Changement climatique

Barack Obama s’attaque au charbon

Climat. L’engagement des Etats-Unis

Céline Tabou / 3 juin 2014

Le gouvernement américain a annoncé lundi 2 juin des mesures destinées à réduire les émissions de carbone des centrales électriques, représentant la principale cause de pollution dans le pays. Barack Obama souhaite ainsi une réduction de 30% de réduction d’émission de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

Face aux conséquences extrêmes des changements climatiques et aux rapports successifs des experts appelant à des mesures concrètes, le président américain Barack Obama a proposé de mettre en place de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques. Ce dernier vise le charbon, qui fournit environ 37% de l’électricité des États-Unis et est l’énergie fossile la plus émettrice de gaz à effet de serre.

Réduire de 30% d’émission

Près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis sont dues aux centrales électriques. La réduction des émissions de carbone dans les centrales fait suite aux normes déjà imposées par le gouvernement, concernant les niveaux obligatoires d’arsenic, de mercure, de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote et de pollution aux particules. Les centrales n’avaient jusqu’à présent aucun plafond pour les niveaux de pollution au carbone.

Dans un communiqué, l’Agence américaine de protection environnementale (EPA) a indiqué que cette proposition pourra réduire de plus de 25% la pollution aux particules, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre. La facture d’électricité devrait également être diminuée de près de 8%, tout en augmentant l’efficacité énergétique et en faisant reculer la demande en électricité.

D’ailleurs, "il y a, à travers le pays, de nombreuses centrales à charbon qui sont vieilles et inefficaces, les nouvelles normes auront un impact sur les arbitrages à venir en termes de fermetures", a estimé Kevin Kennedy, du World Resources Institute (WRI) à Washington, auprès de l’Agence France Presse.

L’EPA a doit baisser de 30% les émissions de CO2 des centrales existantes d’ici 2030 par rapport à 2005. "Ces nouvelles normes nous aideront à laisser à nos enfants un monde plus sûr et plus stable", a déclaré devant la presse, lundi, Barack Obama.

Selon une étude de l’EPA, les émissions de carbone entraine près de 6.600 décès prématurés, auxquels s’ajoute les 150.000 crises d’asthme d’enfant et les 490.000 jours de travail ou d’école manqués. Cette proposition permettrait d’éviter tous ces désagréments en 2030, réalisant ainsi 93 milliards de dollars d’économies dans les domaines du climat et de la santé publique.

"Plan pour une électricité propre"

Dans le cadre du Plan d’action pour le climat de l’administration Obama, présenté l’an dernier, le projet, baptisé "Clean Power Plan" ("Plan pour une électricité propre"), impose aux Etats d’élaborer leurs propres plans afin de répondre aux objectifs climatiques spécifiques de chaque Etat. Le but premier de ce plan est de réduire la pollution par le carbone et de donner aux Etats la flexibilité nécessaire pour concevoir le programme le plus adapté à leur situation particulière, a indiqué l’agence de presse, Xinhua.

Pour Gina McCarthy, administratrice de l’EPA, "en faisant appel à des sources d’énergie plus propres et en réduisant les pertes énergétiques, ce plan permettra de rendre l’air que nous respirons plus pur, tout en contribuant à ralentir le changement climatique, afin que nous puissions transmettre un avenir sain et sûr à nos enfants".

En dépit de la bonne volonté du président Barack Obama et de l’EAP, de nombreux élus républicains et démocrate contestent la réalité des changements climatiques, et la responsabilité des activités humaines dans ces changements.

Dossier politiquement sensible aux Etats-Unis, les républicains, qui contrôlent une partie du Congrès, s’opposent à toute nouvelle loi. Pourtant pour Gina McCarthy, "nous n’avons pas à choisir entre une économie saine et un environnement sain ; notre action renforcera la compétitivité de l’Amérique, stimulera l’innovation et créera des emplois".

Une analyse rejetée par républicains et certains démocrates, car "ces normes seront destructrices d’emplois", a indiqué à l’AFP un sénateur républicain, ajoutant qu’il s’agirait d’"un coup de poignard dans le cœur de la classe moyenne américaine". Malgré tout, l’annonce de Barack Obama a été salué par l’ONU et l’Union européenne.


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