Changement climatique

Bangkok face à des torrents d’eau

Céline Tabou / 28 octobre 2011

De nombreux habitants de la capitale thaïlandaise ont fui jeudi 27 octobre la mégalopole. La capitale de 12 millions d’habitants s’est préparée à recevoir les tonnes d’eau qui inondent depuis des semaines les régions du Nord et centre du pays.

Cette masse d’eau descend inexorablement vers le golfe de Thaïlande, force les digues et fait déborder fleuves et canaux. Certains quartiers du centre de Bangkok, tout le long du fleuve Chao Phraya, étaient noyés dès jeudi 27 octobre. Plusieurs districts du Nord sont aussi inondés, dont celui de Don Mueang et son aéroport qui desserre les vols intérieurs. L’aéroport est fermé depuis mardi au trafic aérien, mais le Centre de coordination des secours (FROC) continue d’y travailler malgré une coupure d’électricité provoquée par l’explosion d’un transformateur.

La nature reprend ses droits

« C’est une crise, car si nous essayons de résister à ce volume d’eau énorme, une force de la nature, nous de gagnerons pas », a insisté jeudi le Premier ministre, Yingluck Shinawatra. Des habitants de Bangkok continuent d’empiler des montagnes de sacs de sable aux endroits stratégiques, d’autres construisent des murs de briques ou de parpaings devant l’entrée de leur maison ou de leur magasin.

Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), cité par l’“Agence France Presse”, « 1,2 milliard de mètres cubes d’eau, le volume d’environ 480.000 piscines olympiques », vont arriver dans la capitale ce week-end, alors que de grandes marées doivent rendre plus difficile l’évacuation de l’eau vers la mer.

Les pluies dues à la saison de la mousson s’abattent depuis juillet sur l’Asie du Sud-Est et a déjà fait plus de 370 morts dans toute la Thaïlande. Des milliers d’usines ont été inondées dans le royaume, mettant au chômage technique plus d’un demi-million de personnes.

Une crise environnementale longue et chère

Le manque de préparation face aux inondations, et notamment aux changements climatiques, devrait coûter cher à la Thaïlande. Selon les dernières estimations de la Chambre de commerce thaïlandaise, le coût des inondations pour l’économie thaïlandaise pourrait atteindre les 400 milliards de bahts (9,5 milliards d’euros), avec un surcoût possible de 120 milliards de bahts par mois supplémentaires si les zones d’affaires de Bangkok sont inondées.

Le 24 octobre, le Premier ministre a prévenu que la crise pourrait durer « de quatre à six semaines » et a appelé les habitants de la capitale à se préparer à des inondations dans les prochains jours. Près de 14.000 usines sont inondées et plus de 670.000 personnes sont touchées par cette catastrophe naturelle.

Les conséquences sur le secteur touristique sont encore difficiles à quantifier, car d’après l’Association des agents de voyage thaïlandais (ATTA), citée par l’“AFP”, les réservations sont en baisse de 70%, mais l’Autorité du tourisme de Thaïlande a dénombré seulement 25% d’annulations.

De leurs côtés, les constructeurs automobiles japonais font face à des pertes de près de 500 millions de dollars alors que les dégâts risquent de les contraindre à suspendre leurs opérations pendant plusieurs mois.

Céline Tabou


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