APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
10 décembre 2008, par

La Grèce n’est certainement pas le pays le plus pauvre de la planète. Située au cœur de l’Europe, elle vient pourtant de vivre trois journées d’émeutes, avec des manifestations de jeunes lycéens, étudiants, travailleurs, des ripostes aux violences policières, des incendies de bâtiments et de véhicules, des attaques et pillages de banques, commerces etc...
Ces soulèvements, qui ont touché de nombreuses villes grecques, ont été provoqués notamment par la mort, samedi dernier à Athènes, d’un adolescent tué par la police. Mais, comme le disait lundi soir l’envoyée spéciale de France 2 en Grèce, cette « bavure policière » n’a été qu’un « détonateur dans un système social qui ne va plus » et qui est marqué par le chômage, l’exclusion, la précarité, les discriminations.
Cependant, comme le montre l’actualité, le feu couve partout sur la planète, y compris à La Réunion, où le système social “va” encore moins bien qu’en Grèce, à cause des carences de l’État. Et, comme Paul Vergès l’a souligné depuis longtemps sous les sarcasmes des conservateurs, il suffit du moindre détonateur pour que notre société explose ou implose.
Plusieurs événements survenus ces derniers jours dans notre île montrent l’ampleur du mal-vivre de nombreux Réunionnais et de leur inquiétude pour l’avenir. On peut citer par exemple :
- les manifestations de lycéens, d’étudiants et d’enseignants devant la casse du service public éducatif ;
- le cri d’alarme de professionnels du Bâtiment et des travaux publics devant le manque de chantiers ;
- les S.O.S. de syndicats, d’organisations humanitaires et de consommateurs devant le manque de pouvoir d’achat des chômeurs, des exclus, des précaires, des mal-logés et des travailleurs pauvres ;
- la mutinerie de prisonniers à la maison d’arrêt de Saint-Denis ;
- l’appel de la CGPER à augmenter les pensions des agriculteurs retraités ;
- le caillassage de cars scolaires à Saint-Benoît ;
- la protestation prévue ce mercredi au Port par les professionnels de la pêche, menacés de ruine...
Les exemples quotidiens de ces problèmes sociaux ne manquent pas. Les vexations, malaises et frustrations qu’ils génèrent durent. Souvent ils se transforment en exaspérations, puis en violences familiales et sociales. L’urgence est à l’élaboration et à la réalisation d’un projet réunionnais de développement durable, dans le cadre d’un partenariat institutionnel. Car de la Grèce à La Réunion, l’explosion sociale reste possible.
L. B.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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