ».

Philippe Robert, le fils de Roland, a remercié chaleureusement les intervenants et le public, avant d’inviter la population aux obsèques du défunt ce jeudi à La Possession. Une intervention saluée par une longue ovation, qui a clôturé cette cérémonie.

Correspondant



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  • Pour notre Association des Amis de Témoignages en France.Roland Robert fait partie de ces grands hommes qui ont marqué la Vie Politique Réunionnaise.Un grand humaniste au service de son peuple .Pour nous Réunionnais de l’hexagone , cet homme victime de l’ordonnance Debré , restera un de ces grands combattants qui nous a permis de s’organiser pour se faire entendre et porter nos revendications.Les échanges que les compatriotes ont eu avec lui ,lors de la fête de l’humanité en Septembre 2013,nous ont boosté afin de prendre encore plus notre place dans cette société ou de plus en plus de nombreux Réunionnaise et Réunionnais souffrent.

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