Changement climatique

8 millions de personnes menacées par la famine dans la Corne de l’Afrique

Sur le trajet entre La Réunion et l’Europe

Témoignages.re / 18 juin 2011

Entre La Réunion et l’Europe, il existe une région appelée Corne de l’Afrique. Toutes les nuits, les avions de ligne qui font la route entre Saint-Denis et Paris survolent cette région. Quelques kilomètres en dessous de la cabine pressurisée a lieu un drame que la plupart des milliers de passagers quotidiens ignorent. Le dérèglement climatique contribue à la pénurie alimentaire, c’est la famine pour 8 millions de personnes. La FAO tire la sonnette d’alarme.

Dans la Corne de l’Afrique, le nombre de personnes confrontées à de graves pénuries alimentaires devrait augmenter à l’heure où les effets de la sécheresse, conjugués à la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, continuent de handicaper la région, met en garde la FAO.
Des niveaux élevés de malnutrition aiguë sont signalés sur une large échelle et plus de 8 millions de personnes à Djibouti, en Éthiopie, au Kenya et en Somalie ont besoin d’une aide d’urgence.
La région a connu deux saisons consécutives de précipitations nettement inférieures à la moyenne, ce qui a torpillé la production agricole, épuisé les ressources pastorales et accentué la mortalité du bétail.

Crise endémique

« La crise actuelle n’est pas un événement inhabituel ou dû au hasard, mais plutôt une caractéristique endémique de la région. Le défi consiste à donner aux agriculteurs et aux éleveurs les moyens de s’adapter aux nouvelles réalités, à savoir la forte variabilité des conditions météorologiques et une fréquence accrue d’événements climatiques extrêmes », affirme Rod Charters, Coordonnateur régional pour les urgences en Afrique orientale et centrale.
« Avec nos partenaires du Groupe de travail régional pour la sécurité alimentaire et la nutrition, nous nous sommes préparés à ce scénario de sécheresse depuis le manque de précipitations de l’an dernier. La FAO a lancé plusieurs alertes et a apporté son soutien à la préparation des plans de contingence des pays de la région ».

L’envolée des prix

Les prix très élevés des denrées alimentaires et du carburant sont un fardeau supplémentaire pour les ménages pauvres qui ont de plus en plus de difficultés à accéder à la nourriture dans la Corne de l’Afrique.
Des prix record ont été enregistrés dans certains marchés de détail en Somalie, notamment à Mogadiscio et à Marka où les prix du sorgho rouge en avril dernier étaient 150 à 180% plus élevés qu’il y a 12 mois.
Une situation similaire est signalée au Kenya : en mai dernier, les prix de gros du maïs sur les principaux marchés urbains de Nairobi et de Mombasa étaient 60 à 85% plus élevés qu’en mai 2010.
En Éthiopie, alors que les prix sur les marchés alimentaires étaient relativement faibles début 2011 suite à une bonne récolte principale en 2010, les prix des céréales augmentent depuis février dernier et les prix du maïs ont bondi de 60 à 120% entre mars et mai 2011.

Besoin urgent de fonds

La Corne de l’Afrique a besoin d’urgence de fonds supplémentaires pour protéger et reconstituer le cheptel, pour distribuer des intrants agricoles appropriés (notamment semences résistantes à la sécheresse, fourrage et eau pour l’élevage), et pour la surveillance et la lutte contre les maladies animales et végétales.
A court et moyen terme, il convient de continuer à former les agriculteurs des zones arides en technologies améliorées de production. Il convient aussi d’améliorer la maîtrise de l’eau et de renforcer la capacité des collectivités à mieux répondre aux catastrophes.
Dans toute la Corne de l’Afrique, la FAO soutient les populations locales et les gouvernements au travers d’interventions visant à réhabiliter les infrastructures hydriques. La FAO distribue aussi des semences, des outils et d’autres intrants agricoles, et elle mène de nombreuses actions pour doper la production et améliorer la santé animale.
En partenariat avec les institutions gouvernementales, les ONG et les autres agences de l’ONU, la FAO coordonne les interventions en cours pour neutraliser les effets de la sécheresse aux niveaux régional, national et communautaire.
La FAO œuvre aussi en vue de limiter l’impact de la variabilité climatique sur les populations pastorales. A cet égard, elle collecte systématiquement des données, identifie les lacunes dans les interventions et élabore des stratégies afin que les collectivités touchées soient mieux préparées à affronter les catastrophes.


