APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
29 mai 2008

« Sans unité, les peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles victimes de l’impérialisme et l’exploitation »
Julius N. Nyerere, Premier Président de la Tanzanie libre.
A l’image de beaucoup de regroupements régionaux, les 53 pays d’Afrique sont réunis sous une même organisation d’Etats : l’Union Africaine (UA), créée en 2000. La taille de Africa, les spécificités sous régionales ont nécessité la création d’un certain nombre de sous regroupements étatiques tels la CEDEAO (15 Etats), la CAE (5 Etats)... mais aussi la SADC (Southern African Development Comunity). Quatorze pays composent cette dernière Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe créée en 1980 : la RDC, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Swaziland, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana, l’Angola, Madagascar, l’Ile Maurice et la Tanzanie.
Les Kamar hors de cette COI bleu blanc rouge
N’est-il pas surprenant de ne pas voir aussi les Kamar siéger dans cette Communauté aux côtés d’îles comme Madagascar et Maurice ? Ce qui est par contre très étonnant, c’est de voir encore aujourd’hui les Kamar être membre de la discrète, mais “efficace” COI (Commission de l’Océan Indien).
La toute récente “crise” des Kamar qui a vu l’aide militaire de pays africains - le Sénégal, la Tanzanie, la Libye, et le Soudan - pour déloger le dictateur Mohammed Bacar du pouvoir est riche d’enseignements. Une nouvelle ère s’ouvre aux Kamar où, pour la première fois de son histoire, le Président décide et agit selon les seuls intérêts du Kamarien. Oubliées les manipulations des forces occultes, car lorsque les Africains s’unissent et parlent d’une même voix, les faux amis de Africa et leurs médias sont désorientés, voire perdus.
C’est dans ce mouvement d’Union et de Paix africaines que l’adhésion, voire le débarquement rapide des Kamar au sein de la SADC, trouve sa justification.
Des raisons à la fois linguistiques, économiques et stratégiques
Les quatre langues - anglais, swahili, portugais et français - parlées dans la SADC seront pour le Kamarien une porte ouverte sur le monde. S’enfermer dans cette seule francophonie, c’est avoir la certitude de stagner dans la même zone d’influence. L’avenir économique et intellectuel du Kamarien passe obligatoirement par la maîtrise de la langue de Shakespeare à l’instar de nos voisins malgaches qui viennent de choisir l’anglais comme langue nationale. Quant au swahili, il résoudra à jamais le problème de l’inexistence d’une langue commune à l’archipel, condition sine qua non pour la construction de la Patrie Kamarienne, pour l’émergence d’un sentiment national.
D’un point de vue économique, le peuple kamarien a beaucoup plus à gagner à faire partie de cette Communauté composée de l’Afrique du Sud qui, avec le Brésil, la Chine, l’Inde, fait partie des puissances mondiales économiques émergeantes. L’Afrique, dans un élan de fierté et de révolte, a dit “non” à la camisole des Accords de Partenariats Economiques (APE). “Non” à la libéralisation sauvage des échanges commerciaux. “Non” à ces ultimes avatars du “pacte colonial”. Cette cruciale victoire de l’Afrique pilotée par une nouvelle génération de jeunes dirigeants est un signe supplémentaire de la nouvelle ère que connaît notre beau Continent. Cette new generation doit aussi savoir dire “oui”. “Oui” à une coopération Sud-Sud, car comme le disait Thomas Sankara « ... nous devons faire en sorte que le marché des Africains soit le marché des Africains, produire en Afrique, transformer en Afrique, consommer en Afrique [...], produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu d’importer... ». Cet échange interafricain sensibilisera les Kamar de l’urgence de la Révolution Verte (Terre) et Bleu (Mer), de l’importance d’une réforme agraire ambitieuse telle qu’appliquée par certains voisins de la SADC. Entre la timide réforme agraire du Sud-africain Thabo Mbeki et celle ambitieuse et courageuse de Mugabe au Zimbabwé, les Kamar ne peuvent-ils pas s’inspirer de ces modèles de réformes économiques pour qu’enfin, le pays cesse d’importer alors que la Terre et la Mer ne sont pas exploitées ? La crise alimentaire mondiale actuelle apporte un message clair à tous nos dirigeants africains et tous les pays du Sud.
