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Ecologiques, économiques, fiables et performantes
1er juin 2010
Des stations d’épuration naturelles, des filtres plantés de roseaux, sont actuellement en expérimentation à Mayotte. Ce procédé adapté au milieu tropical pourrait bien fleurir à la Réunion, avec la société Eaux des Mascareignes.

Dirk Esser, ingénieur et directeur de la SINT (Société d’ingénierie nature et technique) présente la station Hachenoia, à Mayotte. (photo EP)
Le traitement des eaux usées est un vrai problème à la Réunion. Les stations de traitement et d’épuration sont obsolètes dans de nombreuses communes et les décideurs doivent trouver des solutions durables. La société Eaux des Mascareignes est spécialisée dans le recyclage et l’assainissement de l’eau. Elle intervient surtout à l’étranger et dans les îles voisines. Cette société a été la première à présenter le système de micro-station à biodisque à la Réunion mais s’est heurté à « la réticence des autorités sanitaires locales », selon Bilal Omarjee, gérant de Eaux des Mascareignes.
Cette fois, Eaux des Mascareignes veut introduire à la Réunion un autre type de station d’épuration : le Phramifiltre. Il s’agit de filtres plantés de roseaux : « un milieu sec recevant les eaux usées, un substrat de sable et de graviers où se développent des micro-organismes épurateurs, des roseaux qui créent un milieu favorable à l’activité biologique, tel est l’équation de la plus naturelle des stations d’épuration ».
D’après Eaux des Mascareignes, ces stations d’épuration présentent quatre avantages : elles sont écologiques, économiques, fiables et performantes. Par exemple, elles ont une consommation énergétique 5 fois inférieure à une station de boues activées, les boues sèches sur place et il y a une très bonne minéralisation. Autre avantage pour un territoire comme la Réunion, les filtres plantés de roseaux peuvent se coupler à des stations classiques, pour traiter les boues résiduaires des stations déjà installées et des fosses sceptiques individuelles. Des boues que la filière assainissement locale ne sait pas encore traiter efficacement.
Avant de le présenter aux décideurs politiques, Eaux des Mascareignes a voulu présenter ces stations d’épuration naturelles aux professionnels. Hier, Dirk Esser, ingénieur et directeur de la SINT (Société d’ingénierie nature et technique), et Alain Lienard, ingénieur de recherche au CEMAGREF (organisme de recherche spécialisé en sciences et technologies de l’environnement), ont exposé un bilan des expérimentations menées depuis 2003 à Mayotte, sur les sites de Totorossa (Dzaoudzi-Labattoir) et Hachenoia (Tsingoni). Aujourd’hui, la majorité des stations d’épuration construites en France sont des filtres plantés de roseaux, mais en milieu tropical, ce procédé est en expérimentation. Sur les deux sites testés, il a fallu choisir les granulats, les plantes (typha, tisanolena, etc) et adapter la station pour éviter la prolifération de moustiques.
Au vu des résultats concluants, Eaux des Mascareignes compte bien introduire ces stations à filtres plantés de roseaux à la Réunion.
EP
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