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Des chansons contestataires... une tradition française

20 janvier 2007

La récente diffusion (sous le manteau) d’un rap dans la ville du Port qui prend à partie les policiers de la BAC, la Brigade Anti Criminalité, nous a rappelé qu’il existe en France une longue tradition de chansons qui ont choisi pour cible les forces de l’ordre. Œuvre de troubadours, de chansonniers, d’artistes de variétés, de rappeurs, depuis des siècles, on chante contestataire. C’est une particularité bien française. À époque différente, le plus souvent, ces chansons n’ont pas vraiment troublé l’ordre, et elles n’ont surtout réussi qu’à "effrayer le bourgeois", comme on disait. Très rarement, il fut question d’interdiction ou de pénalisation. Ce fut singulièrement quand le pouvoir politique semblait faible, que l’on agitait les menaces de poursuites. Pour rappel, voici quelques chansons de cette longue lignée d’expression protestataire, prises au hasard... À vous de juger.




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Baston, de Bérurier noir

Les flics bastonnent bien trop, dans leurs cars dans le métro, matracage serviettes mouillées, car tu es basané !

Tant qu’il y aura des prisons, les kids se batt’ront, tant qu’il y aura des prisons y’aura des bastons !

Ils nous arrêtent pour rien, pour un tiags ou un cuir noir, parce que tu traînes le soir, t’as des coups dans les reins !

Faut pas que les flics s’étonnent, de se faire casser la tête, c’est normal quand ils nous cognent, qu’on éprouve de la haine !

Quand je vais dans une manif, ils envoient leurs C.R.S., comme pour un état de siège ; alors il y en a qui tirent !

Dans cette sale cité pourrie, dans cette société de fric, je n’ai pas besoin d’un flic, pour m’apprendre à vivre !

Tant qu’il y aura des prisons, les kids se batt’ront, tant qu’il y aura des prisons y’aura des bastons !

On était une bande de jeunes à déambuler dans la rue on marche on danse cette nuit on gueule on chante les chansons des Bérus les flics n’aiment pas qu’on soit ensembles les boeufs font pour, les grands-mères grondent les jeunes c’est l’insécurité il faudrait tous les enfermer !

On a mis nos masquards de clowns pour affronter la société on a mis nos masquards de clowns pour effrayer les policiers y’avait Elnoc, Laul et Stonga Masto, Gabo, Mawell et moi y’avait aussi quelques copines tous les affreux et leurs titines

On était une bonne vingtaine à marcher dans la capitale sans armes sans violence et sans haine à danser comme des malades un type assis d’vant sa télé partout c’est l’insécurité "encore les jeunes, ces enculés ! et croyez-moi j’vais les matter !"

Le type à sorti sa 22 il a tiré sur les affreux deux sont tombés sur le pavé les autres se sont tous dispersés après sont v’nus les brancardiers les policiers et la télé "j’ai protég’ ma liberté" disait le bauf à faire pleurer

"J’étais en légitime défense vingt contre moi j’ai aucune chance" les jeunes c’est l’insécurité" et le Prolo fut acquitté on l’a retrouvé tout poignardé dans l’escalier de sa cité on l’a retrouvé tout poignardé personne ne sut qui l’avait tué

Parce qu’on ne vit pas comme les autres on nous tire dessus dans la rue mais putain c’est toujours d’notre faute toi le Prolo tu es foutu !!! On l’a retrouvé tout poignardé dans l’escalier de sa cité on l’a retrouvé tout poignardé personne ne sut qui l’avait tué
Bérurier noir n’on jamais été inquiéter pour leurs chansons.


Hécatombe de Georges Brassens

Au marché de Briv’-la-Gaillarde A propos de bottes d’oignons Quelques douzaines de gaillardes Se crêpaient un jour le chignon A pied, à cheval, en voiture Les gendarmes mal inspirés Vinrent pour tenter l’aventure D’interrompre l’échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne C’est un usag’ bien établi Dès qu’il s’agit d’rosser les cognes Tout le monde se réconcilie Ces furies perdant tout’ mesure Se ruèrent sur les guignols Et donnèrent je vous l’assure Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores Etre à deux doigts de succomber Moi, j’bichais car je les adore Sous la forme de macchabées De la mansarde où je réside J’exitais les farouches bras Des mégères gendarmicides En criant : "Hip, hip, hip, hourra !"

