Changement climatique

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Ouverture de la Conférence de Durban sur le climat

Sanjiv Dinama / 28 novembre 2011

À partir d’aujourd’hui, débute à Durban (Afrique du Sud) la conférence des Nations-Unis sur le climat. C’est la 17ème conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le climat, signée à Rio en 1992. Plus de 25.000 délégués de 190 pays sont présents. Le précédent sommet à Copenhague n’a pas donné ce que les scientifiques estimaient nécessaire : un accord international permettant de stabiliser le climat, en limitant le réchauffement à 2°C. Rappelons que les gaz à effet de serre dégagés dans l’atmosphère ont battu tous les records en 2010. Les États unis le plus grand pollueur du monde (20,8 tonnes de CO2 par an et par habitant) ont refusé de ratifier « Protocole de Kyoto » et ne veulent rien entendre. Les États-Unis ont récemment refusé d’entériner les travaux du comité chargé de bâtir le Fonds vert. Ce veto fait craindre que les Américains refusent de réelles avancées à Durban.

Après une pause en 2009, les émissions globales de gaz à effet de serre ont bondi l’an dernier par une marge de plus de 5% pour atteindre un nouveau record mondial.
Politiquement, sur le plan international, le projet d’un accord global contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre est au point mort. Le lobbying de l’industrie pétrolière, chimique et du charbon s’est intensifié ces dernières années.
Rappelons également que le sommet de Copenhague voici deux ans n’a pas donné ce que les scientifiques estimaient nécessaire : un accord international permettant de stabiliser le climat, en limitant le réchauffement à 2°C. Celui de Cancún l’an dernier n’a pas permis non plus d’obtenir ce résultat.

Refus de la deuxième phase d’engagement des pays développés

La première phase d’engagements du “Protocole de Kyoto” qui stipule des devoirs des pays développés sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre expirera en 2012. Aujourd’hui les pays en voie de développement demandent le renouvellement de cette phase d’engagements. Un certain nombre de pays développés ont déclaré récemment qu’ils ne veulent pas cette deuxième phase d’engagements.
Par exemple, la Russie, le Canada et le Japon ont déclaré en terme explicite qu’ils n’apposeront pas leurs signatures. Les États-Unis qui ont refusé de ratifier le “Protocole de Kyoto” ne veulent rien entendre. Les États-Unis ont récemment dit non à la validation des travaux du comité chargé de bâtir le Fonds vert, un mécanisme qui permettra de fournir à l’avenir des aides financières aux pays en développement.
Ce veto fait craindre à certains que les Américains refusent de réelles avancées à Durban. Les délégués américains auront sans doute plus de chances de se faire applaudir à Washington s’ils reviennent de Durban en disant que le processus est en train de mourir, selon les analystes.
Quant à l’Union européenne, elle a déclaré que dans certaines conditions déterminées, elle est pour la deuxième phase d’engagements du “Protocole de Kyoto”.

Injuste de demander aux plus pauvres de supporter le poids le plus lourd

Il est aujourd’hui « injuste » de « demander aux plus pauvres et plus vulnérables de supporter seuls le poids le plus lourd de l’impact du changement climatique », avait affirmé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d’un forum au Bangladesh.
Alors qu’on n’arrive toujours pas à trouver un accord au niveau mondial, selon le plus récent rapport sur la vulnérabilité aux changements climatiques (Climate Vulnerability Report 2010), les trois quarts des morts anticipées qu’on pourrait porter au compte du phénomène à l’horizon 2030 concernent les enfants d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud.

Des pays proches de nous très vulnérables

Actuellement, un certain nombre de pays sont très vulnérables au changement climatique comme le Mozambique où la plus grande partie des 21 millions d’habitants du pays et ses principales infrastructures se trouvent dans les plaines côtières et sont donc vulnérables à la hausse du niveau de la mer. À l’intérieur des terres, la désertification attribuable au changement climatique touche 5000 personnes par année, un chiffre qui devrait tripler en 2030. Les solutions d’adaptation sont coûteuses pour ce pays où les trois quarts des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.
C’est le cas également des Maldives qui comptent près de 350.000 habitants. Cet archipel de 1.190 îles non loin de La Réunion culmine à 2,3 mètres. Autant dire qu’il est menacé d’être rayé de la carte. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) gardent leur tendance actuelle, les Maldives seront englouties bien avant la fin du siècle. La lutte contre l’érosion côtière accapare déjà 16% de toute l’économie du pays.
D’autres pays également très pauvres comme le Bangladesh, la Guinée Bissau… sont très vulnérables au changement climatique, car toute l’économie du pays est basée sur la zone côtière.
Il est encore techniquement et économiquement faisable de stabiliser le climat, en freinant d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est ce qu’affirme le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dans un rapport récemment.
Selon ce rapport, il faut réduire les émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre à 6 milliards de tonnes à l’horizon 2020. Mais c’est possible, affirme le PNUE.
C’est une perspective à laquelle devront s’accrocher les délégués des 190 pays qui se trouvent aujourd’hui à Durban.

Sanjiv Dinama


Responsabilité historique des pays riches
Le Premier ministre indien Manmohan Singh a rappelé que les pays industrialisés ont la responsabilité historique de l’accumulation des gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique.
« Ceux qui ont été les premiers responsables de l’accumulation des gaz à effet de serre et qui ont aussi la plus grande capacité d’agir devraient supporter tout le poids de la responsabilité », selon lui, en référence aux pays industrialisés.
« Même si l’Inde était capable d’éliminer toutes ses émissions de gaz à effet de serre (GES), cela ne ferait pas de différence significative sur notre climat, car nos émissions ne représentent que 4% des émissions totales », a-t-il poursuivi.
« Les nations pauvres et émergentes sont à l’évidence beaucoup moins coupables et elles ont un besoin beaucoup plus grand pour la poursuite de leur croissance. Ces pays devraient être aidés pour progresser sur le chemin du développement durable », a indiqué le Premier ministre indien.

S.D


À La Réunion, l’actuel président de Région opère au démantèlement des axes essentiels de développement durable

Au lieu que La Réunion soit un exemple en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la majorité régionale UMP a opéré un démantèlement des axes essentiels de développement durable. Didier Robert a décidé lors de son investiture de mettre fin en premier lieu au Tram train, ensuite à l’autonomie énergétique. Cela aurait pourtant évité aux Réunionnais de payer des factures d’électricité élevées, et cela aurait permis de réduire la pollution, de prévenir les changements climatiques et entre autres d’être en pointe en matière d’environnement.
Il a décidé de stopper le projet de géothermie et n’a pas défendu les intérêts réunionnais quand Sarkozy a décidé de stopper le développement du photovoltaïque. Il a également brillé par son inefficacité à maintenir à La Réunion le projet de construction d’une centrale pilote utilisant l’énergie thermique marine. Ce sont également des milliers d’emplois qui sont perdus pour les Réunionnais.

S.D


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