Changement climatique

2020 : 50% de l’électricité du Danemark viendra du vent

La moitié de la consommation d’un pays de plusieurs millions d’habitants assurée par une énergie intermittente.

Manuel Marchal / 12 décembre 2009

Au large des côtes de Copenhague, une ferme éolienne se dresse en face d’une centrale thermique. La ferme de Middelgrunden est une des illustrations du virage pris par le Danemark au début des années 1970. Près de trente ans plus tard, 20% de l’électricité produite dans le pays vient des éoliennes, et il alimente un réseau électrique qui fait fonctionner des trains internationaux, régionaux, un métro et des voitures électriques dans un pays de 5,5 millions d’habitants. En 2020, 50% de l’électricité sera produite par les éoliennes.

Aujourd’hui, un des symboles du Danemark se sont ces immenses éoliennes qui marquent le paysage et le littoral. 20% de l’électricité consommée au Danemark est produite par les éoliennes. Actuellement, 78% de l’éolien vient des fermes implantées à terre, et 22% des fermes offshore. La puissance installée totale est de 3,6 gigawatts
D’ici 2020, le Danemark se fixe comme objectif d’atteindre 50% de l’électricité produite par les éoliennes, dont la moitié viendra des installations situées en mer. La puissance installée sera comprise entre 6 et 6,2 gigawatts. Elle sera fournie par des fermes de 200 mégawatts chacune, qui s’échelonneront le long de la côte Ouest et dans le Nord du pays. Dans moins de 10 ans, le Danemark dépassera alors largement le seuil décrété "fatal" par EDF pour un réseau électrique, c’est-à-dire plus de 30% de la consommation couverte par une énergie intermittente, le vent ou le soleil.
Comme à La Réunion, le vent au Danemark ne souffle pas toujours à la même vitesse. Alors comment font les Danois pour créer les conditions pour dépasser largement le seuil des 30% ? Tout est dans l’anticipation. Tout d’abord, la consommation attendue heure par heure et jour par jour peut être calculée, afin d’avoir en face la production équivalente. L’autre aspect est la prévision de l’intensité du vent, afin d’anticiper sur la puissance qui pourra être disponible à l’instant T. La régulation en temps réel s’effectue par l’arrêt et la mise en route d’éoliennes afin de diminuer ou d’augmenter la puissance disponible. Les périodes de déséquilibre peuvent être compensée par l’achat ou la vente d’électricité aux pays voisins selon un principe : acheter au prix le plus bas et vendre au prix le plus fort.
Voilà comment la situation est aujourd’hui gérée.
À l’avenir, de nouveaux outils viendront s’ajouter, comme le stockage, mais dès à présent, les moyens aujourd’hui en œuvre permettent de gérer un parc de plus de 3 gigawatts qui représente 20% de la puissance totale.

Manuel Marchal


Le résultat d’une décision politique prise voici 30 ans

La décision du Danemark de se lancer dans l’éolien date du premier choc pétrolier. À l’époque, le pays importait toute son énergie. Cette prise de conscience a débouché sur le choix d’une stratégie : le développement de l’énergie éolienne.
Les premiers modèles datent de la fin des années 70, et maintenant, les Danois sont capables de mettre en exploitation des modèles ayant une puissance de 3 megawatts. Ce choix a été fait car il permet l’autosuffisance et le zéro pollution.
20% de l’électricité vient aujourd’hui du vent, 50% en 2020 et à l’horizon 2050, le Danemark vise l’autonomie énergétique en complétant les éoliennes par des centrales électriques à biomasse.
La visite de Middelgrunden a permis aux représentants de la filière de souligner que c’est la Chine qui sera le pays ayant la plus forte puissance installée en éolien. Le rythme d’installation sera de 10 gigawatts par an, soit plus que la puissance du Danemark. À terme, le vent fournira plus de 200 GW en Chine.


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