Frénétiqu’ l’un’ d’elles attache Le vieux maréchal des logis Et lui fait crier : "Mort aux vaches, Mort aux lois, vive l’anarchie !" Une autre fourre avec rudesse Le crâne d’un de ses lourdauds Entre ses gigantesques fesses Qu’elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles Ouvrant son corsage dilaté Matraque à grand coup de mamelles Ceux qui passent à sa portée Ils tombent, tombent, tombent, tombent Et s’lon les avis compétents Il paraît que cette hécatombe Fut la plus bell’ de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes Avaient eu leur content de gnons Ces furies comme outrage ultime En retournant à leurs oignons Ces furies à peine si j’ose Le dire tellement c’est bas Leur auraient mêm’ coupé les choses Par bonheur ils n’en avait pas Leur auraient mêm’ coupé les choses Par bonheur ils n’en avait pas

Les charognards de Renaud

Il y a beaucoup de monde dans la rue Pierre-Charron
Il est 2 heures du mat’, le braquage a foiré
J’ai une balle dans le ventre, une autre dans le poumon
J’ai vécu à Sarcelles, j’crève aux Champs-Elysées

Je vois la France entière du fond de mes ténèbres
Les charognards sont là, la mort ne vient pas seule
J’ai la conn’rie humaine comme oraison funèbre
Le regard des curieux comme unique linceul

C’est bien fait pour ta gueule, tu n’es qu’un p’tit salaud
On n’port’ra pas le deuil, c’est bien fait pour ta peau

Le boulanger du coin a quitté ses fourneaux
Pour s’en venir cracher sur mon corps déja froid
Il dit : J’suis pas raciste, mais quand même, les bicots
Chaque fois qu’y’a un sale coup, ben y faut qu’y z’en soient

Moi Monsieur, j’vous signale que j’ai fait l’Indochine
Dit un ancien para à quelques arrivistes
Ces mecs c’est d’la racaille, c’est pire que les Viêt-minh
Faut les descendre d’abord et discuter ensuite

C’est bien fait pour ta gueule, tu n’es qu’un p’tit salaud
On n’port’ra pas le deuil, c’est bien fait pour ta peau »

Les loubards qui sont là vont s’faire lyncher sûrement
S’ils continuent à dire que les flics assassinent
Qu’on est un être humain même si on est truand
Et que ma mise à mort n’a rien de légitime

Et s’ils prenaient ta mère comme otage, ou ton frère ?
Dit un père béret basque à un jeune blouson de cuir
Et si c’était ton fils qu’était couché par terre
Le nez dans sa misère ? répond l’jeune pour finir

C’est bien fait pour ta gueule, tu n’es qu’un p’tit salaud
On n’port’ra pas le deuil, c’est bien fait pour ta peau »

Et monsieur blanc-cassis continue son délire
Convaincu que déja mon âme est chez le diable
Que ma mort fut trop douce, que je méritais pire
J’espère bien qu’en enfer je r’trouv’rai ces minables

Je suis pas un héros, j’ai eu c’que j’méritais
Je ne suis pas à plaindre, j’ai presque de la chance
Quand je pense à mon pote qui, lui, n’est que blessé
Y va finir ses jours à l’ombre d’une potence !

C’est bien fait pour sa gueule, ce n’est qu’un p’tit salaud
On n’port’ra pas le deuil, c’est bien fait pour sa peau

Elle n’a pas dix-sept ans cette fille qui pleure
En pensant qu’à ses pieds il y a un homme mort
Qu’il soit flic ou truand elle s’en fout, sa pudeur
Comme ses quelques larmes me réchauffent le corps

Il y a beaucoup de monde dans la rue Pierre-Charron
Il est deux heures du mat’, mon sang coule au ruisseau
C’est le sang d’un voyou qui rêvait de millions
J’ai des millions d’étoiles au fond de mon caveau
J’ai des millions d’étoiles au fond de mon caveau