Devant les crises mondiales croissantes, s’allier stratégiquement à des partenaires régionaux devient crucial. Lorsque les 264 millions d’habitants de la SADC parlent d’une même voix unie, cette voix est mieux entendue. Ainsi, un pays de quelque 60 millions d’habitants ne viendra plus jouer au gendarme sous les Tropiques. Car un pays comme les Kamar, une fois entouré de ses vrais amis, évitera que les vautours de la “Françafrique” aient une main mise sur l’archipel en divisant pour mieux régner. Dès les années 60, de Grands Hommes militants du panafricanisme ont mené des luttes courageuses pour la liberté de l’Afrique, pour la souveraineté des jeunes Républiques africaines et surtout contre l’impérialisme. On peut citer le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen Kwamé Nkurumah, le Tanzanien Julius Nyerere, le Congolais Lumumba, sans oublier le Père des nations africaines : Nelson Mandela.
Il est temps que les Kamar se battent pour le droit de choisir leurs partenaires pour que le slogan de la puissante SADC « Towards a common future » illumine aussi la lune du drapeau des Kamar.
Quel Patriote panafricain osera porter ce message de Paix et d’Union aux Kamariens ?
K. AB
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Messages
4 juin 2008, 17:18
Cet article est intéressant. J’ai déjà eu l’occasion de le dire à son auteur et je lui remercie sincèrement pour ses réflexions et ses idées géniales pour les Comores.
Je partage un certains nombre de choses avancées dans cet article. Surtout celles qui ont un rapport avec les types de coopérations qui doivent lier les Comores et le reste du monde.
Je pense qu’il a raison de s’interroger sur la participation des Comores dans des institutions comme la Francophonie et la Commission de l’Océan indien. Je m’interroge aussi. Pourquoi les Comores continuent de faire partie d’une organisation dont les membres leur sont hostiles ?
Depuis l’indépendance de ce pays la France ne cesse pas de lui mettre des battons dans les roues. Avec les assassinats politiques et la déstabilisation. La présence de la France dans ces deux institutions devrait suffire pour que les Comores les quittent.
Je crois que l’intérêt d’être membre d’une même organisation doit être le respect, la coopération et l’aide mutuelle et pas la haine et l’affrontement. Alors les Comores devraient quitter la Francophonie et la COI. La haine des Réunionnais envers les Comoriens est bien connu, il n’y a pas de raisons pour que les Comores y soient membre.
Par contre, je ne suis pas d’accord sur l’idée principale de l’article, « le débarquement des Kamars dans le SADC ». Ce débarquement serait contre productif. Pour plusieurs raisons. Ce pays participe déjà dans des ZEP (zones d’échanges préférentiels), comme la COMESA, je n’y vois pas l’intérêt des Comores.
Les ZEP sont une chance de développement pour les pays membres. Car les mécanismes d’intégration régionale, par le biais d’économie d’échelle et de la concurrence, peuvent entrainer des effets positifs pour les économies des Etats membres.
Toutefois, ces bénéfices ne sont pas automatiques. Il faut que les pays, avec l’élargissement des marchés et les opportunités liées à des possibles investissements, soient en mesure de mettre en place les politiques et les reformes nécessaires pour que l’intégration soit une réussite.
Economiquement, les Comores ne s’y retrouveront pas dans cette organisation. Je prends un seul exemple, sur la fiscalité. Les Comores seraient perdants en cas de libre échange dans la mesure où ils seraient obligés d’ouvrir son marché sans droit de douane ou actuellement avec des droits préférentiels aux produits des pays membres de la SADC. Une étude de la Banque mondiale (2000b) a montré, dans le cadre même de la SADC, que si le libre-échange venait à y être introduit, la perte en recettes fiscales peuvent être lourdes pour des pays comme la Zambie ou le Zimbabwe qui pourraient perdre la moitié de leurs recettes douanières (ils représentent respectivement 6 % et 10 % des recettes publiques dans ces pays).
Et Dieu seul sait que cet argent est plus important dans des pays comme les Comores.
Politiquement et culturellement, c’est discutable. Ce qui se passe en Afrique du Sud aujourd’hui, avec la mort de plus de 62 personnes sans compter les blessés dans les émeutes xénophobes contre les populations des pays voisins et membres de la SADC, doit nous interpeler. L’Afrique du Sud, ce géant, n’est pas un exemple politiquement et culturellement pour nous. Ces récents événements montrent que ces Sud africains ont la mémoire courte. Ils ont oublié qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient persécutés, humiliés et marginalisés par un régime ignoble et raciste (l’apartheid). Les pays voisins et ces populations, aujourd’hui persécutés les ont accueilli et préparé la résistance ensemble. Voilà la récompense.
Kad