Changement climatique

Catastrophes naturelles : dégâts records en 2011

Global Climate Risk Index

Témoignages.re / 1er décembre 2012

Les pires catastrophes naturelles de 2011 étaient souvent les plus graves de toute l’histoire des pays touchés. C’est ce qu’a révélé le Global Climate Risk Index (CRI) 2013, rendu mercredi à Doha rapporte IRINews.

Le Brésil, le Cambodge, le Salvador, le Laos et la Thaïlande font partie des dix pays les plus touchés selon le Climate Risk Index (CRI). Ils ont tous enregistré leurs catastrophes naturelles les plus dramatiques en 2011. 
Au Brésil, plus de 1.000 personnes ont perdu la vie dans des inondations et des glissements de terrain qui ont causé près de 5 milliards de dollars de pertes directes, a annoncé l’indice élaboré par l’organisation non gouvernementale (ONG) Germanwatch. 
La Thaïlande arrive en première place dans la liste des pays les plus touchés par des catastrophes naturelles en 2011. Le pays a connu les inondations les plus graves de son histoire lorsque la tempête tropicale Nock-ten s’est abattue sur ses côtes. Les inondations ont entraîné 43 milliards de dollars de pertes, ce qui en fait l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses au monde. 
Le Salvador, le pays le plus petit d’Amérique centrale, apparaît fréquemment dans l’indice annuel. En 2011, d’importantes inondations et des glissements de terrain ont causé plus d’un milliard de dollars de dégâts. 

Au Cambodge, les fortes précipitations ont entraîné les pires inondations depuis des décennies. Environ 250 personnes ont péri et des maisons et des rizières ont été anéanties. Au Laos, le pays voisin, 10 des 17 provinces ont enregistré d’importantes inondations. Plus de 300.000 personnes ont été touchées. 

Lien avec les changements climatiques 

« Nous observons que, dans un nombre croissant de cas, la science dit : "ces événements graves n’auraient probablement pas eu lieu en l’absence de changement climatique". Les catastrophes naturelles rendent [le phénomène] plus visible »,
a dit Sven Harmeling, responsable des politiques en matière de changement climatique à Germanwatch. « On peut s’attendre à ce que cela s’accentue à l’avenir et que certains pays connaissent des événements extrêmes d’une intensité jamais observée auparavant » .
Le climat étant la moyenne de nombreux phénomènes météorologiques enregistrés sur plusieurs années, des événements uniques ne peuvent être directement liés aux changements climatiques. Des études indiquent toutefois que l’augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes serait vraisemblablement due au changement climatique. Des chercheurs de l’université d’Oxford et du Centre Hadley pour la recherche et la prévision climatique (Hadley Centre for Climate Prediction and Research) ont montré que l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique dans l’atmosphère avait, au minimum, multiplié par deux le risque d’une vague de chaleur plus intense que la canicule record qui a frappé l’Europe en 2003. 

Répercussions économiques 

Selon le CRI, en raison de ces impacts économiques considérables, la question controversée des pertes et dommages causés par les changements climatiques va « peser de plus en plus lourd » dans les négociations.

Selon M. Harmeling, les pays qui participent à la conférence de Doha sur le climat « pourraient décider de commencer à élaborer une approche stratégique globale pour répondre à ces pertes et dommages. Cette approche pourrait prendre la forme d’un mécanisme international et serait principalement [axée] sur l’adaptation. Mais il serait également nécessaire d’intensifier les travaux sur le rétablissement et les systèmes d’assurance multinationaux » .
« Doha est un événement important pour prouver au monde entier que les plus vulnérables ne sont pas abandonnés à leur sort face aux conséquences inévitables [des changements climatiques] » .

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Les cinq pays les plus touchés par les catastrophes naturelles en 2011

Thaïlande

Cambodge

Pakistan

Salvador

Philippines

Source : CRI 2013
Les cinq pays les plus touchés par les catastrophes naturelles (1992-2011)

Honduras

Myanmar

Nicaragua

Bangladesh

Haïti

Source : CRI 2013
Un rapport du GIEC

Dans son rapport spécial de 2012, intitulé Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to Advance Climate Change Adaptation [Gestion des risques d’événements extrêmes et de catastrophes pour progresser dans l’adaptation climatique], le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a indiqué que des changements dans les phénomènes naturels extrêmes avaient été observés depuis 1950. Selon le rapport, la fréquence et l’intensité des précipitations, des sécheresses et des périodes de chaleur ont vraisemblablement augmenté dans certaines régions. 
Le CRI 2013 présente une sélection des catastrophes naturelles records observées depuis 2000. Sont cités : l’été le plus chaud des 500 dernières années en Europe, observé en 2003 ; l’automne le plus humide en Angleterre et au Pays de Galles depuis 1766, enregistré en 2000 ; l’été le plus chaud qu’a connu la Grèce depuis 1891, en 2007 ; l’été le plus chaud enregistré dans l’ouest de la Russie depuis 1500, en 2010 ; et, la même année, l’inondation la plus grave de toute l’histoire du Pakistan. 
L’impact de Sandy

La conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui se tient actuellement à Doha, suit de peu l’ouragan Sandy, l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire des États-Unis, qui s’est soldé par un grand nombre de victimes. La tempête a également causé environ 50 milliards de dollars de pertes économiques, a fait remarquer le CRI. 
Or, les États-Unis ont été touchés par une catastrophe encore plus grave en 2012. Une catastrophe qui a eu de profondes répercussions sur la sécurité alimentaire mondiale. «  Cela peut paraître incroyable, mais Sandy n’est probablement pas la catastrophe météorologique la plus mortelle ni la plus coûteuse de l’année aux États-Unis. Les dégâts de près de 50 milliards de dollars occasionnés par Sandy vont vraisemblablement être éclipsés par les coûts considérables occasionnés par la grande sécheresse de 2012 [...]. Il faudra attendre plusieurs mois avant de connaître les coûts de la pire sécheresse qu’a connue l’Amérique depuis 1954, mais elle devrait coûter entre un demi-point et un point de croissance au PIB », a écrit dans son blog Jeff Masters, un climatologue de renom. 
Les îles perdent des points de croissance de PIB

Selon le rapport spécial du GIEC, plus de 95 pour cent des décès liés à des catastrophes entre 1970 et 2008 ont eu lieu dans des pays en développement. « Les pays à revenu intermédiaire dont les ressources se développent rapidement sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut. Entre 2001 et 2006, les pertes se sont élevées à près d’un pour cent du PIB pour ces pays. Dans les petits pays les plus exposés, notamment les petites îles en voie de développement, les pertes exprimées en pourcentage du PIB sur la moyenne des années avec ou sans catastrophes allant de 1970 à 2010 ont été particulièrement élevées. Elles ont dépassé un pour cent dans de nombreux cas et atteint huit pour cent dans les cas les plus extrêmes » .
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