Changement climatique

2014 devrait être l’année la plus chaude

Nouveaux records de chaleur

Céline Tabou / 5 décembre 2014

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a estimé dans un rapport préliminaire, publié le 3 décembre, que l’année 2014 sera « l’une des plus chaudes, sinon la plus chaude » jamais enregistrée. D’après l’OMM, « quatorze des quinze années les plus chaudes jamais mesurées appartiennent au 21e siècle ».

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Sur les dix premiers mois de l’année 2014, la température moyenne terrestre a atteint 14,57 °C, soit plus d’un demi-degré au-dessus de la moyenne 1961-1990. Si cette tendance est confirmée pour novembre et décembre, cette année sera la plus chaude enregistrée depuis la fin du 19e siècle et le début des relevés météorologiques. Comparé à 2010, 2005 et 1998, 2014 aura explosé le record des températures.

Aucune « pause dans le réchauffement » climatique

« Le rapport provisoire pour 2014 signifie que quatorze des quinze années les plus chaudes jamais mesurées appartiennent au XXIe siècle », a indiqué le secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud. Ce dernier s’est alarmé sur l’absence de « pause dans le réchauffement. Ce que nous avons vu en 2014 est cohérent avec ce que nous attendons du changement climatique en cours : des canicules record combinées avec des pluies torrentielles et des inondations ont détruit des ressources et ruiné des vies », a-t-il expliqué.

Les relevés météorologiques de 2014 sont “étonnants” car deux facteurs naturels de réchauffement n’ont pas été observé. Le premier est El Niño, « qui tous les trois à sept ans réchauffe les eaux du Pacifique équatorial et fait grimper le thermomètre mondial ». Le second est l’activité solaire, qui est un « facteur susceptible de faire monter le mercure », celui-ci a été inférieure aux niveaux atteints ces dernières décennies.

Ces hausses de températures s’observent également avec la fonte des glaciers dans la région de l’Antarctique. Le rythme de la fonte a été triplé depuis la dernière décennie, selon une étude menée sur les 21 dernières années. Les glaciers dans l’échancrure de la mer d’Amundsen, dans l’ouest de l’Antarctique, perdent de la glace plus rapidement que partout ailleurs sur le continent et sont les plus grands contributeurs à la montée du niveau des océans, ont rappelé les chercheurs de l’Université de Californie à Irvin et au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa.

La Réunion touchée par les sécheresses

L’ensemble de la Planète a été considérablement touché par des changements climatiques, des records de chaleur ont été observés en Argentine, au Paraguay, en Bolivie et au Brésil. A l’inverse, des vagues de froid se sont abattues sur le nord des Etats-Unis et le Canada. Des inondations ont touché le Royaume-Uni, la façade atlantique française, la Sibérie, la Turquie et les Balkans ainsi qu’au Japon, dans le nord du Bangladesh, au Pakistan et en Inde. Au contraire, le nord-est de la Chine, des régions d’Amérique centrale et le centre du Brésil ont souffert de sécheresses.
Dans un communiqué publié le 12 novembre, le Comité Sécheresse a fait le bilan de la situation hydrologique et météorologique. Le comité a constaté que la saison des pluies 2013-2014 est « toujours assez largement déficitaire mais avec de fortes disparités ». Celles-ci se situent entre « la moitié nord-est de l’île et le littoral du nord-ouest fortement déficitaires » et « le reste du département proche de la normale, voire un peu plus excédentaire sur un petit quart sud de l’île ».

Entre février et octobre, « on observe une situation fortement déficitaire, qui classe cette période au 1er rang des plus sèches depuis 50 ans ». De plus, « l’état des ressources en eau est en baisse sur l’ensemble du département depuis le mois de mars », a noté le Comité Sécheresse de La Réunion. Pour le comité, cette situation s’explique par « l’augmentation importante des températures, au-dessus des normales saisonnières ». Ainsi, « les températures observées au mois octobre sont les plus chaudes jamais enregistrées pour un mois d’octobre depuis 45 ans (+1,7°C par rapport à la normale)". La situation risque de perdurer, car la période sèche n’est pas terminée.


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