Changement climatique

Changement climatique : accord entre la Chine et l’Inde

Les deux pays les plus peuplés du monde s’entendent à moins de deux mois de Copenhague

Sanjiv Dinama / 24 octobre 2009

Le ministre fédéral de l’Environnement et des Forêts indien, Jairam Ramesh, et son homologue chinois Xie Zhenhua ont signé un Mémorandum d’accord sur la coopération en matière de lutte contre le changement climatique à New Delhi. Les deux pays travailleront côte à côte lors des négociations internationales sur le changement climatique. Le ministre indien a également indiqué que d’autres discussions seront organisées avec la Chine afin de garantir des résultats positifs à Copenhague.

Le Mémorandum d’accord sur la coopération en matière de lutte contre le changement climatique, signé par la Chine et l’Inde, jouera un rôle positif pour la prochaine réunion à Copenhague, a déclaré le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu. Le porte-parole a indiqué que cet accord avait été signé mercredi dernier par Xie Zhenhua, vice-président de la Commission d’Etat pour le Développement et la Réforme, et Jariam Ramesh, ministre indien de l’Environnement et des Forêts, lors de la réunion du plan d’action sur le changement climatique tenue par les deux gouvernements.

L’accord porte sur cinq ans afin d’échanger des informations dans le domaine du changement climatique. La Chine a estimé que la signature de cet accord signifiait une nouvelle étape de la coopération sino-indienne en la matière.

Partager des intérêts communs dans la lutte

Sur la base de ce Mémorandum d’accord, la Chine et l’Inde bâtiront un partenariat sur le changement climatique, et renforceront leur coopération dans les projets d’allégement, d’adaptation et de renforcement de leurs capacités.

Les deux pays établiront également un groupe de travail conjoint, chargé de l’organisation des réunions annuelles, qui se dérouleront alternativement en Chine et en Inde. Y seront échangés des points de vue sur les questions concernant les négociations internationales sur le climat, les politiques et mesures intérieures, et la mise en application des projets de coopération relatifs, indique le Mémorandum d’accord.

La Chine et l’Inde partagent de nombreux intérêts communs dans la lutte contre le changement climatique, a souligné le porte-parole, ajoutant qu’en tant que pays en développement, mais nouvellement émergents, la Chine et l’Inde s’efforcent de réaliser leur propre développement et de promouvoir la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique. « Nous considérons l’Inde comme un ami sincère et dévoué, et le protocole d’accord sur le changement climatique va faire progresser notre coopération dans ce domaine », a déclaré le ministre de la Commission chinoise des Réformes et du Développement, Xie Zhenhua, lors de la signature de l’accord à New Delhi.

Des conséquences déjà très graves en Inde

Le phénomène du changement climatique préoccupe énormément la Chine mais également l’Inde puisque le pays subit déjà les conséquences des changements climatiques dans les basses terres, qui risquent davantage d’être inondées en raison de l’élévation du niveau de la mer et de la survenue d’orages de plus en plus violents. Les glaciers de l’Himalaya qui constituent les réserves en eau de la majeure partie de l’Asie sont en train de fondre.
La Chine a fait remarquer que les deux pays avaient un poids important pour les négociations à Copenhague sur le changement climatique. Leur décision de renforcer leur coopération en la matière ne concerne pas seulement leurs intérêts, mais aussi les efforts mondiaux pour faire face à ce problème. « Il n’y a pas de différence entre la position chinoise et celle de l’Inde (sur le changement climatique) », a de son côté déclaré le ministre indien de l’Environnement, Jairam Ramesh, ajoutant que l’attitude des deux pays « protège et défend les intérêts des pays en voie de développement ».

L’objectif de tous les pays à Copenhague doit être non seulement de promouvoir une politique volontariste d’efficacité énergétique mais également de donner la priorité aux énergies renouvelables (au détriment des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique) lors de l’élaboration de nouveaux projets afin de réduire les émissions de CO2.

C’est la voie qui a été suivie par La Réunion, puisque qu’actuellement, 36% de l’électricité est produite à partir des énergies renouvelables et la barre des 100.000 chauffe-eau solaires installés devrait être atteinte cette année. L’objectif de la Région est d’atteindre l’autonomie énergétique de l’île à partir des énergies renouvelables en 2025.

Sanjiv Dinama


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