Changement climatique

Changement climatique : prise de conscience mondiale actée

Bilan de l’année 2015

Manuel Marchal / 22 décembre 2015

2015 sera sans doute l’année la plus chaude depuis que les relevés de températures systématiques existent. C’est aussi celle où le monde a acté une prise de conscience générale. L’Accord de Paris lance le tournant vers une nouvelle civilisation, débarrassée des énergies fossiles. L’année 2015 a également permis de constater le retard pris par La Réunion dans ce domaine, conséquence de choix politiques. Le PCR reste la seule force qui place la lutte contre le changement climatique au cœur de ses préoccupations, et cela depuis 20 ans. L’Accord de Paris lui donne raison.

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Depuis le début de l’année, les températures mesurées atteignent des records. L’année 2015 sera sans doute la plus chaude jamais mesurée. Dans le même temps, la concentration en gaz carbonique (CO2) a atteint un nouveau pic. Autre donnée importante : depuis le milieu du 19e siècle, date du début de l’utilisation massive du charbon en Europe et aux Etats-Unis, la température moyenne de la Terre s’est élevée de 1 degré. L’année 2015 a vu aussi des populations subir les effets de phénomènes climatiques extrêmes. Tout près de La Réunion, c’est la sécheresse dans le Sud de Madagascar. Un peu plus loin, c’est l’Ethiopie qui connaît la période la plus sèche depuis des décennies.

2015 année la plus chaude

La région du Tamil Nadu en Inde a été touchée par des précipitations records. Le gouvernement a désigné le changement climatique responsable de la catastrophe. Toujours dans ce pays, le dérèglement de la mousson a eu pour conséquence une augmentation importante de la production de sucre, ce qui a tiré à la baisse le cours mondial.

Les conséquences de cette élévation continue des températures ont été réévaluées. Une étude des images des satellites de la NASA a constaté une accélération de la fonte des glaces des pôles. La poursuite de cette tendance

C’est dans ce contexte que s’est déroulé la COP21, conférence des Nations-Unies sur le changement climatique du 30 novembre au 12 décembre derniers.

L’Accord de Paris

La Conférence de Paris était qualifiée de « conférence de la dernière chance ». Jusqu’à cette année, les 195 pays signataires de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique n’étaient pas parvenus à s’entendre sur un accord. Une première occasion s’était présentée en 2009 à Copenhague, où les chefs d’État et de gouvernement avaient défilé à la tribune. Mais le désaccord l’avait emporté, ce qui reportait tous les espoirs sur la COP21.

À Paris, la conférence a débuté par les prises de parole des dirigeants des pays du monde. Deux semaines de négociations se sont ensuite enchaînées. Elles ont abouti à l’Accord de Paris. Ce document permet de préserver l’avenir. Des pays aux intérêts très divergents ont réussi à s’entendre sur une plate-forme commune. L’accord fixe un nouveau cadre, celui de la fin de la civilisation basée sur le charbon et le pétrole. L’objectif est d’arriver à une diminution des émissions de gaz à effet de serre, et à une solidarité des pollueurs historiques envers les pays en voie de développement vulnérables aux effets du réchauffement climatique.

Le but est de maintenir la hausse moyenne de la température depuis le milieu du 19e siècle en dessous de la barre des 2 degrés, si possible à 1,5 degré. La marge de sécurité reste étroite, compte-tenu d’une augmentation de 1 degré constatée cette année.

L’accord n’est pas parfait, soulignent notamment les ONG. Mais il reconnaît des principes qui peuvent faire évoluer les relations internationales. Il s’agit notamment de la justice climatique, et de la responsabilité commune et différenciée. Les pays d’Europe et d’Amérique du Nord sont en effet responsables de la catastrophe actuelle, car ils ont construit leur développement sur la base d’un système qui aujourd’hui dérègle le climat, puis ils l’ont exporté partout dans le monde. Ils devront donc être exemplaires en termes de réduction de la consommation de pétrole et de charbon d’une part, et de contribution au fonds mondial d’adaptation d’autre part.

L’année 2015 a donc vu les dirigeants du monde acter une prise de conscience : une nouvelle civilisation est nécessaire.

À La Réunion, la NRL

Mais à La Réunion, l’année 2015 a vu le développement d’une initiative à contre-courant de la prise de conscience. C’est l’accent mis sur la poursuite du projet de route en mer, dite nouvelle route du littoral ou NRL. Des fonds considérables sont investis sur une zone menacée par l’élévation du niveau de la mer, au profit d’un moyen de transport, l’automobile, qui contribue pour plus de la moitié aux émissions de gaz à effet de serre à La Réunion. Le refus du tram-train et le détournement des sommes prévues sur un chantier routier créent un appel d’air qui favorise l’importation de véhicules à essence toujours plus nombreux. Depuis le début de l’année, plus de 22.000 voitures sont arrivées à La Réunion.

Jadis exemplaire dans le domaine de la promotion des énergies renouvelables quand la Région était présidée par Paul Vergès, La Réunion a vu la part des énergies propres reculer dans sa consommation. Elle n’est plus en avance, elle est en retard.

Dans le débat des élections régionales, le PCR a été le seul à s’opposer résolument à la poursuite du chantier de la NRL. L’Accord de Paris conforte donc l’analyse du PCR. En 2016, il continuera à lutter pour que La Réunion ne soit pas exclue dans la prise de conscience mondiale.


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