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Lutte contre le chikungunya
30 juin 2007

Des chercheurs de l’Institut Pasteur ont effectué une importante découverte. Ils ont identifié les cellules cibles du virus. Cette avancée permet de renforcer l’espoir pour un traitement. Cela ne concerne pas seulement La Réunion. À titre d’exemple, une épidémie de chikunugunya en Inde a frappé plusieurs millions de personnes.
Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS ont identifié pour la première fois des "cellules cibles" du virus du chikungunya, une découverte qui permettra de mieux cibler d’éventuels traitements contre l’infection qui a contaminé plus de 250.000 personnes à La Réunion en 2005.
Une épidémie sévit actuellement au Gabon, où 11.500 cas ont été recensés depuis le mois d’avril, après une vaste contamination en Inde, où on estime qu’entre 1,4 et 6,5 millions de personnes ont été touchées de 2005 à 2007.
Avec ces avancées scientifiques parallèles, menées en collaboration avec des médecins de La Réunion, « on lève une partie du voile sur le cheminement potentiel de l’infection » dans le corps humain, a déclaré à Reuters Pierre-Emmanuel Ceccaldi, co-responsable de l’étude menée à l’Institut Pasteur.
« Jusqu’à maintenant, on n’avait aucune idée de quelles cellules étaient infectées (...) Cela permettra de mieux cibler certains traitements potentiellement actifs », a-t-il ajouté lors d’un entretien téléphonique.
Attaque des macrophages
Pour l’immense majorité des personnes atteintes du chikungunya, également appelé la « maladie de l’homme courbé », les symptômes sont d’importantes douleurs dans les articulations (arthralgies) et dans les muscles (myalgies). Elles peuvent s’accompagner de maux de tête.
Une équipe de chercheurs dirigée par Olivier Schwartz est parvenue à démontrer in vitro que le virus ne se multipliait pas dans les cellules sanguines circulantes comme les lymphocytes mais qu’il se répliquait dans les macrophages, des cellules d’origine sanguine localisées dans les tissus (foie, poumons, etc.).
A titre de comparaison, on sait que la rage attaque les cellules nerveuses et le sida les cellules du sang. « Dans les tubes à essai, le chikungunya cible les macrophages », a expliqué Pierre-Emmanuel Ceccaldi.
Les macrophages sont des cellules qui ont la propriété d’ingérer et de détruire d’autres particules (abîmées ou vieillies, particules étrangères, bactéries). Ils constituent le premier organisme de défense cellulaire contre les agents infectieux.
Une autre étude, réalisée cette fois sur des biopsies de tissus prélevés sur des malades, a montré que des "« cellules précurseurs des cellules musculaires étaient infectées par le virus » du chikungunya, précise un communiqué commun de l’Institut Pasteur et du CNRS.
Ces cellules, qui interviennent dans la régénération du muscle, pourraient donc être "un réservoir de virus" et être impliquées dans la récurrence des crises chez certains malades.
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