Changement climatique

20 ans pour s’adapter aux effets du changement climatique

La réalité qui s’imposera à tous les Printemps arabes — 1 —

Témoignages.re / 2 août 2011

Depuis la fin de l’année dernière, Afrique du Nord et Moyen-Orient sont souvent sous les feux de l’actualité du fait des mouvements qui y sont observés : c’est le Printemps arabe. Des facteurs politiques et économiques expliquent ces rapides changements. Mais dans quelques années, un autre facteur va s’imposer à tous ces pays. Il sera à l’origine de transformations sans doute plus importantes encore pour la vie quotidienne de toutes les populations concernées par le Printemps arabe. Ce facteur, c’est le changement climatique, et toutes les adaptations qu’il devra entrainer.
La Banque mondiale vient de publier les premiers résultats d’une étude relative à quatre régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient : Alexandrie en Égypte, Tunis en Tunisie, Casablanca et la Vallée du Bouregreg au Maroc.
Deux semaines après la session du GIEC ouverte par Paul Vergès, président de l’ONERC, cette nouvelle étude renforce la thèse lancée voici 15 ans par le responsable politique réunionnais.
Avant de livrer plus en détail les conclusions de cette étude, il est intéressant de connaître son contexte. Voici un résumé fait par la Banque mondiale.

« La Banque mondiale apporte son soutien aux gouvernements de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) pour faire face aux défis résultant du changement climatique et des désastres naturels, et pour intégrer des stratégies d’adaptation dans leurs plans de développement. Une étude portant sur la vulnérabilité des villes côtières d’Afrique du Nord face au changement climatique et aux désastres naturels a par conséquent été lancée en 2008, financée par la Banque mondiale et par les fonds fiduciaires NTF-PSI, TFESSD et GFDRR, administrés par la Banque.
L’étude se concentre sur trois villes de première importance dans la région : Alexandrie en Égypte, Tunis en Tunisie et Casablanca au Maroc. Le site du projet de développement urbain de la Vallée du Bouregreg au Maroc a également été inclus dans l’étude. Le choix de ces villes a été concerté avec les Autorités nationales responsables, qui ont exprimé un intérêt majeur pour l’étude.
La sélection compétitive du Bureau d’études chargé de la réalisation des travaux techniques s’est achevée fin mai 2009, et la société Egis Bceom International a été retenue. Son contrat prévoit un démarrage des travaux techniques au 15 juin 2009 et un achèvement de l’étude le 15 décembre 2010. Le bureau d’étude est censé travailler en étroite collaboration avec les différents acteurs nationaux et locaux, tandis que l’équipe de la Banque mondiale responsable de l’étude maintiendra les rapports institutionnels et se chargera de la facilitation des échanges régionaux.

Jusqu’à 2 mètres de plus pour la mer

Les villes côtières de la région MENA, qui en 2000 abritaient plus de 60 millions de personnes et qui en abriteront plus de 90 millions en 2030, sont en même temps les agglomérations les plus productives et celles qui vont être les plus touchées par les impacts du changement climatique, notamment du fait de leur caractère côtier. Les gouvernements sont appelés à adopter des stratégies d’adaptation et d’atténuation des risques, qui devront être basées sur une meilleure compréhension de la vulnérabilité des villes au changement climatique et aux désastres naturels.
La région MENA sera la deuxième zone géographique la plus affectée par l’élévation accélérée du niveau de la mer (EANM), laquelle, selon des projections récentes basées sur des modèles dynamiques, pourrait atteindre de 0,8 a 2,0 mètres vers la fin de ce siècle. Selon des études récentes, entre 6 et 25 millions de personnes seront exposés aux risques d’inondations côtières. Des pays comme la Tunisie et l’Égypte seront parmi les plus touchés.
Les désastres naturels ainsi que les inondations urbaines sont devenus très fréquents pendant la dernière décennie, causant des dégâts matériels majeurs. Les tremblements de terre ont été particulièrement violents en Algérie et au Maroc. Les autorités urbaines doivent se doter de stratégies d’évaluation de risques et de prévention des désastres naturels, et les incorporer dans leur planification urbaine, ainsi qu’informer la population par le biais de campagnes d’information et de plans d’urgence.


Évaluation des risques et des vulnérabilités

Les principaux facteurs de risques identifiés dans chacun des quatre sites urbains sont les suivants :

Élévation du niveau de la mer, érosion et submersion des zones côtières
Des signes tangibles d’élévation du niveau marin et d’érosion, tant sur les côtes atlantiques que méditerranéennes, sont déjà perceptibles. Les causes de ces phénomènes, observés aussi bien par les autorités maritimes et urbaines que par les populations locales, sont complexes. Ils se manifestent par le recul des plages, la submersion des zones côtières par les entrées maritimes, l’exposition d’infrastructures urbaines stratégiques, notamment les infrastructures portuaires. Ces évolutions résultent souvent de modifications courantologiques, du renforcement des vents (houles de tempête) et de la réduction des apports sédimentaires sur les rivages, suite notamment à la construction de barrages sur les cours d’eau et à l’extraction non contrôlée du sable côtier.

