Changement climatique

Changement climatique : un Réunionnais avait 20 ans d’avance

La confirmation d’une orientation décidée en 1996

Témoignages.re / 12 novembre 2015

À un peu plus de deux semaines du début de la COP21, le changement climatique fait la une de l’actualité. C’est la confirmation de la justesse d’une orientation lancée voici 20 ans par Paul Vergès : faire de la lutte contre le changement climatique et ses conséquences une priorité.

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Le réchauffement climatique aura d’importantes conséquences, et il faut s’y préparer dès maintenant. C’est ce qu’affirmait voici 20 ans Paul Vergès lors d’une conférence de presse en pleine campagne électorale, lors d’une législative partielle où une ministre était adversaire d’un candidat du PCR. L’objet de cette rencontre avec les journalistes avait surpris certains. Elle avait aussi entraîné des moqueries d’autres. Mais rares étaient ceux qui étaient convaincus que cette ligne allait s’avérer juste.
4 ans plus tard, Paul Vergès déposait une proposition de loi faisant de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre une priorité nationale. Ce texte a été voté à l’unanimité des groupes parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale. Il a permis à la France d’avoir une législation en avance dans ce domaine. La loi allait aussi créer l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), présidé par Paul Vergès. Cette institution travaille à des propositions pour des mesures d’adaptation, et elle présente tous les ans un rapport remis solennellement au gouvernement.

20 ans après la conférence de presse de Paul Vergès, l’actualité dit tout d’abord que la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre devrait atteindre, pour la première fois, +1degrés en 2015, par rapport à l’ère préindustrielle, selon une estimation publiée par l’Office météorologique britannique, lundi 9 novembre.

Déjà +1 degré

« Sur la base des données récoltées entre janvier et septembre, le programme HadCRUT, opéré conjointement par le Met Office et l’unité de recherche sur le climat de l’université d’East Anglia, montre que les températures moyennes globales en 2015 sont 1,02 degré supérieures par rapport à l’ère préindustrielle », soit 1850-1900, écrit l’institut.

Ensuite, c’est l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui a publié le même jour un rapport détaillant la hausse record du niveau de gaz à effet de serre en 2014. Ce niveau a atteint 397,7 parties par million (ppm) l’année dernière, selon l’agence de l’ONU à Genève. Le méthane, le deuxième gaz durable à effet de serre, a lui aussi atteint un record de concentration à 1 833 ppm en 2014.

Entre 5 et 9 mètres

« Chaque année, nous faisons état d’un nouveau record dans les concentrations de gaz à effet de serre, a déploré le directeur de l’OMM, Michel Jarraud. Chaque année, nous disons que nous n’avons plus de temps, nous devons agir maintenant (…) pour qu’il nous reste une chance de contenir à un niveau raisonnable la hausse des températures. »

Le 9 novembre, Climate Central a également publié une étude montrant que si jamais l’objectif de la COP21 était atteint, le niveau de la mer pourrait monter de 4,7 mètres, ce qui obligerait 280 millions de personnes à émigrer.

Climate Central envisage un autre scénario, celui d’une hausse de 4 degrés de la température moyenne. Dans ce cas, l’océan montera de 8,9 mètres. 627 millions de personnes ne pourront plus vivre chez eux.

Urgence d’agir

Pour ATTAC, ceci confirme l’urgence d’agir. « Comme le montrent désormais de nombreuses études, y compris l’évaluation réalisée par l’ONU, les contributions nationales volontaires que les États ont rendu publiques conduisent à un réchauffement climatique supérieur à 3 degrés d’ici la fin du siècle ; soit bien plus que le mandat que les États se sont eux-mêmes donnés pour Paris, à savoir ne pas dépasser les 2 degrés maximum. Il serait logique que cet écart entre le souhaitable (les 2 degrés ou moins) et le réel (les 3 degrés ou plus) soit au cœur de la négociation de Paris et que les États s’accordent pour se répartir les efforts supplémentaires nécessaires. Ce serait logique, mais nous en avons désormais la confirmation après la PreCOP, ce ne sera pas le cas. Ces contributions ne seront pas revues à la hausse lors de la COP 21. »

Conclusion : « Nous avons donc besoin d’un ouragan citoyen en amont, pendant et après la COP 21 afin de faire stopper ces crimes climatiques. »
Le changement climatique est bien la préoccupation mondiale du moment. Cela signifie qu’à La Réunion, un responsable politique avait 20 ans d’avance sur cette question.


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