Police de NTM

Vos papiers, contrôle d’identité- Formule devenue classique à laquelle tu dois t’habituer. Seulement dans les quartiers, les condés de l’abus de pouvoir ont trop abusé. Aussi sachez que l’air est chargé d’électricité, alors pas de respect, pas de pitié escomptée. Vous aurez des regrets car ; Jamais par la répression vous n’obtiendrez la paix, la paix de l’âme, le respect de l’homme. Mais cette notion d’humanisme n’existe plus quand ils passent l’uniforme, préférant au fond la forme, peur du hors normes. Pire encore si dans leur manuel ta couleur n’est pas conforme, véritable gang organisé, hiérarchisé. Protégé sous la tutelle des hautes autorités. Port d’arme autorisé, malgré les bavures énoncées. Comment peut-on prétendre défendre l’état, quand on est soi-même en état d’ébriété avancée ? Souvent mentalement retardé. Le portrait type, le prototype du pauvre type, voilà pourquoi dans l’excès de zèle, ils excellent. Voilà pourquoi les insultes fusent quand passent les hirondelles. Pour notre part ce ne seras pas "fuck the police", mais un spécial Nick Ta Mère de la part de la mère patrie du vice.

Police machine matrice d’écervelés mandatés par la justice sur laquelle je pisse. Police machine matrice d’écervelés mandatés par la justice sur laquelle je pisse.

Aucunement représentatif de l’entière populace, que dois-je attendre des lois des flics. Qui pour moi ne sont signe que d’emmerdes ? Regarde je passe à coté d’eux. Tronche de con devient nerveux ; "Oh oh contrôle de police, monsieur" Systématique est la façon dont l’histoire se complique. Palpant mes poches puis me pressant les balloches. Ne m’accordant aucun reproche à part le fait de passer proche. Portant atteinte à leurs gueules moches. Traquer les keufs dans les couloirs du métro, Tels sont les rêves que fait la nuit Joey Joe, Donne-moi des balles pour la police municipale. Donne-moi un flingue... Encore une affaire étouffée, un dossier classé, Rangé au fin fond du tiroir, dans un placard ils vont la ranger. Car l’ordre vient d’en haut, Pourri à tous les niveaux. Ça la fout mal un diplomate qui businesse la pédo. Alors on enterre, on oublie, faux témoignages à l’appui. Pendant ce temps, des jeunes béton pour un bloc de teuchi. Malheureusement j’entends dans l’assistance. "Écoutez, moi j’ai confiance" Confiance en qui ? La police, la justice, tous des fils, corrompus, dans l’abus ils puent ; Je préfère faire confiance aux homeboys de ma rue, vu ! Pas de temps à perdre en paroles inutiles ; Voilé le deal : Éduquons les forces de l’ordre pour un peu moins de désordre.

Police machine matrice d’écervelés mandatés par la justice sur laquelle je pisse. Police machine matrice d’écervelés mandatés par la justice sur laquelle je pisse.

Du haut du 93, Seine St-Denis, Chicago. Port des récidivistes, mère patrie du vice, je t’envoie la puissance, conservant mon avance. Tout en transcendance, un à un me jouant de tous les flics de France, mercenaires, fonctionnaires au sein d’une milice prolétaire. Terriblement dans le vent, trop terre-à-terre pour qu’ils tempèrent où même modèrent. L’exubérance héréditaire qui depuis trop longtemps prolifère. Contribuant à la montée de tous les préjugés et, maintenant pour renflouer l’animosité des poudrières les plus précaires. Considérées secondaires par les dignitaires d’un gouvernement trop sédentaire et d’une justice dont la battisse est trop factice pour que s’y hissent oui sans un pli nos voix approbatrices. Mais sincèrement, socialement quand il était encore temps que l’on prenne les devant ; Tout ne s’est fait qu’en régressant, comment ? Aucun changement de comportement de la part des suppôts des lois. Roi du faux-pas. Ma foi, ce qui prévoit un sal climat donc pour la mère patrie du vice de la part de tous mes complices, des alentours ou des faubourgs, avant qu’on ne leur ravissent le jour.

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