Changement climatique

Autonomie énergétique : un objectif 2050 se dessine à Copenhague

Propositions d’engagements à long terme pour les signataires de la Convention cadre sur le changement climatique

Manuel Marchal / 14 décembre 2009

Le groupe de travail ad hoc propose une quasi-autonomie énergétique pour le monde, et en premier lieu pour l’Occident, d’ici 2050. C’est en effet la valeur de 95% de réduction des émissions de gaz à effet de serre comme hypothèse haute qui figure dans le document provisoire présenté par le Groupe de travail ad hoc sur les actions à long terme.

Le document provisoire présenté vendredi propose en effet aux pays riches d’être les chefs de file de la lutte contre le changement climatique. Pour 2050, il leur serait ainsi demander de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre d’une valeur comprise entre 75% et au-delà de 95%.

Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre en 2050 devraient être inférieures d’au moins 50% par rapport à 1990. Il faut noter qu’en 2050, le monde aura une population de 9 milliards d’habitants, soit 2 milliards de plus qu’aujourd’hui, et 50% de plus qu’en 1990.

Le document demande aussi à toutes les parties signataires de la Convention cadre sur le Changement climatique de coopérer pour que le pic des émissions de gaz à effet de serre arrive le plus tôt possible. Rappelons que lors de la séance plénière d’ouverture, le président du GIEC, le Dr. Pachauri, avait précisé que ce pic devait survenir avant six ans.
La question du financement des Plans climat des pays en voie de développement est aussi abordée, ainsi que celle des transferts de technologies. Mais sur ce point, aucun chiffre n’est avancé, tout est renvoyé aux discussions qui reprennent aujourd’hui avec l’arrivée des ministres.

Ce "draft" prend en considération une revendication des pays vulnérables : tout faire pour que la température moyenne du globe ne s’élève pas au-delà de 1,5 degré par rapport à la situation d’avant le début de l’industrialisation de l’Occident. Gagner ce pari pourrait être possible au cas où ce sont les propositions les plus contraignantes qui sont validées en termes de restriction des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, la survie des îles est suspendue à la capacité et à la volonté de l’Occident d’atteindre la quasi-autonomie énergétique en 2050.

Si c’est l’hypothèse basse qui est choisie, alors les conditions sont réunies pour que la température moyenne du globe puisse augmenter de deux degrés. Une telle éventualité serait une catastrophe non seulement pour les îles et les littoraux, mais aussi pour l’Afrique car deux degrés de moyenne dans le monde correspondent à 3,5 degrés pour le continent le plus proche de La Réunion.

Autonomie énergétique en 2025 à La Réunion

Voici donc les pistes qui sont lancées sur le long terme. Il s’avère qu’elles sous-tendent une décision : d’ici 2050, l’humanité devra construire un autre modèle de développement, libéré des hydrocarbures et du charbon. Car la baisse minimale globale de 50% par rapport à 1990 s’appliquerait à une population augmentée quant à elle de 50% par rapport à 1990.

Le plus gros effort est demandé aux pays riches, mais c’est logique. Ils sont responsables aujourd’hui de 80% des émissions de gaz à effet de serre alors qu’ils ne représentent que 20% de la population mondiale. Sans compter qu’ils ont une responsabilité historique dans le déclenchement et l’amplification du réchauffement climatique.

Si ces propositions sont retenues, elles signifient donc le basculement vers un autre type de civilisation. Dans ce domaine, chacun peut alors apprécier l’esprit d’anticipation dont a fait preuve la Région en 1999 en fixant à 2025 l’autonomie énergétique. Avec au moins 25 ans d’avance sur les autres pays, La Réunion sera alors l’illustration concrète que ce changement est possible, et qu’il est profitable en terme de développement.

 Manuel Marchal 


Kanalreunion.com