Inondations urbaines

Le ruissellement urbain est un risque naturel majeur qui s’est intensifié au cours de la dernière décennie, avec des effets similaires dans les différentes zones urbaines, liés à l’accentuation des phénomènes orageux et à l’incapacité des réseaux pluviaux existants à évacuer des débits supplémentaires. Dans le cadre de la présente étude, les zones les plus touchées sont les points bas situés à proximité des lacs naturels d’Alexandrie et de Tunis, et la zone industrielle de Mohammedia dans le Grand Casablanca. La simultanéité de fortes précipitations et de surélévation du niveau marin augmente le risque d’inondations urbaines côtières.

Disponibilité de ressources en eau

La baisse de précipitations prévue dans les trois pays influera sur les réserves hydriques des bassins versants, qui fournissent l’eau aux zones urbaines étudiées. Cette raréfaction des ressources en eau s’accompagnera d’une augmentation de la demande, due à la croissance des populations urbaines et des besoins de consommation pour les activités économiques. Le pompage d’eau pour l’agriculture dans les nappes côtières a contribué à leur salinisation, en favorisant l’intrusion d’eau de mer dans la nappe phréatique.
Dans ce contexte, plusieurs programmes sont en cours d’étude ou d’exécution, allant de la réduction des fuites sur les réseaux à la réutilisation des eaux usées traitées pour l’usage agricole, en passant par la désalinisation de l’eau de mer.

Élévation de la température ambiante

La température ambiante augmentera considérablement dans les zones urbaines considérées, avec notamment comme conséquence la dégradation de la qualité de l’air. L’autre conséquence majeure est l’accentuation du phénomène d’« îlot de chaleur » dans les zones urbanisées. Le différentiel de température entre les zones urbanisées et les zones rurales avoisinantes, qui atteint déjà 3 à 4°C, s’accentuera, aggravant les effets des vagues de chaleur en termes de santé publique.


Objectifs et démarches de l’étude

Les principaux objectifs de l’étude sont les suivants :

Évaluer les vulnérabilités des quatre zones urbaines à l’horizon 2030 face au changement climatique et aux désastres naturels
, à travers :
a) des projections scientifiques du changement climatique futur, de l’élévation du niveau de la mer, ainsi que la prévision des risques liés aux désastres naturels,
b) une analyse exhaustive de la nature géologique, topographique, hydrologique et environnementale des quatre sites,
c) l’évaluation de l’extension urbaine actuelle et de la vulnérabilité des infrastructures urbaines présentes sur les sites,
d) la projection de l’extension urbaine à l’horizon 2030, sur la base des tendances démographiques et d’urbanisation, des plans d’aménagement et de développement urbain,
e) la production de cartes de vulnérabilité sous format SIG,
f) l’évaluation des coûts socioéconomiques des impacts du changement climatique et des désastres naturels sur les quatre sites,
g) l’évaluation des rôles et responsabilités des institutions nationales et locales dans les domaines de l’urbanisme, de l’aménagement d’infrastructures et de la prévention des désastres naturels.

Développer des plans d’action pour améliorer l’adaptation des villes au changement climatique et leur préparation aux désastres naturels, en formalisant des recommandations quant à :
a) la planification urbaine des quatre sites, afin de minimiser les vulnérabilités identifiées,
b) les infrastructures et les investissements physiques qui seront nécessaires pour protéger les zones et systèmes urbains,
c) la vigilance institutionnelle et les plans d’urgence pour faire face aux impacts du changement climatique et des désastres naturels,
d) les campagnes d’information publique et d’éducation à lancer au niveau local,
e) une évaluation économique de la mise en œuvre des actions d’adaptation recommandées, face aux coûts de la non-action.

Diffuser les résultats de l’étude et engager les parties prenantes dans la prise de décisions
, par le biais de :
a) la coopération avec les contreparties nationales et locales responsables pour l’aménagement et le développement des quatre sites,
b) l’organisation d’événements locaux et régionaux de validation et de dissémination des résultats de l’étude.


Demain dans "Témoignages"
Le Plan d’action global pour faire face aux vulnérabilités



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Messages






  • je salue ce grand monsieur si intelligent ayant plusieurs cordes à son arc ; bravo pour toutes vos énormes facultés ; vous sauvez la planète en consacrant beaucoup de votre temps et il semble que beaucoup sont tellement bornés qu’ils ne le voient pas ; au lieu de passer leur temps à vous critiquer , ils feraient mieux de se mettre enfin au travail comme vous afin de préparer le monde ; monde en dangers, danger causé par l’homme surtout car c’est l’homme qui est à l’origine de tous ces dérangements climatiques à force d’être gourmands ; donc maintenant ce danger est multiplié et réel à nous maintenant d"essayer d’y remédier et d’éviter le maximum de dégâts dans la mesure de nos possibilités ; allons au travail tous ; et que ces arables musulmans tout comme n’importe quel autre croyant d’ailleurs se mettent en conformité avec le créateur ; lui et lui seul peut réaliser l’impossible si nous portons haut et fort ensemble nos prières en ce sens

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