Rogar

L’ange du maloya

Hommage à Alain Peters

Jean Fabrice Nativel / 20 juillet 2013

À 43 ans le 12 juillet 1995, Alain Peter, cet ange du maloya, quitte la terre de La Réunion pour le paradis des poètes. Né le 10 mars 1952 à Saint-Denis, le Chaudron était sa parcelle de vie. À la bibliothèque intercommunale (CINOR) du Moufia qui arbore son nom, un hommage lui a été rendu vendredi dernier en chants et poèmes.


Des applaudissements de concert ont animé la soirée en hommage à Alain Peters à la Médiathèque du Moufia (Saint-Denis) au nom de ce poète et musicien réunionnais.

C’était le vendredi 12 juillet, c’est-à-dire 8 ans après son dernier souffle, que sa famille, amis, anonymes ont salué le talent de cet auteur qui a apporté une nouvelle impulsion au maloya.

Boucles d’or

Il lui a donné des couleurs arc-en-ciel, de souffrance, d’espérance. Ses chansons sont aujourd’hui reprises… et même par des rappeurs, en particulier ceux du Chaudron (quartier de la capitale). Cette cité l’a vu vivre dans la douleur, dormir à même le macadam… Tous, on a été affectés de le voir dans ses déboires. Pour in kou’d sèk , il donnait vie à une mélodie.

Alain Peters reste un homme d’une grande simplicité, gentillesse… un rebelle. Longs cheveux aux boucles d’or, là où il se trouvait, il ne pouvait passer inaperçu. Son look hippie, il s’affichait ainsi.

Ses amis ont tour à tour (vendredi) — l’un d’entre eux est venu de Jérusalem — avec cœur fait bercer le public de ses notes éternelles : “Mangé pour le cœur”, “Rest la maloya”, “Caloubadia”, etc. À écouter aussi : “Ti pas, ti pas n’arriver”, “Complainte de Satan”, “Waïo maman”, “Plime la misère”…

Des dalon d’hommages

Alain Peters crée en créole. Son père l’invite à la musique et il est de l’orchestre de Jules Arlanda à la guitare. Au contact de Jean Albany, il opte pour cette belle écriture dans les années 1970 pour des mélodies séga, maloya, rock. Dans un studio bricolé au sous-sol du cinéma “Royal” (Saint-Joseph) l’aventure commence.

Avec ses dalons René Lacaille, Joël Gonthier, Bernard Brancard, Hervé Imare, Loy Ehrlich, ils réalisent les opus de “Caméléons”. On le retrouve au sein des “Lords”, “Pop décadence”, “Carroussel”, “Satisfaction”.

Ce n’est un secret pour personne, cet artiste a sombré dans l’alcool. Il s’est relevé pour être abstinent, les projets pleins la tête. Rêves qui depuis ont vu le jour au paradis des poètes.

Reportage JFN

Symbiose chants et poèmes

Pansé dé dalon

• Ananda Devi et Yoland (son compagnon), Emmanuelle Peters et les musiciens, Rozenn Garandel (accordéoniste), Bernard Brancard (roulèr), René Sita (guitare), Loran Dalo (pèrkusion) ; Max Guichard dit David Moshe (un Réunionnais installé à Jérusalem) ; Benoît Duberville ; ZanMari Baré et Tikok Vellaye — chansons — ; Annie Darencourt et Patrick Cazanove, Céline Huet, Daniel Pader — poèmes.
Rest la maloya et Romans pou in zézèr

• On peut apprécier tout le talent d’Alain Peters dans Rest la maloya. Cet album a été produit par Cobalt mélodie et enregistré en live au Festival Africolor (2000). A ses côtés, on retrouvait Loy Ehrilch, Joël Gonthier, Bernard Marka, Tikok Vellay et Danyèl Waro. Et pour les plus chanceux sur la cassette Romans pou in zézèr. Son nom a été attribué à un prix valorisant la voix.
Le mot de la Rédac’

Un paraboler

« Moin pas in beau paroler, moin just in paraboler ». À une grande personnalité de la musique réunionnaise, sa famille, ses amis et des anonymes ont rendu hommage le vendredi 12 juillet à la bibliothèque du Moufia. D’ailleurs, cet espace de culture porte son nom : Alain Peters. Bravo à l’équipe organisatrice de cet événement : la Bibliothèque intercommunale de la CINOR !
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