Changement climatique

17,2 milliards de dollars d’infrastructures menacées par les catastrophes

La COI à la COP21

Témoignages.re / 10 décembre 2015

Le Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), Jean-Claude de l’Estrac, s’est rendu à Paris les 7 et 8 décembre derniers pour la COP21. Il a signé une déclaration commune entre la COI et l’Union Européenne, et a participé à un événement organisé par l’UICN.

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À La Réunion, les infrastructures se concentrent sur le littoral. Tout est à revoir.

Le 7 décembre, au Pavillon Lima-Paris, Jean-Claude de l’Estrac a signé la Déclaration commune COI-Union européenne sur le climat avec Neven Mimica, Commissaire européen au Développement. Cette déclaration, proposée par le Secrétariat général de la COI et la Délégation de l’Union européenne à Maurice, a été adoptée par le Conseil de la COI en mai dernier à Antananarivo. La COI et l’UE y reconnaissent « la très faible contribution des activités humaines dans les pays membres de la Commission de l’océan Indien à l’accroissement mondial des gaz à effet de serre ». Surtout, les signataires « conviennent d’un traitement différencié pour les Petits Etats insulaires en développement », notamment pour un accès facilité aux nouvelles sources de financement comme le Fonds vert des Nations unies pour le Climat. Pour Jean-Claude de l’Estrac, « les îles sont les premières victimes des dérèglements climatiques, mais elles cherchent à apporter des solutions, notamment à travers la COI. Notre déclaration commune montre bien que la COI et l’UE préfèrent justement l’action à la fatalité ».

Au Pavillon France, Jean-Claude de l’Estrac était l’un des intervenants à un événement de haut niveau organisé l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) aux côtés de hautes personnalités dont le Premier ministre des îles Vierges, le ministre français de l’Outre-mer, la députée de Polynésie française. A cette occasion, Jean-Claude de l’Estrac a fait une intervention remarquée :

« le potentiel africain en matière d’énergies renouvelables est tout autant sur le continent que sur les océans qui l’entourent, en particulier dans le sud-ouest de l’océan Indien. Bien que petites, à l’exception de la Grande île, Madagascar, nos îles de l’Indianocéanie disposent de 5,5 millions de km² de zones économiques exclusives. Une large part de notre potentiel de production d’énergie et d’autonomie énergétique dans les années à venir s’y trouve. L’énergie des vagues, l’énergie éolienne offshore, la climatisation à l’eau naturellement froide, tout cela est possible et ce sont des projets qui sont déjà en cours dans la plupart de nos pays. Il y a toutefois un écart entre les financements disponibles et les besoins malgré les annonces récentes (une enveloppe de 10 milliards d’euros a été annoncée à la COP21 pour le développement des énergies renouvelables en Afrique, ndlr). En voici un exemple : grâce au soutien de l’Union européenne, notre principal partenaire, nos pays du sud-ouest de l’océan Indien sont impliqués dans un projet de production d’énergie renouvelable. Un appel à propositions a été lancé dans les 5 îles et nous avons reçu 152 propositions. Ce sont des projets précis et concrets, de grosses, petites et moyennes entreprises, des Etats, de la société civile, des collectivités locales. Le montant total de ces projets s’élève à 42 millions d’euros. Or, la somme allouée par notre partenaire dans le cadre du projet COI-ENERGIES est de 5 millions d’euros. Il est donc clair que pendant les prochaines cinq années, si nous n’arrivons pas à mobiliser beaucoup plus que ce qui a été prévu , nous n’arriverons pas à apporter une contribution significative, visible, dans ce vaste chantier de production énergétique. Nos pays de l’Indianocéanie sont solidaires du mouvement mondial pour le climat, ils sont prêts à assumer une part de responsabilité et à prendre des actions même si, je le rappelle, l’ensemble des îles en développement ont contribué de manière insignifiante au réchauffement avec seulement 0,03% des émissions de gaz à effet de serre. Bien que nous soyons parmi les premières victimes, nous sommes prêts à agir concrètement pour le climat. Pour cela, nous avons besoin du soutien de la communauté internationale, des partenaires au développement pour apporter notre contribution »

Jean-Claude de l’Estrac a également eu des réunions de travail avec les représentants du Commonwealth, de l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) et du Partenariat mondial pour les îles (GLISPA).

 

Quelques chiffres :

2,8 milliards de dollars

c’est le montant des pertes économiques subies par les pays membres de la COI depuis les 30 dernières années

17,2 milliards de dollars

c’est la valeur des infrastructures publiques (routes, ponts, écoles, hôpitaux…) qui sont soumis et vulnérables aux risques de catastrophes dans les pays membres de la COI

+50

c’est le nombre d’événements climatiques intenses et catastrophes naturelles sur les 20 dernières années en Indianocéanie

0,03%

c’est la part des Petits Etats insulaires au développement dans les émissions totales de gaz à effet de serre. Leur contribution au réchauffement est donc insignifiante. Ils sont pourtant les premières victimes.


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