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Logement social : Derrière les annonces, la pénurie demeure

16 juin 2011 Geoffroy GÉRAUD-LEGROS

Le représentant de l’État présentait hier midi un « bilan de mi-parcours » des actions menées par l’État et ses partenaires dans le domaine social. Un constat qui, s’il signale une sortie du chaos administratif de l’ère Maccioni, montre des objectifs bien loin d’être atteints, alors que le logement social est au cœur de la crise qui secoue La Réunion.

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<p>La construction de logements n'est pas à la hauteur des besoins, le gouvernement a failli.
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La construction de logements n’est pas à la hauteur des besoins, le gouvernement a failli. (photo Toniox) (photo Toniox)

Même en affirmant un bilan « nécessairement contrasté » des actions menées dans le cadre du logement social, le Préfet Michel Lalande n’était pas loin de s’accorder un satisfecit lors de la conférence de presse donnée hier en Préfecture. Premier point positif soulevé par le représentant de l’État : la croissance des moyens issus du combiné Loi LBU (Ligne budgétaire unique) et défiscalisation.

Satisfaction affichée

Selon les services de la Préfecture, la dotation initiale est passée de 93 millions 400.000 euros pour 2010, avec un complément de 9 millions 800.000 euros, à 94 millions 465.000 euros pour 2011. Au cours de cet intervalle, la part de la défiscalisation est de son côté passée de 100 à 143 millions d’euros. Au total, ce sont « 237 millions d’euros » que le préfet dit mettre sur la table, envisageant une livraison de plus de 4.000 logements sociaux — dont 1.000 seraient prêts à la mi-étape actuelle — pour l’année 2011. M. Lalande a ensuite précisé les améliorations apportées au traitement des dossiers, assujettis avant son entrée en fonction à une série de lourdeurs administratives, et même parfois à d’invraisemblables circuits bureaucratiques impliquant des allers-retours de documents entre La Réunion et la Métropole. Bref, le Préfet a voulu faire savoir qu’il travaille, et que « la commande publique était de retour dans le logement social ». Constats appuyés par le dirigeant de l’ARMOS, qui a rendu un hommage appuyé à Marie-Luce Penchard pour avoir « réglé auprès de ses services » la question du « rabotage, qui ne touchera pas le logement social ».

Désordre administratif : sortie de l’ère Maccioni ?

Certes, le Préfet travaille. Il lui faut d’ailleurs redoubler d’efforts pour réorganiser des services notoirement transformés en Ecuries d’Augias par son successeur, Pierre-Henry Maccionni, plus impliqué dans le jeu politique réunionnais que dans la mise en œuvre des programmes sociaux. Le constat au départ de ce dernier était d’ailleurs celui d’une faillite dans le domaine du logement. Si satisfaisants qu’on les juge, les résultats en cours pour 2011 et les projections pour 2012 sont loin d’être à la hauteur des besoins immenses du parc locatif réunionnais, qui enregistre plus de 20.000 demandes en attente, pour un parc locatif estimé à un peu plus de 58.000 logements en 2010. Pour satisfaire les attentes des Réunionnais, le parc devrait donc s’accroître de 42%… soit presque augmenter de moitié.

La dynamique de crise demeure

Or, force est de constater qu’au-delà des variations annuelles et des ajustements structurels auxquels procède le gouvernement dans le cadre d’ailleurs fort contestable de la LBU, la tendance est à la baisse de la production de logements. Si plus de 22.000 logements avaient été livrés entre 1990 et 1999, leur nombre est tombé à 13.000 environ pour la période 2.000-2009. Le but affiché, et d’ailleurs loin d’être réalisé, de livrer 5.000 logements sociaux dans les années qui viennent, contre un peu plus de 3.800 cette année, est loin de la cadence nécessaire aux besoins du parc locatif, qui exigeraient la construction de 9.000 logements par an. Hors de la logique comptable et des effets de chiffre, la réalité n’a cessé de rappeler quelle crise aigüe frappe le logement social à La Réunion. Dernièrement, l’affaire des sans-logis du Port et de Saint-Paul, instrumentés par l’opposition contre les élus de ces communes, pourtant les plus actifs dans le secteur de l’habitat social, a montré quelles graves conséquences pouvait avoir la pénurie de logements qui, quoiqu’on en dise, n’est pas en voie de résorption.

Geoffroy Géraud Legros

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