Changement climatique

Attaques de requin à La Reunion et changement climatique

Un facteur à ne pas négliger

Témoignages.re / 20 juin 2017

Le réchauffement climatique pour La Réunion, ce ne sont pas seulement la hausse du niveau de la mer ou la menace sur les coraux. Son impact ne doit pas être négligé dans la recherche des causes des attaques de requins. Cela suppose alors des solutions durables, comme toutes les autres mesures d’adaptation au changement climatique.

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Dans son édition du 18 juin, la version en ligne du quotidien « Libération » s’intéresse aux attaques de requins à La Réunion. En effet, le même jour, un adepte de bodyboard avait été attaqué par un squale à Saint-Gilles. Voici un extrait de cet article :

« Pour les scientifiques, ces attaques sont avant tout le résultat d’une équation simple : la hausse de la population mondiale, accompagnée du développement des activités nautiques, surf en tête, accroît naturellement les possibilités d’interaction entre l’homme et l’animal. « Avec l’augmentation des températures de l’air, causée par le changement climatique, les gens passent également plus de temps à la plage et dans l’eau, menant à une augmentation des interactions entre les requins et les humains », ajoute Blake Chapman.

La hausse des températures de l’eau et la multiplication des événements climatiques extrêmes, comme les cyclones ou les tornades, auraient dès lors un impact sur le comportement et les mouvements des requins.

Même constat pour Chris Lowe, directeur du Shark Lab de la California State University. « Alors que ce sont des migrateurs, nous avons vu des requins apparaître dans des endroits où ils ne vont pas normalement et y rester. » Le changement climatique aggrave également le phénomène naturel El Niño, qui se produit tous les cinq à sept ans et qui est marqué par un réchauffement des eaux du Pacifique. Coïncidence ? Les dernières années où il y a eu le plus d’attaques de requins dans le monde correspondent aux années 2009-2010 et 2015-2016, marquées par deux épisodes El Niño particulièrement forts. »

Cet extrait indique que le réchauffement du climat est un facteur à prendre en considération au sujet de ces attaques. La hausse des températures amène un public toujours plus nombreux sur les plages, tout en déréglant la circulation des courants marins ce qui modifie le territoire de chasse des requins.

La mécanique du changement climatique est enclenchée, cela suppose donc que des mesures prises pour réduire le risque devront dans ce cas être permanentes. Parmi les remèdes proposé figure la pêche intensive des requins. Or, la population des requins se réduit déjà et plusieurs espèces sont en danger d’extinction. Dans son environnement, le requin était le prédateur au sommet de la chaîne alimentaire depuis plusieurs centaines de millions d’années. Etait, car aujourd’hui, le plus important prédateur des mers est l’être humain, capable de pêcher 100 millions de requins par an.

La baisse drastique de la population de requins entraîne la multiplication de celles d’autres espèces. L’article rappelle que les méduses sont responsables d’une cinquantaine de décès par an, soit au moins dix fois plus que les morts causées par les attaques de requins. Les méduses sont une proie très appréciée par les thons, mais la surpêche de ce prédateur a entraîné leur prolifération.

La crise requin rappelle que la solution à ce type de problème ne peut être que globale, car elle met en jeu de nombreux facteurs dont celui du changement climatique qui ne doit pas être négligé.


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