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Jusqu’où ira la casse sociale
24 janvier 2012
Depuis quelques semaines, la troïka est revenue négocier les aides attribuées au gouvernement grec. La Banque centrale, l’Union européenne et le FMI (troïka) ont en échange demandé des efforts supplémentaires aux Grecs.
Les créanciers négocient avec Athènes un accord d’échange de dette, a déclaré dimanche 22 janvier Charles Dallara, patron de l’Institut de la finance internationale (Ifi). Mais ce sont les ministres des Finances de la zone euro qui devraient décider quelles sont les conditions qu’ils sont prêts à accepter pour la restructuration de la dette grecque dans le cadre d’un deuxième plan d’aide à Athènes, au moment même où les créanciers privés de la Grèce, par la voix de Charles Dallara, estiment avoir fait leur « offre maximale » et atteint les limites des pertes qu’ils peuvent supporter.
Décider de nouvelles mesures de rigueur
La République hellénique négocie depuis plusieurs mois les modalités d’un échange de dette, et les conditions de la mise en place d’un second plan d’aide de 130 milliards d’euros, sans lequels le pays risque de faire défaut dès la fin du mois de mars. Cet échange d’obligation devrait, selon les estimations, réduire de 100 milliards d’euros le montant de la dette grecque, qui avoisine les 350 milliards de dollars, soit 160% du PIB.
Pour la cinquième année consécutive, le pays est en récession, avec un taux de chômage de 18%, dont 50% chez les jeunes, faisant monté d’un cran la tension sociale déjà à son paroxysme. En effet, malgré la faible mobilisation lors du retour de la troïka, les Grecs sont las des nouvelles mesures imposées « tous les six mois », notamment avec la hausse des impôts et des taxes et la diminution des salaires.
Sauver ses voisins européens
Jouant sur l’effet de contagion, le gouvernement grec a tout misé sur les négociations actuelles pour sortir son pays du gouffre financier dans lequel il se trouve. L’accord sur l’effacement d’une partie de la dette devrait stopper les dangers systémiques de la crise, qui menace la zone euro, a estimé Francesco Garzarelli, cadre de la banque d’affaires Goldman Sachs, cité par l’“Agence France Presse”. Considéré par l’expert comme l’unique responsable de la crise, l’effacement d’une partie de la dette privée de la Grèce et la seconde aide européenne devraient « anéantir l’importance d’un danger systémique dans la zone euro, qui provient du maillon faible, c’est-à-dire de la Grèce ».
Francesco Garzarelli a également expliqué que les dettes souveraines deviendraient les dettes de la zone euro tout entière, de fait, « l’accord sur les finances publiques va contribuer à la transformation de vieux titres des États — grecs, italiens ou espagnols — en une dette de l’ensemble de la zone euro. Ainsi le pouvoir de l’ensemble (de la zone euro) ne sera pas menacé par le maillon faible (...), la zone euro sera stabilisée », a-t-il indiqué. Cela signifie que tous les pays de la zone euro devront endosser les dettes souveraines des pays tels que la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Mais pour l’instant, l’accord n’a pas été signé et les tractations continuent.
Céline Tabou
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Effacement de la dette grecque Pour éviter le défaut de paiement et la panique des marchés, la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds Monétaire International souhaitent la finalité de l’accord d’effacement de la dette avant le Sommet européen, fin janvier. Pour le moment, les divergences persistent sur le taux d’intérêt des nouvelles obligations qui seront émises après l’effacement de 100 milliards d’euros de la dette privée, soit 50% de la valeur des obligations détenues par les créanciers privés, un sujet épineux qui avait provoqué l’interruption des négociations le 13 janvier, a précisé l’AFP. Alors que le continent africain, mené par l’Union africaine, avait demandé à plusieurs reprises l’effacement de la dette de certains pays pauvres, dont le Burundi, le Niger et 16 autres pays africains. En juin 2005, le Sommet du G8 avait accordé une aide à l’Afrique et un effacement de la dette pour un montant de 40 milliards de dollars dus à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque africaine de développement (BAD). Aujourd’hui, l’Occident sauve ses banques, les dettes souveraines et appauvrit sa population, état de fait subit depuis des siècles par le continent africain. |
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