Endiguement de la propagation de la crise de la dette
19 octobre 2011
Actuellement, les pays dits « riches » traversent une grave crise liée à la dette. Après les États-Unis, la Grèce, d’autres pays sont également en difficulté financière. Plusieurs grands pays émergents, dont la Chine, le Brésil et l’Inde, semblent favorables à un nouveau renforcement des moyens du Fonds monétaire international (FMI).

Niveau des dettes en pourcentage du PIB des pays de la zone euro. L’endettement a largement dépassé les critères définis au moment de la fondation de la monnaie unique. Les pays émergents peuvent aider à corriger la situation, à condition de renforcer les moyens du Fonds monétaire international et donc de changer la gouvernance du FMI. Les Etats-Unis s’y opposent. (Source : Commission européenne)
Rappelons que la fin de la colonisation a créé les contradictions dans le modèle économique et conduit à des crises de plus en plus violentes en Occident. Nous sommes aujourd’hui à un nouveau tournant de l’Histoire. En effet, un appel est lancé aux pays émergents anciennement colonisés de venir en aide à des pays « riches » dont les niveaux d’endettement atteignent des sommets. Une page de l’Histoire est en train de se tourner.
Ainsi plusieurs grands pays émergents, dont la Chine, le Brésil et l’Inde, semblent favorables à un nouveau renforcement des moyens du Fonds monétaire international afin qu’il soit capable, si besoin, d’endiguer une éventuelle propagation de la crise de la dette à des poids lourds comme l’Italie ou l’Espagne, et au-delà. Le graphique nous montre que beaucoup de pays européens sont actuellement touchés par cette crise de la dette avec des niveaux d’endettement qui atteignent 158% du PIB pour la Grèce, 120% pour l’Italie, 112% pour l’Irlande… alors que la limite autorisée par le Pacte de stabilité européen est de 60% du PIB.
Rappelons que les États-Unis sont hostiles à la proposition faite par les pays dits émergents de venir en aide aux pays européens par le biais du FMI, car ne voulant pas remettre en cause leur suprématie au sein de cette institution.
L’Occident ne peut diriger seul le monde
Le premier fait historique qui témoigne d’un changement du monde est le fait que la demande est faite à des pays du Tiers-Monde, anciennement colonisés, de venir en aide à des pays dits « riches ». Nous sommes aujourd’hui à un nouveau tournant de l’Histoire. L’émergence du Sud n’est qu’un début du rééquilibrage d’un monde devenu très inégalitaire avec la colonisation. Les progrès réalisés par la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud sont inéluctables. La fin de la colonisation a créé les contradictions dans le modèle économique et conduit à des crises de plus en plus violentes. La dernière en date a fait que l’Occident ne peut plus diriger seul le monde et doit partager avec les anciens pays colonisés.
Le Sommet du G20 fera date par le fait qu’il ait donné la parole à des puissances économiques émergentes comme la Chine et l’Inde ainsi qu’à des pays en voie de développement, au lieu de s’en tenir aux habituels membres du G7 ou du G8 (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon et Russie).
Le monde entier paye les conséquences des erreurs commises par l’Occident
Un autre point important concerne les missions du FMI jusqu’à ce jour. Ce dernier avait adopté en 2003 un projet avec pour objectif le suivi des mesures nécessaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (réduction de la pauvreté, éducation primaire pour tous, baisse de la mortalité infantile, etc.) d’ici à 2015.
Or, avec cette crise, cette mission du FMI est compromise. Les premiers pénalisés sont les pays pauvres, et notamment les PMA (Pays les moins avancés). Les fonds du FMI seront injectés pour combler les erreurs commises dans les pays riches, dont le monde entier paye aujourd’hui les conséquences.
Sanjiv Dinama
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