Somalie : un tiers de la population touchée

En Somalie, les taux de malnutrition sont parmi les plus élevés au monde : un enfant sur quatre souffre de malnutrition aiguë dans le Sud du pays. La sécheresse touche la plupart des régions, entraînant des pertes de bétail et l’envolée des prix des denrées alimentaires. Les familles pauvres ont de plus en plus de difficultés à se nourrir.
Actuellement, 2,5 millions de personnes — soit un Somalien sur trois — ont besoin d’aide humanitaire, mais avec le conflit en cours dans le Sud, aggravé par des perspectives de récolte peu favorables, de plus en plus de Somaliens risquent d’avoir besoin d’aide humanitaire.


Kenya : 2,4 millions d’affamés et pénurie d’eau

Au Kenya, plus de 2,4 millions de personnes dans les zones pastorales et agropastorales des régions Nord et Nord-Est sont incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires de base et leurs besoins en eau. La situation au plan de la sécurité alimentaire devrait se détériorer davantage, car la production de lait dans les zones touchées par la sécheresse s’est effondrée et ne se rétablira pas avant octobre 2011 avec l’arrivée prévue des premières pluies.
Toujours au Kenya, les distances par rapport à l’eau ont doublé, passant à 30-40 km dans de nombreuses régions, et des conflits ont éclaté sur les ressources en pâturage, ce qui a entraîné des pertes en vies humaines et en bétail, ainsi qu’un accès limité aux marchés. Des interventions d’urgence sont nécessaires pour atténuer l’impact de cette situation et empêcher la détérioration supplémentaire des moyens de subsistance et de la nutrition.


3,2 millions d’Éthiopiens en grave danger

En Éthiopie, le phénomène La Niña a entraîné l’échec de deux saisons consécutives de pluie, des pénuries d’eau, l’appauvrissement des pâturages et la détérioration de la condition du bétail. Résultat : les prix du bétail ont chuté dans les basses terres du Sud et du Sud-Est.
Dans la zone de Borena, à la frontière Sud avec le Kenya, 220.000 bovins sont morts victimes de la sécheresse. En outre, celle-ci a également affecté la campagne agricole “belg” de 2011 qui sera récoltée en juin-juillet, et qui devrait être très faible dans les régions d’Oromia, du Tigré et d’Ahmara, ainsi que dans la région plus connue sous son sigle anglais SNNP (Southern Nations, Nationalities, and Peoples).
Début juin 2011, le nombre de personnes nécessitant une aide en Éthiopie était estimé à 11,4 millions. Ce chiffre comprend 3,2 millions de personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence et 8,2 millions enregistrés au titre du programme filet de sécurité productif.


Djibouti : hausse des prix, chômage et pénurie d’eau

A Djibouti, la sécheresse persistante, associée à des prix alimentaires très élevés, à un taux de chômage élevé et à l’augmentation de l’exode rural, a aggravé la sécurité alimentaire des ménages. Les pénuries d’eau dans la ville de Djibouti poseront de graves problèmes au cours des prochains mois, le pic de la demande se rapprochant dangereusement.



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Messages






  • Tant que nous ne serons pas capable de révolutionner notre système en France et en Europe , les peuples cités continueront à mourir de faim.

    Nous trouvons normal chez nous de financer l’armée et la bombe nucléaire , nous trouvons normal chez nous la spéculation sur les produits alimentaires, dans ces conditions, nous trouvons normal heu pardon , nous trouvons anormal que des peuples souffrent de la faim, ben voyons, faut bien se donner bonne conscience.

    Toutes les 5 secondes , un enfant meurt de faim dans le monde, mais à l’inverse, toutes les 5 secondes, 5 Millionnaires continuent de s’enrichir dans le monde.

    Donc, solution d’utopie, supprimons l’armée offensive et la bombe nucléaire pour la remplacer par une armée défensive moins coûteuse pour le citoyen Français, Que la terre cultivable et les machines reviennent sous la gestion de l’état, les agriculteurs des fonctionnaires , et qu’un impôt de 0.01% prélevé sur les revenus brut servent à financer et à aider ces peuples à s’alimenter avec leur propre richesse naturelle.

    0.01% impôt solidarité sur tous les revenus, bénéfices etc, au niveau mondial suffirait largement à stopper la pauvreté et la famine dans le monde, mais financer les armes et les guerres c’est plus rentable pour certain, et çà vient nous faire la morale.

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